On commence par un retour vers le futur…

A ceux qui vous traitent de « vieux routier de la politique », comme François Fillon, vous avez raison d’opposer un ostensible dédain Bruno Le Maire, la preuve, Aujourd’hui en France/le Parisien nous offre la démonstration ce matin que c’est décidément dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe. « Il remonte sur scène » titre le journal, qui ? Claude François ! Claude François, mais aussi Dalida, Mike Brandt et Sacha Distel. Morts, mais tous ressuscités par la magie technologique de la 3D. A partir du 12 janvier prochain, ce quatuor de stars des années 70 se produira sur scène à Paris sous forme d’hologrammes, images virtuelles reconstituées à partir de leurs modèles réels .Une première mondiale, pour l’instant, on n’avait vu Mickael Jackson ou Elvis Presley que pendant des séquences de quelques minutes. A la manœuvre, le studio d’animation français Mac Guff, qui a notamment réalisé Moi Moche et Méchant, et des dialogues de Bruno Gaccio, ex auteur des Guignols. Investissement colossal, 5 millions d’euros investis. « Pas pour faire revivre les morts se défend le producteur, mais remonter à l’époque où ils étaient vivants » explique t il…un petit côté c’était mieux avant quand même…

Plus sérieusement, on poursuit avec l’enquête sur les attentats de Bruxelles et Paris, après l’arrestation vendredi de « l’homme au chapeau » du commando de l’aéroport de Zaventem

Et quelques éléments nouveaux rapportés dans la presse ce matin : Si les confessions de Mohammed Abrini, l’homme au chapeau donc, sont à prendre avec la plus grande circonspection, un spécialiste belge explique au Parisien que « ces aveux ne correspondent absolument pas au mode opératoire de l’Etat islamique », des indices issus de l’ordinateur retrouvé après le double attentat de Bruxelles appartenant à l’un des djihadistes Ibrahim El Bakraoui, corroborent : 1 que la France était bien visée, le quartier de la Défense et une association catholique intégriste sont cités, et que Bruxelles n’était qu’un plan B exécuté dans la précipitation, Abrini lui évoque l’euro de Football

2, en exhumant un fichier audio détaille Libération, les enquêteurs ont retrouvé des dialogues avec un commanditaire en Syrie. Enfin, c’est le Figaro qui l’affirme, reprenant le quotidien Belge la Dernière Heure, l’un des complices de Reda Kriket arrêté le 24 mars à Boulogne Billancourt, transportait lui « un sac en plastique contenant 3 cartes d’identité mêlées à des défécations et des testicules d’animaux ». La preuve selon les enquêteurs, que les terroristes cherchent même à utiliser des virus et des bactéries. Pour autant, pour l’instant, l’enquête n’a pas établi de lien entre ce 2ème commando présumé, et ceux de Bruxelles et Paris

Terrorisme toujours… il y a deux ans, Boko Haram revendiquait l’enlèvement de 276 adolescentes à Chibok au Nigéria…et depuis ?

C’était le 14 avril 2014, la communauté internationale se mobilisait contre cet enlèvement massif, sur les réseaux sociaux le hashtag « Bringbackourgirls » était retweeté des millions de fois. Depuis ? Phil Hazelwwod et le photographe Stefan Heunis sont repartis il y a quelques jours sur les lieux du drame. Ils racontent leur périple dans le Making of de l’afp…Accompagnés par l’armée qui a repris le contrôle de tout le nord est du pays, ils re découvrent Chibok : « près de ce que fut l’école publique secondaire des filles, le mot filles a été effacé à la peinture noire, de l’autre côté, les dortoirs où ont été enlevées les jeunes filles ont été détruits…en photo, une sandale solitaire, seul vestige qui prouve que l’endroit a un jour été habité. Depuis l’enlèvement des lycéennes, il n’y a plus aucune école publique dans la ville raconte t il, à Chibok dit l’ancien instituteur, « Boko Haram a gagné, eux qui disent qu’ils ne veulent pas d’éducation à l’occidentale ». De la promesse de reconstruction, quelques parpaings laissés à l’abandon. La contre offensive de l’armée nigérianne a permis d’affaiblir les insurgés de Boko Haram, alors le père d’Hawa 15 ans, veut encore y croire « quand je verrai ma fille revenir dit il, je vais ressentir une immense joie dans mon cœur ». Mais depuis 2 ans, personne n’a plus de nouvelles de ces jeunes filles.

