(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : des femmes à la Une

(Bruno Duvic) Une femme et un pourcentage à la Une du Nouvel Observateur . Marine le Pen : 24%.

Sondage Ifop pour Le Nouvel Observateur . Intention de vote aux Européennes. Front National 24%, UMP 22, PS 19.

Ce ne sont que des intentions de vote, mais symboliquement, cela fait du FN le premier parti de France.

Aujourd'hui, le FN gagne du terrain, chez les personnes âgées, les ouvriers et les anciens électeurs de François Hollande à la présidentielle - même si leur apport est assez minime.

"Ce sondage est un événement de premier importance", commente François Bazin dans Le Nouvel Observateur . Si le FN devenait le premier parti de France, la politique française entrerait dans une zone de très fortes turbulences.

"Si le FN arrive en tête en mai, il ne se contentera plus d'irriguer le débat public de ses thèmes délétères. La recomposition des forces politiques, immanquablement, se fera à partir de lui, et il sera alors impossible de ne pas poser la question de la légitimité d'un système représentatif qui n'accorde que deux parlementaires à un parti devenu le premier de France."

"Le FN, la chèvre et les boucs émissaires". Dans son éditorial du Point , Franz Olivier Giesbert peste contre les flots de commentaires déversés ces derniers temps sur la percée du Front national. "Pour commencer, finissons-en avec les grands mots, 'la bête immonde', ces formules creuses cachent une réalité peut-être plus dangereuse : le projet de Marine Le Pen n'a pas grand chose à voir avec celui de son père." Il protestait, elle veut le pouvoir, même si son programme économique est "proprement débile".

"Contre le FN, poursuit FOG, toutes les stratégies ont échoué, les singeries des plagiaires de la droite comme l'ostracisme idéologique. La réponse est économique et sociale. Il n'y a que la croissance qui leur coupera le sifflet. Comme dit le proverbe provençal : 'Quand la chèvre a du lait, l'homme n'a plus besoin de bouc émissaire'."

Marine Le Pen est-elle d'extrême droite ? Même si elle menace de poursuite quiconque emploie l'expression, Alain Duhamel, épée d'académicien à la main, fait d'elle "L'archétype du leader d'extrême droite" dans Libération . Elle en possède toutes les caractéristiques, les talents, les défauts : charisme, culte de la personnalité, autorité verticale. Elle en a les attributs idéologiques : dénonciation des élites, haine du système en place... "L'histoire du Front national s'inscrit si visiblement dans l'histoire de l'extrême droite française" qu'interdire ce qualificatif est une "tentative totalement vaine".

Une femme à la Une du monde

Qui est la plus puissante ? Angela Merkel, patronne de l'Allemagne ?

Christine Lagarde, directrice générale du FMI ?

Ou bien Janet Yellen, bientôt officiellement présidente de la banque centrale américaine ?

Le mesure de sa puissance, on la saisit à la Une du Monde : "Une femme aux manettes du dollar".

Qui est-elle ?

Anecdote dans TheHerald Tribune . Quand dans les années 80 Janet Yellen et son mari ont embauché une baby-sitter, ils ont décidé de la payer au dessus du salaire en vigueur. Le raisonnement était qu'une baby-sitter contente s'occuperait mieux de leurs enfants.

Anecdote dans Le Monde . En juin 2007, réunion des gouverneurs de la Fed, la banque centrale américaine. Le président Ben Bernanke affirme que l'économie est en bonne santé. Une petite femme aux cheveux argentés prend la parole. C'est Janet Yellen, elle est alors vice-présidente de la banque "Je sens tout de même la présence d'un gorille de 300 kilos dans la pièce. C'est le secteur immobilier." Quelques semaines plus tard éclatait la crise des subprimes.

Les Echos rappellent encore qu'en septembre dernier, dans le New York Times , le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz, son ancien prof, lui avait tressé des lauriers : "une des meilleures étudiantes que j'aie jamais eu. Economiste à l'intellect remarquable."

Bref, Janet Yellen arrive avec une réputation d'enfer : un peu plus sensible à l'emploi que ses collègues banquiers centraux, un peu plus de pif, un peu plus futée. Mais sera-t-elle la colombe que l'on dépeint ? Dans Les Echos, Karl de Meyer décrit la tâche qui l'attend. Mettre fin à la politique monétaire très accommodante de la Fed. Doigté de chirurgien obligatoire.

Quoi d'autre dans la presse ?

Des images pédophiles chez un professeur de Nantes. Il enseignait les maths au collège public de Chantenay. Cet homme de 47 ans a été arrêté hier matin à son domicile. Il est soupçonné d'avoir mis les images sur Internet. Au moins 5 jeunes filles de son propre collège ont été identifiées. Images prises à leur insu qui mettaient en évidence leur décolleté ou leurs fesses. C'est à lire dans Presse Océan.

"Tendre la main, oui, tendre la joue non". Expression de Bernard Cazeneuve dans Libération , en réponse aux patrons exaspérés : les entreprises bénéficieront déjà de 12 milliards de baisse de leurs prélèvements leur rappelle le ministre du Budget.

Un pas de plus dans la lutte contre la maladie d'Alzheimer. C'est à lire sur le site du quotidien britannique The Independant . Des scientifiques de l'université de Leicester ont mis point une molécule qui donne de bons résultats sur les souris. Elle bloque un mauvais signal dans le cerveau qui empêche la production de protéines qui protègent les cellules cérébrales. Affaire sérieuse selon le journal, les scientifiques parlent d'un tournant historique.

Le délit d'immigration clandestine va-t-il disparaitre en Italie ? Débat très vif dans la classe politique. Un amendement en ce sens vient d'être adopté par la commission justice du Sénat. C'est à lire dans La Stampa et La Repubblica , quelques jours après le naufrage de clandestins au large de Lampedusa.

(Clin d'œil à Alex Taylor l'homme de la revue de presse internationale à 7h moins 10 le matin sur France Inter qui m'a signalé ces deux informations).

Et puis un document dans Le Monde

En cette journée mondiale contre la peine de mort, le quotidien publie le récit de la dernière exécution en France, le 9 septembre 1977, aux Baumettes, à Marseille. La magistrate commise d'office ce jour là, Monique Mabelly, a consigné minute par minute, d'un ton sobre ou perce le dégoût, le déroulement de cette exécution. Robert Badinter, qui possède ce texte, l'a transmis au Monde .

C'est le plaidoyer abolitionniste le plus marquant que l'on ait lu depuis longtemps.

Les détails poignants se succèdent : les couvertures brunes dans le couloir de la prison, pour étouffer les pas du groupe qui accompagne le prisonnier à la mort, les tentatives vaines du condamné de repousser l'échéance, "comme un enfant qui use de tous les moyens pour retarder l'heure d'aller au lit" et l'exécution proprement dite que décrit ainsi la magistrate : "L'homme qui parlait moins d'une minute plus tôt, n'est plus qu'un pyjama bleu dans un panier".

A demain.

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