C'est un dessin vu par "l'oeil de Willem", dans LIBERATION : Nicolas Sarkozy (ou du moins sa caricature) est torse nu, pantalon de pyjama, les bras ballants. Sa valise est posée près de lui. Il va se coucher après un long voyage. Sur le portant, derrière lui, une rangée de tee-shirts. Sur l'un, on lit : "NYPD" (New-York Police Department); sur l'autre s'enchaînent les anneaux olympiques. L'air satisfait (ou soulagé), le président dit simplement : "J'ai fait le job". Il a "fait le job" en se rendant à Pékin pour la cérémonie d'ouverture des jeux... Le quotidien économique LES ECHOS le confirme, en titrant : "En Chine, les Pdg français retrouvent confiance". Carrefour va ouvrir cinq magasins à Pékin cette année, EDF (LE FIGARO ECONOMIE en fait état lui aussi), EDF "a finalisé hier un accord stratégique avec China Guangdong Nuclear Power Company portant sur la construction de deux centrales nucléaires". Cités par LES ECHOS, les diplomates français assurent que "les mois de tension seraient oubliés". On ferme le ban avec l'Elysée : "la page du malentendu est tournée". Dans ce contexte, LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE annonce en Une "Un visiteur si particulier". Le dalaï lama vient de poser le pied en France. Il y restera jusqu'à la fin du mois d'août entre inauguration d'un monastère boudhiste, conférences et rencontres (rencontre notamment avec l'épouse du chef de l'Etat, le 22 août... et peut-être, le même jour, avec le ministre des Affaires étrangères). Cette perspective fait pourtant maugréer le député UMP Lionnel Luca... Que dit-il de la venue du chef spirituel tibétain dans notre pays ? ... "On le fait passer par la cave". Le président du groupe d'études sur le Tibet ne réprime pas sa colère : "Je ne veux pas être méchant pour Ingrid Betancourt (dit-il) mais il n'y a pas photo entre elle et ce qu'incarne le dalaï lama". "Un seul rendez-vous politique" est inscrit à l'agenda français du dignitaire tibétain.... C'est ce que vous lirez dans LE PARISIEN. Ce quotidien précise que "les parlementaires qui organisent la rencontre du Sénat le 13 août, ont dû surmonter maintes embûches, on leur demande même de se contenter d'un rendez-vous à huis clos, presque clandestin, sans journaliste". Dans le quotidien régional MIDI LIBRE, Michel Noblecourt écrit : "En ne rencontrant pas le chef tibétain, Monsieur Sarkozy cède aux diktats de Pékin, dont l'ambassadeur l'avait menacé de graves conséquences s'il le faisait. A la différence de Berlin, Washington et Londres, Paris est bel et bien, sur ce sujet, fâcheusement à la traîne". Quant au TELEGRAMME BRETON, au-dessus d'une grande photo du dalaï lama les mains jointes, le regard espiègle, il adresse ce pied de nez aux autorités chinoises organisatrices des jeux 2008 en titrant : "Le médaillé d'or du pacifisme". "... Il en est de la Russie comme de la Chine. L'autoritarisme de leurs dirigeants heurte nos conceptions de la démocratie et des relations internationales. Il fait hurler les défenseurs des droits de l'homme. Mais les deux pays sont devenus des acteurs incontournables de la mondialisation. Leurs intérêts économiques sont de plus en plus imbriqués avec ceux des grandes puissances occidentales. La Chine éponge les déficits américains, et la Russie fournit le gaz de l'Europe"... C'est de Patrice Chabanet, dans le JOURNAL DE LA HAUTE MARNE, à propos de l'intervention militaire russe en Géorgie. Franck De Bondt, pour SUD-OUEST, voit s'élaborer là "le scénario tellement redouté par les Européens : avoir à choisir entre la Géorgie qui leur fait les yeux doux, et la Russie qui leur fournit le gaz dont ils ont impérativement besoin. Le même genre de dilemme, au fond, que celui qui oblige à arbitrer face à Pékin, entre la défense des droits de l'homme et la protection des intérêts économiques de l'Europe". Selon Pierre Rousselin et LE FIGARO : "Entre les Etats-Unis et la Russie, l'Union Européenne est en première ligne". Il lui faut "trouver le moyen d'engager une médiation avec Moscou pour préserver la paix sur notre continent. C'est une lourde responsabilité pour la présidence française". L'Europe, au moins "a-t-elle la moindre chance d'être écoutée ?"