Dans la vie, on passe beaucoup de temps à attendre

On attend à la caisse du supermarché, on attend aux péages sur la route des vacances, on attend ses enfants à la sortie de l’école, et parfois, on attend des années une augmentation.

Certains attendent l’amour, certains attendent la mort. Et l’amour ne vient pas toujours, contrairement à la mort.

En Floride, les habitants qui n’ont pu fuir attendent l’ouragan Irma

Plus de six millions de personnes ont été priées d’évacuer leurs logements, soit plus d’un quart de la population de l’Etat. Un Etat qui « n’a jamais rien connu de cette ampleur », a insisté le gouverneur, en évoquant le risque de marée de tempête et la brusque montée des eaux qu’elle pourrait provoquer. Mais tout le monde n’a donc pas pu partir et, comme le raconte ce matin Timothée Boutry dans les colonnes du PARISIEN, plus de 50.000 personnes ont trouvé refuge dans l’un des 300 abris ouverts çà et là en Floride.

C’est dans l’un de ses abris que s’est installée Fanny, une touriste française. « L’attente est un peu longue, a-t-elle confié au journaliste. Et les informations changent en permanence – l’ouragan oscille d’heure en heure entre les forces 3 et 5. » De fait, après avoir atteint la catégorie 5, Irma a été reléguée en catégorie 3 hier soir, mais le centre américain des ouragans craignait qu’elle ne se renforce en atteignant les cotes de l’Etat ce matin.

Avant cela, Irma a d’ailleurs provoqué de nombreuses destructions au centre de Cuba, et des inondations jusque dans La Havane. Et c’est en fin de matinée qu’elle arrivera en Floride. Compte-à-rebours angoissant. En Floride, ce matin, on attend l’ouragan.

Aux Antillles

Après le passage d’Irma, on a donc attendu José, un deuxième ouragan, qui devait de nouveau frapper hier les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Mais il est finalement passé plus loin que prévu. Cela dit, les sinistrés – les îles sont dévastées – continuent aujourd’hui d’attendre l’aide dont ils ont besoin.

Problème d’eau potable, problème de nourriture, plus d’électricité, ce qui signifie : plus de radio. Et l’on ne parle pas encore de la reconstruction. « C’est le bazar dans l’organisation des secours, tout le monde est dépassé », accuse dans le journal un élu de Saint-Martin.

Saint-Martin, où les rescapés « tentent de fuir l’enfer »

C’est le titre de l’article de Rémi Barroux dans LE MONDE. Il décrit la peur des habitants quand ils ont su qu’un nouvel ouragan s’approchait. Et il décrit leurs tentatives, vaines souvent, pour embarquer dans les avions rejoignant Pointe-à-Pitre. D’autres témoignages ce matin dans la presse régionale.

Dans LE COURRIER DE L'OUEST, ce sont des familles d'Angers qui expliquent qu'elles espèrent être rapatriées au plus vite en métropole. Dans NORD ECLAIR, c'est un Lillois, installé désormais à Saint-Barthélemy, qui raconte la journée de jeudi :

Le passage d'Irma, c'était monstrueux

Des « révélations sur l’affaire Grégory »

Un tout autre sujet à la Une du JOURNAL DU DIMANCHE. Et là, cela fait 37 ans qu’on attend de savoir, 37 ans qu’on attend de connaître la vérité, 37 ans que la police enquête, 37 ans que la justice enquête, 37 ans que les parents de Grégory Villemin attendent qu’on leur donne le nom de l’assassin de leur fils.

Gros dossier de huit pages dans l’hebdomadaire, qui a pu consulter le dernier rapport des gendarmes, et ce qu’affirme le JDD, se basant donc sur ce rapport de 48 pages, c’est que Bernard Laroche – tout premier suspect dans l’affaire avant d’être libéré puis tué par son cousin, le père de Grégory – Bernard Laroche serait bien l’auteur de l’enlèvement, et il aurait enlevé le petit garçon avec l’aide de sa nièce, Muriel Bolle.

C’était le 16 octobre 1984 à Lépanges dans les Vosges, et les experts s’appuient, je cite, « sur de nouveaux recoupements et sur des témoignages oubliés, exhumés du dossier judiciaire ». Parmi les témoignages figure, je cite toujours, « celui de l’amant d’une fermière de Lépanges, qui a certifié avoir vu Laroche et une rouquine (Muriel Bolle a les cheveux roux) s’approcher de chez les Villemin l’après-midi du crime ». En revanche, selon ce même rapport, l’assassinat du petit garçon serait l'œuvre d'une autre équipe, et cette dernière n’a toujours pas été identifiée.

Cela étant, Muriel Bolle, rappelle Laurent Valdigué, a été mise en examen, et elle risque un renvoi devant un tribunal pour enfant – elle avait quinze ans à l’époque. Dans cette hypothèse, un procès aurait lieu, mais à huis-clos, et avec pour seuls spectateurs les parents de Grégory. « Ils attendent énormément de cette dernière enquête », confie leur avocat, qui prédit en outre un procès d’assise dans les deux ans qui viennent.

Maëlys

Attendre, attendre encore, comme pour une autre histoire de disparition d’enfant. Cela fait maintenant deux semaines que la petite Maëlys a disparu. Et c’est dans LE PROGRES que l’avocat de ses parents raconte leur calvaire. Leur attente, insoutenable. Une famille accablée, mais qui reste digne, dit-il, et qui conserve l’espoir de savoir ce qu’il est advenu de la fillette.

Maëlys a neuf ans et elle a donc disparu lors d’une fête de mariage en Isère il y a quinze jours. Tout de suite, explique l’avocat, sa mère a craint le pire et pensé à un enlèvement. Et tout de suite, elle a pensé à cet homme étrange qui sympathisait avec sa fille. Un homme incarcéré, c’est le principal suspect, mais il semble aujourd’hui avoir réponse à tout.

Un dossier politique à la Une du PARISIEN : le premier grand rendez-vous de la rentrée sociale

Trois hommes en photos : Jean-Claude Mailly, le leader de Force Ouvrière, Laurent Berger, le leader de la CFDT et Philippe Martinez, le leader de la CGT. « Des syndicats en ordre dispersé », constate le quotidien, qui propose une radioscopie de cette division syndicale.

Mardi 12 septembre, la CGT descendra dans la rue contre la Loi Travail, mais la CFDT et FO n'appellent pas à manifester, parfois contre l'avis de certains adhérents. Il y a donc de nombreuses tensions entre les directions et leur base, et Philippe Martinez assure dans le journal que « le mécontentement va au-delà de la Loi Travail ». Il table sur au moins 180 cortèges à travers le pays.

Amusant dessin de Rançon. Berger et Mailly d’un côté. Face à eux, Martinez. Les deux premiers lancent au troisième : « Désolé, on ne manifestera pas avec toi ! » Et l’autre répond : « Macron a raison, z’êtes des fainéants ! » Alors, combien y aura-t-il de manifestants ? On le saura mardi. D’ici là, attendons.

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