La Passion Game of Thrones dans la voix du Nord, le Parisien, Télérama, Philosophie magazine, et Historia, qui acte l'antériorité de nos Rois Maudits. Le Point s'en va sur Mars, l'Express avec des anglais dans la Creuse, l'Obs ressuscite Pierre Goldman, révolutionnaire, truand, assassiné, dont un roman maudit reparaît.

C'est dans le journal (papier) CNews du groupe Bolloré que les lecteurs ont pu lire une fable antisémite
C'est dans le journal (papier) CNews du groupe Bolloré que les lecteurs ont pu lire une fable antisémite © Maxppp / PIERRE ROUANET

On parle d'une vieille légende antisémite... 

Une accusation de crime rituel venue du Moyen-Age, que le quotidien gratuit CNews, cousin de la télévision du même nom, fleuron du groupe Bolloré, a reprise la semaine dernière, c'est ce que nous révèle le journal en ligne Street Press. Le 2 avril, CNews, sous la rubrique "Ephéméride", racontait l'histoire de l'usurier au nom typique Jonathas Ben Haym, qui en 1290 avait exigé d'une femme endettée qu'elle lui fournisse une hostie consacrée... 

Hostie qu'il poignarda puis jeta dans l'eau bouillante, mais l'hostie était gorgée de sang et l'eau devint rouge, miracle. Jonathas pour son sacrilège fut condamné à mort... Cette fable fut un des mythes de l'antijudaïsme chrétien, en un temps où l'on imaginait que des juifs, en poignardant des hosties, réitéraient le meurtre du Christ... 

L'Eglise a abandonné définitivement les accusations de crimes rituel en 1965, mais CNews, autrefois Direct matin n'a pas encore intégré Vatican 2. Et le journal de Vincent Bolloré a raconté en 2012, 2014 et 2015 la fable de l'hostie poignardée par le juif usurier. Mystère d'une récurrence archaïque dans un media moderne, jusque sur le site de CNews, notre confrère... 

Il est d'autres surgissements du Moyen Age, et tous ne sont pas sordides, souvent même envoûtants, même sanglants. Une saga médiévale nous passionne ce matin, à France Inter et dans nos journaux, Game of Thrones revient en sa dernière saison dans quatre jours. La guerre de grandes familles pour un trône de fer au pays de Westeros inspire, le site de la voix du Nord, celui du Parisien, qui liste les scènes les plus violentes des saisons précédentes, elle fait la une de Télérama, et nourrit des hors série de Historia et de Philosophie magazine, car dans ces combats de braves, de guerrières et de dragons, se dissimulent des vérités. 

Games of Thrones nous parle des invasions vikings, du Mur d'Hadrien qui protégeait l'Angleterre des peuples du Nord, et elle témoigne des conflits éternels que narrait Shakespeare et que commenta Nietzsche... "Ils veulent tous s'approcher du trône, c'est leur folie"... Et vous prendrez donc le plaisir de la lecture et du jeu innocent des détectives, avant de retrouver la saga. Et j'ai, français tressailli de fierté en lisant, dans Historia que nos rois maudits, Capétiens et Valois de notre Maurice Druon et de notre télévision, aurait inspiré George RR Martin, dont la suite romanesque, "le trône de fer", est la matrice de Games of Thrones. 

Le Point annonce déjà nos suites, les séries que l'on mitonne qui nous feront oublier Westeros... Peut-être the Witcher, chasseur de monstres chez Netflix, peut-être Asunda, chez HBO adaptée d'une bande dessinée d'afro fantasy, d'héroïne noire, et ma foi, impressionnante... L'hiver, des séries, ne vient pas.     

Une saga martienne est aussi dans le Point...  

Qui nous faire miroiter la planète rouge à sa une, quand depuis hier, la science nous captive d'un trou noir dont la photo enchante le Télégramme. "Mars c'est du sérieux" dit le Point qui sérieusement liste ce qu'il faudra de fusée et de science pour poser le pied là-haut, dès 2033 selon monsieur Trump... Plutôt à la fin de ce siècle corrige le Point... Je lis dans Ouest France, via l'AFP, que la Géorgie veut, sur Mars cultuiver des vignes, sérieusement!  L'Express, lui, sagement, nous dit ces anglais qui s'installent en creuse où la terre est pour rien; l'Obs, âprement me conte deux écrivains nés de la violence des hommes.

L'un est américain, Nico Walker, vétéran de la guerre d'Irak où il ramassait des cadavres et, rentré au pays, il devient braqueur, il a écrit son livre, Cherry, dans sa prison du Kentucky, où de l'enfer de la guerre et celui de la drogue, il a conçu un chef d'oeuvre... L'autre était français, Pierre Goldman, enfant de résistant et révolutionnaire devenu voyou mais aussi écrivain, qui fut dans les années 70 un remords des gauches qui voyaient en lui un frère égaré et qui l'accompagnèrent, Sartre en tête à son enterrement. 

Il fut assassiné en 1979 par un mystérieux commando, mais deux ans plus tôt avait publié un roman, "l'ordinaire mésaventure d'Archibald Rappoport", qui semblait un aveu de meurtre. Le livre, maudit, avait disparu, il reparaît, et Goldman revient qui voulait enlever Jean-Edern Hallier ou le Jacques Lacan, et braquer la paie du Nouvel Obs... On en sourit. 

A Paris, se tient le procès d'un groupe d'apprentis terroristes, parmi eux Ines Madani une jeune femme acnéique et timide qui sur les réseaux sociaux du djihad se faisait passer pour un homme, c'est un peu dans le Parisien et surtout dans un portrait de Vanity fair, où les fantasmes de sexe et de mort et d'existence d'une étrangère à elle-même, vaudraient  les meilleures séries.  

Et un escamotage pour finir...  

Que l'on doit au Figaro, qui dans ses pages politiques, raconte  le meeting hier soir de la France insoumise à Amiens, avec citations de Jean-Luc Mélenchon, l'article est en ligne, depuis hier soir, et page quatre du journal. "Européennes la France insoumise veut rattraper son retard"... Bien. 

Mais... Si vous tombez au kiosque sur la première édition du journal, à la même place, illustré de la même photo, du même auteur, un autre article, "L'inquiétude monte chez les militants de la France insoumise", où sont reprises, depuis Midi libre, des accusations de népotisme contre le leader insoumis... 

Explication technique: l'article méchant mis en ligne vers 20 heures, occupait la place AVANT le meeting, et les discours l'ont remplacé ensuite, il n'y avait plus urgence à dénoncer les turpitudes mélenchoniennes. Et l'on se plaint des journalistes ? Allons. 

Le Figaro nous raconte aussi ce matin que les expositions de mode, raniment nos villes, mais à Mulhouse, on a volé au Musée de l'impression sur étoffe 440 carrés Hermès. On me dit aussi que le zoo de Vincennes rénové à grand frais est en déshérence, et sa fréquentation a chuté des deux tiers, l'arrivée de suricates va- t-elle rendre la ferveur...

Je lis dans le Parisien, exclusif, d'une étude de l'agence de l'environnement que pour nettoyer chez soi, rien ne vaut le vinaigre banc allié au bicarbonate de soude, éventuellement coupé un peu d'une fragrance d'agrume, ce mélange pollue moins, et est moins dangereux que les nettoyants de l'industrie...Nous sommes parés.

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