Le mot, ce matin, c'est "peur"... Peur nucléaire, tout d'abord... Parce que tous vos journaux, sans exception, reviennent sur le premier essai nucléaire nord-coréen... "Nous sommes sous la menace nucléaire nord-coréenne... Comment le monde peut-il répondre ?... C'est la naissance d'un nouvel âge dangereux"... C'est le quotidien The Australian qui s'inquiète ainsi... Parce que, pour ce matin, le centre du monde a changé de place... "Corée du Nord : l'épicentre d'une nouvelle race d'armes nucléaire", titre The Independent... Le quotidien britannique explique : "Les grands de ce monde ont réagi avec une triste consternation à la nouvelle du premier essai nucléaire nord-coréen... un acte de provocation, qui menace de redessiner toute la carte de l'Asie et de précipiter une crise diplomatique aux conséquences incalculables"... "Pyongyang marque un essai contre la paix", titre en Une L'Humanité... "La terre en tremble, écrit son éditorialiste... L'onde de choc n'a pas fini de secouer la planète"... Pour Patrick Apel-Muller, "cet essai nucléaire coréen rend urgente la relance d'un processus de désarmement... un processus dont la France pourrait être la force dynamique"... En fait, c'est surtout vers la Chine que se tournent tous les regards ce matin... "Paradoxalement, note Jean-Claude Kiefer dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, c'est de Pékin qu'on espère une solution... La Chine a trop longtemps soutenu, puis toléré le royaume stalinien de la dynastie Kim... Et l'apprenti sorcier commence très sérieusement à agacer le maître et tuteur... Alors, pour la Chine, qui ne cache pas sa volonté d'hégémonie en Asie, cette dernière provocation de Kim Jong-il pourrait aussi être la provocation de trop"... Il y a donc ceux qui en appellent à la Chine... Il y a ceux aussi qui attendent une réaction de l'ONU... "Pour la Maison Blanche, il faut une riposte immédiate du Conseil de Sécurité", note le Corriere della Sera... Mais comme le constate le Financial Times, "il n'y a pas d'accord en vue sur la possibilité de sanctions"... Il faut dire, et c'est l'analyse de Gérard Dupuy dans Libération, que "c'est le premier effet de la nouvelle puissance atomique nord-coréenne : montrer à ciel ouvert à quel point le roi, et même tous les rois de la terre, sont nus devant son chantage"... Pour Philippe Waucampt, dans Le Républicain Lorrain, "c'est aussi une résultante tardive de l'intervention en Irak... Le renversement de Saddam Hussein a conforté Kim Jong-il dans l'idée que seuls les pays disposant de l'arme suprême étaient à l'abri... une leçon qui n'a pas été perdue non plus par l'Iran"... Oui, poursuit Le Monde, "la situation est aussi un fruit amer de la politique menée à l'égard de la Corée depuis l'arrivée au pouvoir de George Bush... Et il convient de s'interroger sur le bien-fondé d'une politique théoriquement destinée à dissuader le régime de se doter de l'arme atomique, et qui a eu un effet contraire"... Et c'est sans doute, analyse Jacques Guyon dans La Charente Libre, "la fin du TNP... le traité de non-prolifération nucléaire... qui jusqu'alors, et même si Israël, le Pakistan et l'Inde sont venus rejoindre le club des 5 Grands, avait permis de contenir la menace"... Le TNP remis en cause... C'est aussi le point de vue du quotidien algérien El Watan... "Comme pour l'Inde, autre pays non signataire du traité, ou le Pakistan, qui ont intégré ce cercle en 1998, l'essai nucléaire coréen suscitera d'abord des sarcasmes... Mais il relance tout le débat sur la crédibilité du TNP, qui reste, pour beaucoup, un traité discriminatoire"... Reste que, pour Georges Latil, dans La Provence, "les risques de prolifération et, plus largement, de transmission de cette fameuse technologie nucléaire à des groupes radicalement terroristes, ne peuvent qu'être accrus par la bombe de Pyongyang... Quant à l'Iran, il ne pourra en ressortir que renforcé... Il y a vraiment de quoi avoir peur"... Cette peur-là n'a rien à voir... "Pourquoi Sarkozy fait peur à droite ?"... C'est le titre de Une du Parisien-Aujourd'hui en France, qui s'interroge sur les nouvelles difficultés du futur candidat de l'UMP... Parce que, constate le quotidien, "en dépit des sondages qui lui sont favorables, des voix, nombreuses dans son propre camp, mettent en cause son aptitude à rassembler, et certains aspects de sa personnalité... Il en ferait trop, et avec sa volonté de rupture, inquièterait à la fois l'électorat conservateur et les gaullistes"... Du coup, analysent les journalistes politiques du Parisien, "la résistance s'organise, au sein de l'UMP, pour contrer la suprématie de Nicolas Sarkozy"... Confirmation dans L'Humanité, qui décrit "la famille chiraquienne à la manoeuvre"... "Le tout-sauf-Sarkozy