(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin, vie publique, vie privée

(Bruno Duvic) Vous vous souvenez de ce match de foot France Algérie où beaucoup de descendants d’immigrés, Francais nés en France brandissaient le drapeau algérien. Drôle d'image de l'intégration.

Cette intégration des descendants d'immigrés, on en a reparlé en début de semaine dans un cas extrême et ultra minoritaire, à propos du dernier coup de filet anti-terroriste.

« Immigration, intégration, l'étude qui tord le cou aux clichés ». C'est la Une du Parisien-Aujourd’hui en France ce matin. Etude de l'Insee reprise dans beaucoup de vos journaux.

Pour les enfants d'immigrés, nés en France, on peut la résumer en deux chiffres.

Oui ils se sentent français à 90%.

Mais ils ne sont que 66% à estimer qu'on les regarde comme Français.

Malek Boutih, né à Levallois-Peret, Hauts-de-Seine, résume cela en une formule dans Le Parisien - « A mes copains, je disais souvent : à vous on vous demande ce que vous faites, à moi on me demande d'où je viens. »

Ben je viens de Levallois…

De cette étude ressort que l'ascenseur social fonctionne tant bien que mal pour ces familles d'immigrés. Meilleures études et plus de chances de trouver un job et s'intégrer ainsi au fil des générations.

Histoire emblématique d'une famille, il y en a une dans la croix. Elle commence Radidja, arrivée d'Algérie en France en 1966. Elle a aujourd’hui 72 ans. Ses deux filles auront une vie difficile. Retour au bled et vie cloîtrée pour l'une, divorce et situation précaire pour l'autre. Mais pour ses petits enfants, tout va mieux. Ali a 30 ans, une formation d'ingénieur, un loft et un bébé bientôt. Mais il a grandi dans moins de 20 mètres carrés place de Clichy. "Mes parents voulaient notre réussite, tout ce qu'ils comprenaient c'était les bulletins scolaires. Quand ils n'étaient pas bons, ils nous les accrochaient au mur. »

Ali n'aime pas entendre que l'intégration ne fonctionne pas en France : « Tout nous invite à prendre notre place, à condition de le vouloir vraiment. C'est un pays fantastique où l'école ne coûte rien, où il y a des bourses d'études et des soins gratuits. » Il est toujours étonné quand on lui renvoie l'image d'un étranger.

Quand à la grand-mère, à la retraite, elle a hésité à rentrer en Algérie. Et puis non : « Je me suis rendu compte que j'aimais la liberté que j'ai ici à Paris. »

A la Une du Point : DSK parle

Vous avez peut-être entendu Jean-François Achili à ce sujet dans le journal de 8h. C'est un long entretien avec Hervé Gattegno. L'ancien directeur général du FMI s'y est manifestement prêté de bonne grâce. En ouverture de ce dossier du Point , il pose allongé sur le canapé de son appartement parisien.

Message principal. "Je n'ai plus de responsabilités publiques, je n'ai jamais été condamné. Rien ne justifie que je sois devenu l'objet d'une traque médiatique au prétexte de je ne sais quel transparence moralisatrice. Qu'on me laisse tranquille".

Deux affaires concernant Dominique Strauss-Kahn sont toujours en cours. Le volet civil de l'affaire de New York et la mise en examen pour proxénétisme en bande organisée dans l'affaire du Carlton.

DSK raconte cette vie où il est devenu un people, même s'il récuse ce statut. Un photographe en bas de chez lui un jour sur deux. Les rumeurs incessantes sur sa vie privée. Les anonymes qui l'arrêtent dans la rue. « Je n'ai jamais reçu la moindre insulte ».

Il descend en flèche le best-seller d'Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué sur le couple qu'il formait avec Anne Sinclair : ramassis de ragot.

Il regrette d'avoir même parlé de « relation inappropriée » dans la chambre du Sofitel. "Quand Claire Chazal m'a posé la question, j'aurais dû lui dire : ‘ca ne vous regarde pas’"

Un mot sur la prison de Rikers Island "Je ne pouvais me déplacer qu'avec des chaines aux pieds".

