Incontestablement, il est l'homme politique le plus vu des Français cet été... Comme d'autres font la tournée des plages, Brice Hortefeux enchaîne les déplacements pour faire le service après-vente sur la sécurité. Pour le journal La Tribune, il a été chargé d'accompagner le discours du chef de l'Etat. Pour le journal Le Monde, il est "le forcené du mois d'août". Pour Le Canard Enchaîné, "il assure le service après-vent", téléguidé depuis le Cap Nègre par Nicolas Sarkozy, qui lui dicte ses répliques dans l'oreillette. "La méthode est brevetée ; elle a été inventée par Nicolas Sarkozy lorsqu'il était ministre de l'Intérieur", raconte Luc Bronner dans Le Monde. "C'est un cocktail : une dose de terrain, une dose d'annonces, une dose de polémiques, et toujours les mêmes slogans répétés d'un déplacement à l'autre". Brice Hortefeux avance dans le costume de Nicolas Sarkozy, sur une place presque vide. La Tribune remarque que les agendas des autres ministres sont quasi vides cette année. Un peu de Jouanno, un peu de Bachelot, une dose de Novelli, mais rien à voir avec la frénésie de l'été 2009. Et cette visibilité rapporterait... Dans Le Figaro, Brice Hortefeux fait savoir qu'il est en hausse dans le dernier sondage IPSOS-Le Point, avec 34% d'opinions favorables. Mais il a une concurrente qui sort du bois, interview après interview : c'est Rachida Dati, qui n'épargne pas, toujours dans Le Figaro, le coureur de fond de la sécurité, en faisant entendre une petite voix qu'elle qualifie de "nuancée". Mais Brice Hortefeux refuse la polémique : "J'ai décidé de ne pas répondre", confie-t-il au Figaro. "Je ne suis pas dans le commentaire mais dans l'action". Est-on entré dans la République de l'insulte, de la provoc, des pavés qu'on se jette dans la mare ? C'est la question qui tourne autour de la Une de Marianne. L'hebdo titre cette semaine : "Le voyou de la République", en parlant de Nicolas Sarkozy... A l'intérieur, 7 pages signées Jean-François Kahn. La garde rapprochée du Président a dégainé... Nadine Morano pleure l'absence de respect. Le secrétaire d'Etat Alain Marleix qualifie le titre "d'épouvantable". "On insulte la France", estime la députée du Nord Françoise Hostalier.."Ca dépasse ce que peut autoriser la liberté de la presse", conclut Patrick Ollier. Ce à quoi Jean-François Kahn répond "qu'il n'y a pas si longtemps, le site Internet Médiapart était qualifié de 'fasciste' par plusieurs hommes politiques en vue dans la majorité. Pour lui, "voyou", finalement, à côté, c'est plutôt charmant. Un nouveau mot, à gauche. Il est lancé ce matin par Arnaud Montebourg dans une interview au journal Libération... Le député socialiste estime que "le pouvoir se 'frontnationalise'". "Jamais, dit-il, un gouvernement de droite n'était allé aussi loin dans la brutalité". Et il propose, comme réponse, que la gauche se convertisse au pragmatisme du résultat en remettant des policiers et des gendarmes sur le terrain. ...Des policiers sans taille limite d'ailleurs, créés par Nicolas Sarkozy... Dans L'Alsace, André Schlecht s'amuse de l'arrêté qui supprime la taille minimum dans la police et la fonction publique. Dorénavant, un policier pourra faire moins de 1,60 m. "Il est aisé d'y voir la marque du Président Sarkozy", écrit l'éditorialiste. "En trouvant dans les commissariats des fonctionnaires à sa hauteur, le chef de l'Etat aura sa police de proximité". (Mickaël Thébault : « L'espoir en bleu-blanc-rouge, ce soir, à la télévision »)... La presse, aujourd'hui, mise sur le nouveau sélectionneur de l'équipe de France de football. Ce soir, pour le match amical contre la Norvège, Le Parisien-Aujourd'hui en France espère un "grand soir", avec avant tout de la générosité, de l'envie, de l'amour du ballon. C'est la page du chantier de la reconstruction qui doit s'ouvrir, pour Le Figaro. Plus tempérée, L'Equipe prévient que les Bleus naviguent encore quelque part entre la politique et la communication. "La véritable reconstruction sportive, écrit Vincent Duluc, attendra les premiers jours de septembre". Encore plus distant, Grégory Schneider, dans Libération, se méfie même de l'état d'esprit des Tricolores, qui en ont fait des tonnes lundi à Clairefontaine. Le quotidien fait d'ailleurs trois petits portraits pas très sympathiques... Karim Benzema : "pas de course sans ballon"... Hatem Ben Arfa : "Tout le foot français a fini