référendum en Turquie, reportage d'E Carrère dans XXI. Hamon, objectif faire 5%! mélenchon choisit ses journalistes

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par un scrutin important…

Référendum dimanche en Turquie où les électeurs sont appelés à se prononcer sur une réforme constitutionnelle qui renforcerait considérablement les pouvoirs du président Erdogan. Dans la revue XXI, à lire, le reportage d’ Emmanuel Carrère. Pour ne pas réitérer l’aveuglement dont nous avons pu faire preuve, face à l’élection de Trump ou lors du vote en faveur du brexit, l’écrivain n’est pas parti à la rencontre de tous ceux qui subissent déjà la férule de fer du nouveau sultan turc ou tous ceux qui s’en inquiètent, « en fait tous ceux qui me ressemblent » confesse Carrère, mais à la rencontre de ceux qui soutiennent le président turc. Retraité du textile, chauffeur de poids lourd, petit peuple d’Istanbul convaincu, sincère et intransigeant. Qui défend contre toute vraisemblance l’intégrité du président, qui en fait le héros de tous les opprimés du monde, qui reprend sans faillir ses saillies contre les kurdes forcément terroristes, prend avec fatalisme la répression et qui est fier de voir leur dirigeant tenir la dragée haute aux arrogants européens…Forcément, Emmanuel Carrère, comme nous, a du mal à comprendre « ils m’ont paru plus convaincus que convaincants même si je suis facilement de l’avis du dernier qui a parlé » confesse t il. Mais ce qui me frappe, écrit il « c’est à quel point la situation du pays tout entier dépend aux yeux de tous d’un seul homme, qu’on l’aime ou pas. En Turquie, la société n’a plus son mot à dire constate t il. Le grand homme et le destin du pays c’est Erdogan, lui seul ». Il est espoir et malédiction, mais le dialogue est rompu entre les uns et les autres. Le mythe du sauveur a ses limites, elles sont à l’œuvre en Turquie, pays asphyxié. Les petits soldats d’Erdogan, par Emmanuel Carrère, c’est dans XXI numéro de printemps

Campagne présidentielle en France, on commence par un candidat en difficulté

« L’objectif maintenant, c’est de rester au-dessus des 5% pour obtenir le remboursement des 14 millions d’euros engagés dans la campagne ». de qui parle t on ? d’un petit candidat ? rien de moins que de Benoit Hamon, le candidat officiel du ps quand même. Sur le site de l’Express, Ludwig Gallet raconte l’embarras, l’incrédulité et parfois la colère qui s’est emparée de son équipe de campagne depuis quelques jours. Pour elle, Benoit Hamon a déjà renoncé ; pour preuve ses déclarations sur France 2 samedi soir, où il répond sans hésiter que s’il ne devait pas passer le premier tour, il appellerait sans barguigner à voter Mélenchon, alors qu’il aurait pu éludern pour preuve encore ses confessions surprenantes sur Rtl hier matin, où le candidat faisait par avance le bilan de sa campagne, énumérant tout ce qui l’avait plombée. Libération ou encore l’Opinion affirment que Benoit Hamon pour présenter « ses 6 premiers mois de président » avait retrouvé la gniaque hier matin, en pilonnant ses adversaires Macron et Mélenchon, « peut on prendre quelques secondes pour parler de ce qui attend les français ? » a-t-il attaqué avec pugnacité…mais à en croire l’Express donc, il n’y a plus grand monde qui y croit autour de lui…D’ailleurs Aujourd’hui en France/le Parisien se projette déjà dans l’après-défaite et nous annonce que le premier ministre en personne Bernard Cazeneuve pourrait bien mener la bataille des législatives. l’opération aurait été validée par François Hollande au cours d’un déjeuner. Seul problème, Bernard Cazeneuve a annoncé qu’il abandonnait son fauteuil de député de Cherbourg, pour devenir avocat… Moyen pour être chef de guerre

Un autre candidat n’est pas non plus au mieux de sa forme…

François Fillon…qui a pour le moins un petit problème avec les dates, sinon avec la vérité. Après avoir indiqué dans un premier temps sur TF1 que sa femme travaillait auprès de lui comme attachée parlementaire depuis 1997,« non, c’était 1988 » s’était-il ravisé, puis finalement 86 . Et bien Mediapart a révélé hier soir que c’est en réalité dès 1982 que François Fillon emploie son épouse, comme « chargée de mission à l’assemblée nationale ». Des contrats dont les policiers de l’office anticorruption tentent de vérifier la validité. Les avocats du candidat confirment les informations du site, mais dénoncent une « fuite à charge »