Pas de commentaire sur la situation politique. Mais un suivi quotidien de la crise économique. Et cette phrase "Je sens la possibilité de m'investir dans de grands projets internationaux (…) Pour l'instant, je suis entravé par ma situation."

Aujourd'hui il vit essentiellement d'une activité de conseil, « activité lucrative », écrit le journaliste du Point . Ses semaines comportent de moins en moins de blanc.

Confidences et vie privée des personnages publics, les hebdomadaires se font plaisir cette semaine.

Drôle de Une de L'Express . A droite de la couverture, photo de François Hollande. A gauche, série de clichés de Ségolène Royal, Valérie Trierweiler, Martine Aubry, Cécile Duflot et Angela Merkel, dans le même sac, si l'on ose dire. Titre de Une, ces femmes qui lui gâchent la vie.

Toujours en titre : « La Frondeuse, bio choc de la première dame ». La bio à la Une également de Point de Vue .

En couverture du Nouvel Observateur , le Nicolas Sarkozy barbe de 3 jours : « Ce qu'il balance sur Hollande, Copé, Fillon et les autres. »

La Bac de Marseille est toujours à la Une

Les révélations continuent sur les pratiques des policiers de la Bac à Marseille. Selon La Provence , ce matin, au cœur de l'enquête il y a 3 hommes.

Les écoutes effectuées par la police des polices entre mai et septembre donnent le vertige, écrit Romain Luongo. Plus que des ripoux, elles décrivent des malfaiteurs déguisés en flics.

Du racket des revendeurs de drogue, l'un d'entre eux aurait perçu jusqu'à 30.000 Euros par mois. Dans les sacoches des revendeurs, il y a 5.000 Euros de stupéfiants, c'est cela qu'ils visaient, ils allaient ensuite revendre la drogue dans d'autres quartiers.

Lors d'une perquisition chez un des policiers, on a découvert des sacs de grande marque et des vêtements de luxe à profusion.

Et le racket ne s’arrêtait pas au pied des cités, poursuit La Provence . Dans certains restaurants du Vieux Port, ils entraient en disant d'emblée qu'ils ne paieraient rien, chez d'autres, ils réglaient l'addition avec de la drogue.

Selon le quotidien de Marseille, la nouvelle organisation des Brigades anti criminalité dans la ville ce sera une Bac unique, les agents dans des locaux communs. Des renforts devraient arriver rapidement.

Quoi d'autre dans la presse ?

L'école à la Une, après que François Hollande a tracé hier les grandes lignes de la refondation de l'école. « Hollande fait ses classes », titre Libération . Semaine de 4 jours et demi, scolarisation avant 3 ans, limitation des devoirs, cours de morale laïque, le président lance une réforme majeure de la politique éducative. Le Figaro retient un point de ce discours : «Hollande veut en finir avec les notes sanctions.»

Affaire Boutin suite. La semaine dernière, Valeurs Actuelles révélait le deal passé entre Christine Boutin lorsqu'elle s'est retirée de la course à la présidentielle et l'ancien président : retrait contre le remboursement de ses frais de campagne, soit 800.000 Euros.

Cette semaine, Valeurs actuelles creuse le dossier. Si cet accord a bel et bien existé, les 800.000 Euros risquent d'être intégrés aux comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, ce qui le rapprocherait dangereusement du plafond de dépenses autorisé. D'autant que d'autres partis associés pourraient avoir passé le même type d'accord. A l'UMP, selon Valeurs Actuelles , on commence à redouter le rejet des comptes du candidat Sarkozy.

Les curieuses pratiques du président du Conseil général de Seine-St Denis, Stéphane Troussel. Il a succédé à Claude Bartolone, devenu président de l'assemblée nationale, mais il n'est pas aussi connu que lui. Alors tout est bon pour se faire connaître. Selon Le Monde , fin septembre, dans les carnets de correspondance de certains élèves de Seine-St Denis, était glissée une plaquette vantant le travail du département pour les collèges avec la photo de Stéphane Troussel.

A demain

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