d'y croire, sauf Laurent Blanc"... Jérémy Ménez : "l'oubli systématique du partenaire le mieux placé". Pourtant, Laurent Blanc s'en sort bien. Pour L'Equipe, il profite de la perpétuelle vacance du pouvoir fédéral. Pour Libé, il a pris les choses en main. Mais attention à la fin de l'état de grâce, qui pourrait n'être que de très courte durée, d'après le quotidien. Sur le terrain, c'est l'équipe avec le dossard orange lors du dernier entraînement qui devrait être sélectionnée. L'Equipe rappelle que le gros du chantier se situe au niveau de la défense. Le Parisien parie sur la sélection de Philippe Mexès ou Lassana Diarra comme capitaine. Le Monde, lui, s'intéresse à l'autre enjeu : les retombées pour le foot professionnel... Rémi Dupré et Simon Roger auscultent l'onde de choc provoquée par le fiasco en Afrique du Sud. Ils rappellent que les clubs de Ligue 1 sont perclus de dettes. Mais ils soulignent aussi que le public n'a pas boycotté le premier match de championnat. (MT : « Les femmes définitivement cataloguées dans l'entreprise »)... C'est la conclusion d'une étude du Centre de recherche en économie de Sciences-Po. Elle s'intéresse aux différences de salaire dans l'entreprise. Ce qui ressort, c'est que ça ne sert à rien de se sacrifier quand on est une femme, parce que ça ne paie pas. Dans Le Parisien, Aline Gérard écrit qu'une femme qui sacrifie sa vie de famille gagnera toujours moins qu'un homme. Dans cette étude, la différence de salaire est de 17%, même si les femmes sont globalement plus diplômées que la moyenne des hommes. En cause : l'état d'esprit des employeurs, pour qui embaucher une femme c'est prendre un risque, parce qu'elle sera forcément mère, et donc moins présente dans l'entreprise. La comparaison s'est faite sur les situations salariales de femmes âgées de 39 à 49 ans. (MT : « C'est simple comme un coup de fil »)... Et redoutable comme un couperet... C'est dans Le Canard Enchaîné... L'hebdo affirme qu'on peut être radié pour avoir raté un coup de téléphone. Il se base sur des témoignages recueillis sur le site Internet "Recours Radiation". Pôle Emploi, d'après l'article, a instauré le contrôle par téléphone. Le chômeur est prévenu du coup de fil. Mais s'il le rate, la conséquence peut aller jusqu'à la radiation. Deux témoignages, dans l'article, de chômeurs qui ont été radiés pendant deux mois. "Des bavures dans un organisme qui a une imagination prodigieuse pour faire baisser les statistiques", écrit Le Canard. Plus de 500.000 demandeurs d'emploi rayés chaque année, notamment pour absence de contrôle. (MT : « La colère comme toile de fond d'une des plus importantes fuites sur les bavures en Afghanistan »)... Portrait, dans Libération, de Bradley Manning, jeune militaire américain emprisonné depuis trois mois, soupçonné d'avoir arrosé d'informations le site Internet WikiLeaks... Lorraine Millot décrit "un garçon tordu par le regard des autres". Homosexuel, il grandit dans l'Oklahoma. "Différent, au milieu de nulle part, dit l'un de ses camarades… comme coincé au temps du Moyen Age". Toujours à cause de son homosexualité, il est mis à la porte par son père, moqué par ses camarades militaires, sous le choc d'une rupture sentimentale au moment de ses contacts avec WikiLeaks. "Ce n'est pas par opposition à la guerre, mais parce qu'il était en colère qu'il a pu avoir balancé les informations", confie un ami. Cette affaire est devenue une rampe de lancement pour les militants homosexuels, qui estiment que la loi dans l'armée qui oblige les soldats à taire leur homosexualité crée plus de problèmes qu'elle n'en résout. Pour terminer, les clichés dans la presse... Rue89 résume la collecte du petit robot @lertecliche, qui espionne sur Twitter les expressions toutes faites des journaux. 6500 articles épluchés sur un an et un nombre impressionnant de phrases prêtes à écrire. Au palmarès : 5ème cliché le plus utilisé : "un pavé dans la mare" ; 4ème : "la cour des grands" ; 3ème : "grincer des dents" ; 2ème : "le vent en poupe". Dans le classement des dix plus gros producteurs, La Dépêche du Midi vient en tête. Le Figaro est N°3. Le Parisien, 8ème. Et Le Monde, en 9ème place. Quel est le cliché le plus souvent utilisé par la presse ? Eh bien c'est "la cerise sur le gâteau", écrit plus de 1.000 fois dans les articles en question.

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