Ce matin, la confirmation d'un constat que les observateurs décrivent depuis plusieurs semaines... Dans cette campagne présidentielle 2007, aucun sujet ne s'installe durablement... Un thème chasse l'autre... au mieux, un débat par semaine... au pire, une polémique par jour... Alors aujourd'hui... l'affaire est à découvrir dans Le Canard Enchaîné... "Sarko a promis à Chirac une amnistie déguisée"... L'hebdomadaire explique, dans un autre titre : "Sarko a promis à Chirac de passer au Kärcher ses dossiers judiciaires"... Et Le Canard raconte que "l'accord entre les deux hommes a été passé il y a quelques semaines... une promesse du candidat de l'UMP en échange du soutien de Chirac à sa candidature"... Et a priori, les fuites qui permettent au Canard Enchaîné d'être si bien informé viennent de l'Elysée... "On s'y montre bavard... Et on explique en détail le plan envisagé... L'idée, c'est d'utiliser la réforme de l'ordonnance de 1945 sur les mineurs, dont Nicolas Sarkozy a annoncé l'examen par le Parlement dès juillet s'il est élu... Au détour d'un article de loi, on imposerait aux juges de clore leurs dossiers dans des délais très stricts... Pas plus de 10 ans pour les simples délits... Les dossiers trop anciens seraient purement et simplement annulés... Grâce à cette innovation, commente Le Canard, Sarkozy n'aurait même pas besoin de faire voter un paragraphe spécial pour régler le cas Chirac... Reste que cet accord ne calme pas l'angoisse présidentielle... Jacques Chirac craint que Sarkozy n'oublie ses belles promesses une fois installé au pouvoir... Un proche de l'actuel Président de la République avertit : "Nous avons pris des garanties... Et les garanties, ça nous connaît... C'est du rapport de forces, du donnant-donnant... On a des dossiers sous le coude"... Cela dit, conclut Le Canard... "Chirac a sans doute tort de ne pas faire confiance à son ami Sarko... Car si elle voit le jour, la règle des 10 ans d'instruction va rendre caducs des centaines de dossiers financiers, dont quelques-uns intéressent les Hauts-de-Seine, fief du candidat de l'UMP"... Un pavé donc dans la campagne de Nicolas Sarkozy... Pendant ce temps-là, à gauche... "Ségolène Royal est décidée à relancer sa campagne"... C'est ce qu'affirme Le Parisien-Aujourd'hui en France... qui explique : "Comment Royal veut rebondir"... Plusieurs axes dans sa stratégie... D'abord un appel au vote utile... Moins d'improvisation aussi... Elle pourrait redécouvrir le PS... Mais surtout, selon Le Parisien, Ségolène Royal va faire un retour au credo social... "Royal, le joker social"... C'est là la Une de Libération... qui déplore : "La candidate socialiste peine à orienter la campagne sur la question sociale"... Avec ce constat d'un membre de l'équipe de campagne... "Si elle avait réellement continué à monter les préoccupations sociales en première ligne, elle aurait eu moins de difficultés à les imposer"... Avec aussi cette exhortation d'Henri Emmanuelli... Pour le député socialiste des Landes, "le PS doit vite retourner vers son électorat naturel... Il faut concentrer nos forces à gauche", dit-il... Et Laurent Joffrin, dans son éditorial, dans Libération bien sûr, analyse... "Depuis deux mois, Ségolène Royal patine... Mais, en fait, depuis sa désignation, le procès en illégitimité qui lui est fait enserre la candidate du PS... Un seul terrain est propice à sa reconquête : celui qui distingue droite et gauche : le social et l'économique... La candidate principale de la gauche doit montrer qu'elle peut, mieux que la droite ou le centre, relancer l'économie et réduire la souffrance sociale... Pour y parvenir, il lui reste moins de deux semaines"... En même temps... Ségolène Royal n'est pas tout... "Le faible niveau de la gauche est général"... C'est le constat de Michel Noblecourt, dans Le Midi Libre... "Avec toutes les réserves qu'impose la lecture des sondages, il se dégage cette constante : le total des intentions de vote pour la gauche et l'extrême-gauche ne dépasse pas 37%... un total qui est inférieur à celui de 1995, où il avait atteint un modeste 40,56%"... Et l'éditorialiste du Midi Libre poursuit... "Si la candidate du PS est au second tour, il faut, pour qu'elle soit élue, que le total de gauche dépasse les 40%... et qu'une bonne part de l'électorat de François Bayrou vote pour elle... Mais si l'ensemble des petits candidats de gauche progressent dans la dernière ligne droite, cela risque d'être au détriment de Madame Royal"... Bref, le spectre du 21 avril, et, du coup, l'appel au vote utile dès le 22... Et à droite ?... Eh bien là, c'est le principe "des vases communicants", pour Dominique Valès, dans La Montagne... "L'électorat de droite est très sollicité, constate l'éditorialiste... Il n'est donc pas étonnant que ce soit entre Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Jean-Marie Le Pen que le ton soit le plus vif... Bayrou doit gagner sur sa gauche, mais ne pas perdre sur sa droite... Il lui faut donc repousser Nicolas Sarkozy le plus à droite possible... Sarkozy, dans la plus élémentaire tactique politique, cherche à récupérer l'électorat du Front National... Il