On peut résumer la presse en une formule, ce matin : faites ce que je dis, pas ce que je fais... Et si c'était ça, la vraie faiblesse du Parti Socialiste ? Sur scène, des leçons de démocratie à Nicolas Sarkozy En coulisses, des bourrages d'urnes. "Hold-ups, Arnaques et Trahisons", le livre des deux journalistes Antonin André et Karim Rissouli, sort aujourd'hui... histoire d'une triche à grande échelle lors de l'élection de Martine Aubry à la tête du PS. Les bonnes feuilles sont dans Le Point. On vous en parle depuis hier sur France Inter : - le coup de fil d'un conseiller politique de Martine Aubry à une secrétaire de section lilloise : "On ne prend plus de gants : bourrez les urnes !" ; - le bureau de vote d'Anse-Bertrand, aux Antilles, fermé le jour de l'élection mais qui donne une majorité écrasante à Martine Aubry. Et puis, au-delà de l'élection, c'est une plongée dans les contradictions du PS. On entonne régulièrement le couplet d'un Sarkozy faisant pression sur les médias. Mais au mois de mai, la patronne du PS convoque la chef du service politique du Monde parce que les articles ne lui plaisent pas. Commentaire prudent d'André Schlecht dans L'Alsace : "Impossible de juger sur le fond la véracité de ces accusations. La présomption d'innocence garde ses droits. Mais on pouvait espérer des démentis cinglants. Or, les dénégations ont manqué de tranchant". Dans L'Est Républicain, Chantal Didier est plus directe : "Il faudra beaucoup de détermination à Martine Aubry pour faire oublier qu'elle règne sur un champ de ruines. Sa légitimité est mise en doute". Dans La Provence, Philippe Larue préfère en rire et citer "Les Tontons flingueurs", qui ressortent en version restaurée au cinéma : "Voilà les socialistes de nouveau éparpillés par petits bouts, façon puzzle. Il y a des nuits blanches, des migraines et des nervous breakdown à venir". A droite, à propos de "Tontons flingueurs", je ne sais pas qui est Bernard Blier et qui est Lino Ventura. Mais en tout cas, à onze jours du procès Clearstream, on a ressorti les flingues de concours entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin... "Histoire secrète d'une haine" : c'est à la Une du Point. Elle commence il y a quinze ans, dans l'ombre du duel Chirac-Balladur. Elle se prolongera au tribunal. Sarkozy, juillet 1997 : "Vous avez voulu me bouffer. Maintenant, c'est moi qui suis là, en face de vous, et vous me trouverez toujours sur votre route". Villepin, septembre 2009, à propos de ce procès Clearstream à venir... Il sera zen. "Se laisser dominer par la passion et la haine, c'est ça l'échec. Je ne lui ferai pas ce plaisir. Je lui fais confiance pour faire des conneries". "De la haine à droite, de l'animosité implacable à gauche : la rentrée politique est un peu glauque", écrit Bruno Dive dans Sud-Ouest. Alors petit clin-d'oeil pour sortir du glauque... Ca se passe aux îles Samoa. Là non plus, on ne sait pas quel côté choisir. Le gouvernement a changé le sens de circulation en début de semaine. C'est L'Actu-Le Quotidien des Adolescents, qui raconte. "Lundi, à 6 heures du matin, les radios et les cloches des églises ont donné le signal : il faut désormais se placer sur le côté gauche. Ca s'est bien passé. Mais pour limiter les risques, on a tout de même interdit l'alcool pendant trois jours". Et à la Une de Libération, Bruno : "Birmanie : le rapport qui accuse Total"... Et là encore, pour passer des paroles aux actes, le gouffre est si profond qu'on pourrait trouver du pétrole. Total a toujours justifié sa présence en Birmanie en expliquant que ses activités dans la zone où elle travaillait profitaient aux populations locales. Le document publié par Libération prouve le contraire. C'est un rapport de l'ONG Earth Rights International. Il accuse Total et son partenaire américain Chevron d'être les principaux soutiens financiers de la junte. Le gisement gazier de Yadana, dans le sud de la Birmanie : 75% des revenus vont dans les poches du régime. La région de Tenasserim, où est installé un pipe-line : Total et Chevron ont carrément confié la sécurité des lieux à l'armée. Les témoignages recueillis par l'ONG parlent de tortures, d'expropriations et de travaux forcés. Récit d'un habitant qui vit près d'un gazoduc : "Un jour, un officier est venu avec un dossier. Il stipulait qu'on donnait sans contrainte nos terres à l'Etat. Les villageois ont refusé. Alors l'officier a sorti son pistolet". La direction de Total dit qu'elle n'a pas encore lu le rapport, et donc qu'elle ne veut pas s'exprimer. Autre pays de pétrole où la France joue le vilain rôle : le Gabon... On passe des "Tontons flingueurs" aux barbouzes... Avec un peu de décalage, forcément, les hebdomadaires commentent "l'élection" (entre guillemets) d'Ali Bongo... et surtout la fanfaronnade de Robert Bourgi, conseiller occulte de Nicolas Sarkozy. Il se vante d'avoir influé sur l'élection de Bongo fils. Sous le titre "Gabon Banania", voici ce qu'écrit Christophe Barbier dans L'Express. "Quel anesthésique a donc plongé l'opinion française dans la torpeur, quel sérum de cynisme, quelle démission collective, pour qu'elle ne réclame pas ordre et éthique au Président de la République dans sa politique africaine ?" Nicolas Sarkozy avait promis la rupture : on en est loin. "Certes, poursuit Christophe Barbier, l'angélisme enfariné ne tient pas la route en géopolitique. Mais ce n'est plus la France qui profite de cette tutelle archaïque : ce sont quelques intérêts particuliers". Claude Imbert poursuit la démonstration dans Le Point. "L'Afrique bouge. La Chine et les Etats-Unis bougent vers l'Afrique. Le continent le plus déshérité du monde fait saliver les ogres. Son pactole minier et pétrolier précipite leur face-à-face dans la foire d'empoigne des matières premières. Nouveau remue-ménage politique et stratégique. La France n'est pas à la fête. Elle patauge dans son passé colonial". Alors, quelle serait la vraie rupture dans la politique africaine ? Parole à une Africaine, dans Courrier International : l'économiste zambienne Dambisa Moyo. C'est "l'Afrique qui dit non", titre Courrier. Cette jeune femme publie un livre intitulé "L'aide fatale". "Non seulement l'aide des Occidentaux à l'Afrique ne fonctionne pas, mais c'est une part du problème. Elle évince les investissements privés, encourage la corruption, alimente les conflits et sape l'état de droit". Alors suggestion radicale et polémique : "Chaque pays donateur doit passer un coup de fil aux gouvernements africains pour leur dire que l'aide cessera dans les cinq ans. Ca les poussera à chercher d'autres sources de financement, fondées sur le marché, et à créer les conditions favorables aux affaires". A part ça, Bruno, dans la presse : le tryptique de la semaine... Carbone, grippe et foot... "Taxe carbone : le nouveau monstre fiscal". C'est à la Une de La Tribune. Nicolas Sarkozy doit en dire plus aujourd'hui. Un système complexe de compensations est prévu. Complexe, en effet... Voici le titre des Echos sur ces compensations : "La réduction d'impôt forfaitaire sera majorée pour les familles et les ruraux". Ca fait mal au crâne, Nicolas... Passez-moi du Paracétamol, du Tamiflu et La Croix... La Croix qui se demande si simplifier les impôts est une "mission impossible". A propos de Tamiflu, même pas peur : on embrasse Christophe Hondelatte, ancien de France Inter, aujourd'hui à RTL et France Télévisions, qui a attrapé la grippe A en faisant la bise à son assistante. Il témoigne dans Le Parisien. On embrasse même Raymond Domenech, à lire la presse ce matin. "1 partout" hier entre la France et la Serbie, malgré un carton rouge et un penalty contre les Bleus au début du match. Ca a presque valeur de victoire pour Le Journal de la Haute-Marne. Thierry Henry, l'homme par qui le scandale Domenech était arrivé, a fait un match magnifique, selon L'Equipe. Le dessinateur maison Chenez croque les Bleus et leur entraîneur marchant sur un fil de fer la tête en bas. "Normalement, c'est impossible". "La preuve que si". Enfin, le mensuel Marie-Claire fait parler de lui cette semaine. En couverture, le mannequin Estelle Lefébure déboutonne sa chemise. "10 stars enlèvent le haut pour le dépistage du cancer du sein" : Estelle, mais aussi Elsa Zylberstein, Julie Depardieu, la cuisinière Hélène Darroze et Sophie Davant... Avec un tout petit peu de mauvais esprit, on se dit que les bons sentiments vont offrir de jolies ventes à Marie-Claire. Mais il y a ce texte de Tina Kieffer, la directrice de la rédaction, pour présenter ces photos : "Chaque année, le cancer du sein emporte une femme toutes les 45 minutes. Si toutes ces femmes disparues avaient passé une mammographie à temps, près d'un tiers vivrait encore aujourd'hui. Cela fait dix vies sauvées chaque jour". Alors slogan pour cette série de photos : "En montrant mes seins, j'ai protégé ma vie. Faites comme moi". C'est aussi une réponse à Didier Porte, qui me chambrait tout à l'heure parce que je n'ai pas parlé du dossier de VSD sur Jean Sarkozy. "Aucun sens de la hiérarchie"... Tu vois, Didier : dans la revue de presse, on parle de ce qu'il y a de plus important : les seins des femmes. Bonne journée...

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