Et puis décidément, François Fillon n’a pas de chance, même le soutenir n’est pas simple. Il faut dire que le patron des boulangeries Paul, propriétaire des macarons Ladurée également, se l’est joué un peu « old school » ; samedi Françis Holder publie sur le compte twitter de François Fillon, son soutien plein et entier au candidat, ajoutant « je suis l’ambassadeur des 14 000 personnes que forme cette entreprise ». Sauf que ça tousse chez les salariés nous raconte ce matin le Huffington post qui apprécient moyennement cet engagement collectif, mais aussi dans sa propre famille. Son fils David qui dirige Ladurée se fend d’un communiqué pour se désolidariser de l’acte de foi de papa. Quant à l’ épouse du patron, Françoise, elle est engagée elle, auprès d’Emmanuel Macron…

Jean-Luc Mélenchon également à la Une ce matin

« Mélenchon, le nouveau risque français» titre ce matin les Echos. Qui nous explique que la montée en puissance du candidat de la France Insoumise commence à inquiéter les investisseurs. L’hypothèse du scénario noir, un second tour, Le pen/Mélenchon a fait bondir de 10 points le fameux spread France Allemagne, l’écart du taux à 10 ans entre les 2 pays, C’est le programme fiscal de Jean Luc Mélenchon notamment qui ferait frémir les marchés

Des investisseurs qui ont peut-être trop joué au jeu vidéo ce week-end. Le site Arrêt sur image nous raconte comment des sympathisants, bénévoles ont imaginé « fiscal Kombat », un jeu dont Mélenchon est le héros et dans lequel il fait les poches de Macron, Gattaz, Christine Lagarde ou Liliane Bettencourt pour financer son programme. Le principe est simple, vous secouez un riche, pour lui prendre son argent

Mais Jean-Luc Mélenchon aime-t-il lui, être secoué ?

Quand Philippe Poutou a décidé de tourner en dérision la façon dont il a été traité dans On n’est pas couché sur France 2, il parodie la séquence dans un de ses clips officiels de campagne, et sincèrement c’est grinçant et très drôle , Mélenchon préfère lui jouer la politique de la chaise vide, quand ça l’arrange.

« Pourquoi le candidat n’est jamais invité à l’émission phare « En direct de mediapart » s’interrogent les lecteurs du site? François Bonnet, l’un des fondateurs du pure player leur répond : ce n’est pas que nous ne l’invitons pas, c’est qu’il refuse systématiquement de venir depuis 1 an. Pourquoi ? des explications du candidat, mediapart comprend qu’il y a des « inimitiés, des contentieux, voire des accusations de traquenard ». Alors François Bonnet rappelle quelques règles essentielles du journalisme : dans un entretien, les journalistes sont maitres de leurs questions, et les invités maitres de leurs réponses. Les divergences de point de vue, sur la nature du régime de poutine, ou sur la syrie ne sauraient justifier un refus de dialoguer. « Le leader de la France insoumise préfèrerait il une presse soumise ? sa stature de candidat à la présidence de la république l’exonère t il de répondre aux questions les plus sensibles ? » s’interroge à juste titre François Bonnet.

Un mot à ajouter Patrick ?

On termine avec un sujet qui tient à cœur à Augustin Trappenard tous les matins, et qui est peu présent dans la campagne

La Culture !! L’Humanité en fait ce matin son dossier d’ouverture pour que « la culture entre en scène », et a demandé à des artistes ce qu’ils feraient s’ils étaient demain Ministre de la culture. Réponse de Guillaume Meurice, humoriste à France Inter : « je m’engage sur l’honneur, de manuel valls, à offrir un stage de clown à chacun, sauf aux dirigeants du ps qui n’en ont pas besoin, à récompenser la mime pénélope pour son célèbre numéro travail à l’assemblée…plein d’autres propositions tout aussi sérieuses pour terminer par « je m’engage à démissionner pour laisser ma place à François Morel »

Alex, vous vous engagez à rester ?

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