lui faut affaiblir Jean-Marie Le Pen, sans rien faire qui éloignerait de lui ses électeurs... En fait, conclut l'éditorialiste de La Montagne... Si l'on en croit les sondages, la droite est aujourd'hui majoritaire, comme elle ne l'a jamais été depuis trois décennies... L'arithmétique voudrait donc que l'un de ses représentants soit élu... Mais l'alchimie électorale ne se résume pas à des additions"... En fait, dans la presse quotidienne régionale, c'est François Bayrou qui occupe beaucoup de Unes... Le candidat centriste a accordé un entretien aux journaux régionaux... "Il n'envisage que la victoire", salue Nice Matin... C'est "l'avocat de l'ascenseur social", pour L'Est Républicain... Quant au Dauphiné Libéré, il en est convaincu... François Bayrou, c'est "ni droite, ni gauche"... "Ni droite, ni gauche", cela veut dire "coalition"... Et ça alors, eh bien "non merci !", s'écrie Stéphane Marchand dans Le Figaro... "A ceux qui voudraient tenter l'expérience, on recommandera de regarder vers l'Est... Il ne se passe pas une journée sans qu'Angela Merkel, la Chancelière allemande, ne regrette d'être contrainte à gouverner avec les socialistes du SPD... Et pourtant, poursuit l'éditorialiste du Figaro... les Allemands sont des pragmatiques... Ils ont inventé la co-gestion, c'est-à-dire le dialogue social constructif... Malgré cela, ils ressentent cette grande coalition comme un attelage inefficace et hypocrite... Alors les partisans d'une grande coalition à la française peuvent toujours plaider pour une France apaisée, conclut Stéphane Marchand... En réalité, ils nous font prendre le risque d'une République neutralisée"... Voilà donc ce que disent vos journaux... Mais que montrent-ils ?... Photos de presse... Photos de campagne... Télérama se demande si les photographes ne seraient pas otages des candidats ?... L'hebdomadaire se penche sur ce qu'il appelle "les images trop sages de la campagne"... Parce que, dans l'univers du tout-télé, qui capte et retransmet le spectacle plus qu'il ne le décrypte... quel pouvoir reste-t-il à l'image arrêtée ?... L'inflation des appareils photo et des caméras est l'une des marques de cette campagne 2007... Nuée d'objectifs, avalanche d'images... un raz-de-marée que Laurent Chamussy, de l'agence Sipa, observe avec circonspection... Il explique à Télérama... "Jamais il n'y a eu autant de photographes... et sans doute jamais autant de bonnes photos... Mais il n'y a plus de hasard... Avec le numérique, avant d'envoyer, on corrige nos images... parfois aussi on recadre... Résultat : l'ensemble de ce qui est publié dans la presse est léché comme une image de pub... Mais toutes ces photos propres ajoutent-elles du sens ?", se demande le photographe... Comme aurait dit Salvador Dali : "Ce sont des images molles"... Dans tous les camps, les responsables de la communication des candidats veillent au grain... Ainsi, Ségolène Royal a un rapport très méfiant et très distant avec les photographes... "Elle a une peur bleue de son image... Elle a toujours l'impression qu'on va la piéger", explique l'un deux... Et du coup, les interdits pleuvent... Pas de photos à la descente de voiture... Pas en mangeant... Pas non plus en contre-plongée... Chez Nicolas Sarkozy, tous les photographes en attestent... c'est facile... Il offre l'image utile... celle qui rassure le photographe, parce qu'elle rassure son agence... Alors dans Télérama, vous verrez quelques images décalées... où l'oeil du photographe s'est rebellé... L'une d'entre elles... deux mains de femme serrées l'une contre l'autre... ongles manucurés... bagues et bracelet... une photo signée Laurent Troude, pour Libération... C'était le 14 janvier, au congrès d'investiture de Nicolas Sarkozy... Le photographe raconte... "Nous étions parqués face à la tribune... Et j'ai eu le sentiment de subir la mise en scène... Je photographie l'arrivée du candidat... Et je comprends que je ne ferai là rien de plus... Alors je m'intéresse aux militants... Leurs vêtements, leurs accessoires, leurs attitudes, dessinent le portrait du parti"... Autre portrait... Celui des candidats version "portrait chinois marketing"... On a déjà eu "Si j'étais un animal, un chanteur ou un sportif"... Là, dans Les Echos, c'est : "Si j'étais une marque"... Le quotidien économique explique qu'au-delà de l'anecdote, l'exercice apporte un éclairage différend sur la vision que le public a de chacune des personnalités... parce que les marques sont inscrites dans le quotidien... Alors Les Echos a passé les 4 premiers des sondages au crible... "Si j'étais un magazine... une grande surface... un gel-douche... ou un hôtel"... Ca donne : "L'Express... Auchan... Roger & Gallet... Relais et Châteaux"... pour Nicolas Sarkozy... "Psychologie Magazine... Monoprix... Dove... et Relais et Châteaux"... pour Ségolène Royal... "Télé Z... Monoprix... Le Petit Marseillais... et Relais et Châteaux"... pour Jean-Marie Le Pen... "Geo... Intermarché... Le Petit Marseillais... et Gîtes de France"... pour François Bayrou... Allez... Faites vos courses !... Bonne journée...

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