... C'est la question que se pose Olivier Picard, dans les DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE. Il constate que pendant que la Russie "est en passe de reconquérir son hégémonie perdue sur des satellites stratégiques", "l'Europe, elle, gémit, et fait semblant de s'agiter". L'éditorialiste alsacien se demande : "que peut-elle faire d'autre ?". ... Se taire ? "L'Union Européenne, dirigée en ce week-end d'août par Sarkozy, est étonnamment silencieuse", précise François Sergent, pour LIBERATION. "On n'a eu que l'eau tiède d'un Kouchner bien confus, qui met sur le même pied agresseur et victime. On attend toujours une condamnation claire de la Russie et de son premier ministre". Dans la CHARENTE LIBRE, Jacques Guyon semble vouloir rééquilibrer la donne, face à ceux qui dénoncent les appétits ou "la stratégie de puissance" de Vladimir Poutine. Jacques Guyon souligne "que ce conflit a été délibérément déclenché par le président géorgien. Même constat, semble-t-il, chez Jean-Michel Helvig dans LA REPUBLIQUE DES PYRENEES. On y lit : "On voit mal l'Otan, maintenant, accepter la candidature à l'adhésion d'un pays dont le régime est un tel facteur de déstabilisation régionale. Ce qui n'est pas pour déplaire à Moscou". Dans vos quotidiens économiques, vous lirez que "les marchés pétroliers sont susceptibles de réagir violemment à la perspective de tout accident dans l'approvisionnement du marché mondial" (c'est dans LES ECHOS). LE FIGARO ECONOMIE, pour sa part, titre sur les "inquiétudes pour le pétrole qui transite par la Géorgie". Ce pays est une voie de transit très importante pour les hydrocarbures de la Mer Caspienne vers l'ouest. Tous vos journaux ou presque titrent ce matin sur ce conflit entre Russie et Géorgie. Certains craignent l'embrasement (c'est le cas du COURRIER DE L'OUEST et de PRESSE OCEAN... Le titre le moins nuancé, sans doute, s'étale en Une de la DEPECHE DU MIDI : "Cette guerre qui nous fait peur". LA TRIBUNE, ce matin, nous annonce la "fin de l'âge d'or à la City". Un an après le choc des subprimes, et avec le plongeon historique de la "Royal Bank of Scotland", la place financière de Londres (c'est la plus importante d'Europe) traverse une crise très sérieuse... 40.000 emplois sont menacés : cela représente 11% de l'effectif total de ce gros bassin d'emploi qui accueille un grand nombre de ressortissants français. Commentaires dans ce même journal (LA TRIBUNE) d'Olivier Provost : "Cette crise finit par ressembler à un voyage au pays des produits financiers complexes, autrefois paradis des apprentis sorciers bancaires, des petits génies des mathématiques convertis au monde de l'argent, et aujourd'hui rattrapés par l'aléa des marchés. Tout ça parce que de pauvres américains n'ont pu rembourser les intérêts des prêts à risque de biens immobiliers (les subprimes), trop chers pour leur bourse, contrairement à ce que des banquiers peu scrupuleux leur avaient fait croire". Fin de citation. Tout est dit. A la lecture des ECHOS, vous apprendrez que "les ressorts de la croissance se grippent en Europe... "L'Italie a ouvert, vendredi, le feu des mauvaises nouvelles en annonçant une croissance zéro. Jeudi, les estimations des produits intérieurs bruts allemand, français et espagnol au deuxième trimestre, ainsi que celles de l'inflation de la zone euro pourrait confirmer un passage à vide en Europe. De quoi provoquer un vif recul de la monnaie européenne, repassée sous la barre de 1 dollar 50". C'est toujours dans LES ECHOS. Un mot, encore, d'économie, avec cette conséquence insolite de la crise immobilière en Grande-Bretagne où les saisies de logements ont augmenté de 48% sur un an... C'est dans les pages saumon du FIGARO : "avec la crise immobilière, les Anglais divorcent moins". Logique... quand tout va mal, mieux vaut se serrer les coudes. Deux hommes, deux célébrités chacun dans son domaine ont quitté ce week-end la surface de la terre... ... Le chanteur de soul music américain Isaac Hayes est mort hier. Il avait 65 ans. Il s'était vu décerner un oscar d'Hollywood pour le thème musical du film "Shaft". C'était en 1971. Depuis cette année-là, beaucoup plus tard, il avait prêté sa voix à Chef, l'un des personnages du dessin animé déjanté "South Park". ... L'autre disparu du week-end, fut Mahmoud Darwich, poète palestinien. Ses yeux se sont fermés pour toujours loin de sa terre, à Houston, au Texas. Il avait 67 ans. LIBERATION consacre un article à son "dernier exil" en reprenant ces quelques mots d'une de ses oeuvres (je vous les lis) : "Au dernier soir sur cette terre, nous ne disons adieu à rien... et ne trouvons pas le temps pour notre fin... Tout demeure en l'état". ... et j'ajouterai : des rires, des larmes... et toujours la guerre.

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