Retour en France avec La Nuit Debout, ces rassemblements de citoyens qui essaiment en France

Une soixantaine de villes désormais concernées nous raconte Ouest France, « des nuits debouts qui se rêvent décisives » titre la Nouvelle république, des questionnements qui tournent un peu en rond « comment sortir de l’entre soi pour ce mouvement sympathique » se demande Eric Dupin sur Slate.fr, mais aussi des incidents en Bretagne ou à Paris, et des éditorialistes dans la presse ce matin qui continuent au 12ème jour de se demander de quoi ces noctambules sont le nom. Dans le Parisien, le sociologue Michel Fize veut y voir la manifestation d’un « climat pré révolutionnaire », quand Sébastien Lacroix dans L’union/l’Ardennais estime lui que « l’enthousiasme médiatique pour un tel bouillonnement tient surtout à l’innocuité du mouvement » dit il

En tout cas il y en a qui se découvre Nuit deboutiste : c’est Pierre Gattaz. Dans le Figaro Eco, le patron du Medef reprend, comme les occupants de la place de la République : « stop à la loi El Khomri » dit il. Fini le soutien franc, puis circonspect, cette fois, c’est non à la dernière version du texte « un monument de complexité » assure Gattaz. Il accuse surtout le gouvernement d’avoir cédé à la pression syndicale en remettant les syndicats au centre du jeu dans les entreprises, « tant qu’on aura des syndicats comme la cgt et fo politisés et obnubilés par la lutte des classes, on ne s’en sortira pas » balance t il . Le numéro 1 du Medef qui menace à mots couverts de claquer la porte des discussions sur l’assurance chômage…Bon, pas sûr finalement, qu’il soit totalement Nuit deboutiste Pierre Gattaz

Le Figaro Eco, lui a trouvé l’eldorado, la suisse ! pas de code du travail, pas d’indemnité de licenciement, pas de Smic, pas de 35 heures, et pourtant la paix sociale règne s’extasie le quotidien, et un taux de chômage à 4,5%...bref le rêve

On termine en bref

Avec deux femmes ciblées dans la presse ce matin, Ségolène Royal, ex-présidente de la région Poitou-Charente dont la gestion a été épinglée par un audit du conseil régional d’Aquitaine Limousin Poitou Charente... Deux pleines pages dans l’Opinion, pour fustiger la désinvolture de la méthode Royal, qui en promettant de ne pas relever les impôts, sans réduire les dépenses a surtout augmenté la dette de sa région. Pour l’éditorialiste Rémi Godeau elle est le signe que « notre pays survalorise la parole sur l’action, les fins sur les moyens, l’électoralisme sur le long terme ». Dossier costaud, et à charge

Et Agnès Saal, pointée elle dans Mediapart, l’ex-pdg de l’Ina est aujourd’hui convoquée au tribunal pour ses affaires de taxis… 23 000 euros détournés de fonds publics, pour elle et ses enfants. Mediapart révèle plusieurs SMS avec son fils mais aussi ses filles qui ont bénéficié de ces largesses « maman, on peut avoir un taxi pour 17H30, on est quatre, un monospace ou pas » ? réclame l’une d’elle, « maman j’ai plus de batterie, tu peux nous commander un taxi » supplie à son tour son fils. Aujourd’hui audience de plaider coupable pour Agnès Saal, qui en échange donc de sa reconnaissance de culpabilité, a d’ores et déjà négocié une peine avec le tribunal. Une petite consolation pour celle qui depuis a été démissionnée : ses enfants ne sont pas des ingrats. A chaque taxi accordé, un petit sms « merci mam ».

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