refait surface"... Et conséquence : "UMP : Sarkozy s'énerve", constate La Dépêche du Midi... "Il s'agace de voir monter la concurrence", affirme également Libération... Premier visé par le ministre de l'Intérieur : le Premier ministre Dominique de Villepin... "S'il veut être candidat, qu'il le dise !", a-t-il lancé hier sur France Inter... une petite phrase que reprennent la plupart des commentateurs ce matin... Mais il n'y a pas que Dominique de Villepin pour énerver Nicolas Sarkozy... Dans Le Figaro, ce matin, il y a également Michèle Alliot-Marie... Et que dit la ministre de la Défense ?... Tout simplement que, pour de nombreux militants, elle est la seule à pouvoir battre Ségolène Royal... Et dans Le Midi Libre, Michel Noblecourt ironise... "Monsieur de Villepin et Madame Alliot-Marie ont commis un crime de lèse-Sarkozy... Ils ont contesté le statut de candidat unique de rupture qu'il se mitonne... Et Nicolas Sarkozy n'est pas au bout de ses peines, poursuit l'éditorialiste... Alors que le PS choisira son candidat en novembre, Jacques Chirac, Dominique de Villepin et MAM ne se prononceront qu'après la primaire UMP du 14 janvier 2007... Il y a déjà du rififi dans l'air"... A chacun ses titres dans la presse, ce matin... Ségolène Royal fait celui des Echos... Selon un sondage BVA, la candidate à la candidature socialiste est plus crédible que Fabius et DSK en économie... Les sympathisants socialistes mettent à chaque fois la présidente de Poitou-Charentes largement devant ses adversaires, que ce soit sur le thème de la création d'emplois, le financement de l'assurance-maladie, les retraites, ou encore le pouvoir d'achat... Derrière les chiffres, l'analyse du directeur de BVA-Opinions dans Les Echos... "Il lui sera difficile de ne pas décevoir les uns ou les autres lorsqu'elle devra plus clairement prendre position sur chacun de ces grands sujets"... Une analyse ambiguë donc... Autre analyse, pas forcément très sympathique pour la Madonne socialiste... cette tribune, dans Le Monde, de Philippe Malière... Il est maître de conférences en sciences politiques à l'université de Londres... Et il propose aux socialistes français de méditer le cas travailliste... Il leur rappelle que "Tony Blair, avant d'être le candidat officiel du Labour, fut lui aussi la star des sondages, et avait lui aussi un beau sourire... En 94, si ce grand parti, proche des travailleurs, se persuada de soutenir Blair, c'est parce qu'il fallait présenter aux électeurs le candidat que les sondages plébiscitaient... Très peu de ces cadres travaillistes firent ce choix par conviction politique... Quand Tony Blair annonça la fin de la social-démocratie britannique, les barons travaillistes ne le prirent pas au sérieux... Mal leur en a pris : il a tenu parole... Dix ans après, il va laisser derrière lui un parti en ruines, et un Royaume-Uni plus néolibéral que jamais"... La campagne présidentielle... Et la banlieue qui voudrait bien s'y faire entendre... Dans Elle : la conversation entre Diam's et Faïza Guène... La chanteuse et l'écrivaine sont ce qu'on appelle deux beurettes... Elles sont surtout devenues, note l'hebdomadaire, "les success-girls les plus emblématiques de leur génération"... Sauf que voilà : comme elles sont toutes les deux issues de la banlieue, elles s'en font, sans le vouloir, les porte-parole... "On a envie de casser les clichés, disent-elles... Parfois j'ai l'impression, dit Diam's, que les gens voient tous les jeunes de banlieue comme des illettrés, et qu'on serait des héros de notre génération parce qu'on sait manier les mots... Mais ce n'est pas le cas"... Et Faïza Guène renchérit... "J'ai l'impression de rentrer dans un milieu où je ne suis pas autorisée... Le rap, c'est un truc de pauvre... La littérature, c'est l'élite"... Casser les clichés... C'est ce que veut faire aussi le magazine Pote à Pote... C'est le mensuel du mouvement "Ni Putes ni Soumises"... Et il a décidé de mettre face à face les candidats à la Présidence et les jeunes des cités... Première à se lancer dans ce débat sans concession... Arlette Laguiller, la porte-parole de Lutte Ouvrière... Première question à la candidate : Sébastien, qui lui dit : "J'ai l'impression que ce sont toujours les mêmes personnes qui se présentent"... L'égérie de LO répond : "On peut se présenter six fois, et être radicalement plus progressiste qu'un jeune qui se présente pour la première fois aujourd'hui"... Plus progressiste, mais pas forcément à la page... A la question de Fatou : "Pourquoi vous ne posez pas dans "Closer" en maillot, comme Ségolène Royal ?"... Arlette Laguiller sèche... A priori, la presse people, elle ne connaît pas, Arlette... Bonne journée.

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