Le prochain conflit social majeur sera-t-il à l'hôpital ? "Les Hôpitaux de Paris sont au bord de l'agonie" : c'est la Une de L'Humanité, ce matin, qui nous emmène dans les services de Trousseau, à Paris... Manuela est infirmière au service de néphrologie. "Je suis au bord du burn-out". Elle est désormais la seule infirmière. Et manifestement, il y a plus à plaindre qu'elle. "A l'autre bout du couloir, en pneumologie, c'est l'horreur", lâche l'une de ses collègues, Patricia. A peine le temps de parler au journaliste de L'Huma, elle se précipite dans une chambre : "J'ai oublié de donner à manger à un malade : voilà ce qui arrive quand on n'a pas le temps". En pneumo, à Trousseau, les bronchiolites côtoient les gastros dans la même chambre. Pas le rêve pour éviter les germes... Hôpital au bord des germes et des erreurs médicales... Retour en néphrologie. Aurélie décrit franchement la réalité : "Ca m'arrive d'être seule dans le service, alors que je n'y connais pas grand-chose". Les internes donnent un coup de main : "Brancardage, téléphone, même si ce n'est pas notre boulot". Mais Sophie et Claire se disent "hallucinées" des conditions de travail des infirmières. Elles en retrouvent en pleurs presque tous les jours. Hôpitaux de Paris au bord de l'agonie... Ce qui est en cause, selon L'Huma, c'est le rationnement des soins. Le journal évoque 4000 suppressions d'emplois dans les quatre ans à venir. La grogne va-t-elle prendre de l'ampleur ? Les trois-quarts des médecins qui ont des responsabilités administratives dans les Hôpitaux de Paris menacent d'en démissionner. "Je suis militant UMP et fier de l'être", dit le Professeur Musset, chef du service radiologie à l'hôpital Béclère de Clamart... "Fier de l'être, mais pas pour l'hôpital public. Et je l'ai écrit au Président de la République". (Nicolas Demorand : "Des taxes sur les bonus des banquiers : la presse en parle largement")... "Sus aux bonus", titre Libération. "Nicolas Sarkozy s'accroche donc au wagon anglais". Beaucoup de commentaires en effet... D'abord pour dire que les modalités de cette taxation sont encore très floues. Les Echos rassemblent les principales données, au conditionnel : ce serait 50% des bonus comme en Grande-Bretagne, à la charge de l'entreprise, et à partir de 27000 € de primes. Et c'est une mesure provisoire : une année, dans un premier temps. C'est "le revirement bancaire de l'Elysée", pour Libération. Car, il y a un mois et demi, le Président s'était opposé à une proposition du socialiste Didier Migaud, qui voulait taxer les banques à 10% seulement. On en vient à l'interprétation politique... Pour Grégoire Biseau, dans Libé, "Nicolas Sarkozy est prêt à tout pour être sur la photo, quitte à prendre à revers sa propre majorité. L'opportunisme, en politique, a des vertus". "On peut toujours pinailler, poursuit Laurent Joffrin : voilà une bonne mesure. Elle rapportera un peu d'argent à l'Etat. Elle constitue surtout un geste symbolique important". Geste symbolique ou manoeuvre pour la galerie ? Les sites Slate.fr et Médiapart.fr sont plutôt sur cette ligne... Sur Médiapart, Martine Orange relève d'abord que "les calculs d'apothicaire ne vont pas manquer pour limiter l'ampleur de la mesure. Et puis le fond du problème n'est toujours pas traité : les bonus ne sont que la manifestation la plus visible du dérèglement du système bancaire. Les normes comptables, les fonds propres, l'encadrement des opérations de marché : tout cela n'est toujours pas réglé". Sur Slate.fr, Philippe Reclus parle de manoeuvre, mais côté britannique. "Gordon Brown s'offre un joli coup de pub, mais il n'a pas à redouter la fuite des banquiers de la City. Car, faute d'alternative encore crédible, Londres conserve toutes les chances de continuer à attirer les meilleurs. Le Premier ministre sauve les intérêts de la City en lui évitant une mesure de supervision venue de Bruxelles". Pour éviter complètement la fuite des meilleurs, il faudrait que les autres places financières adoptent la même mesure. Et La Tribune a beau parler d'effet domino, pour l'instant Londres et Paris sont isolées. A propos de ces taxes, Angela Merkel a une expression aigre-douce : "C'est une idée très charmante". (ND : "Inquiétude : le mot revient dans tous les journaux à propos de l'état de santé de Johnny Hallyday")... "Johnny B. Goode !", lance Didier Pobel dans Le Dauphiné Libéré. Il relève un symptôme médiatique : "La grippe H, comme Hallyday". Depuis hier soir, tout ce qui ne concerne pas le French Elvis Presley, comme on l'appelle à Los Angeles, est relégué au second plan... même la remise du Nobel à Obama". Alors Johnny dans tous les journaux... Le Parisien-Aujourd'hui lui consacre quatre pages... avec d'abord un encadré qui s'imposait sur cette expression qui a tourné en boucle, jusqu'au malaise, dans les médias : "coma artificiel". C'est en fait une anesthésie prolongée, pour apporter plus de confort au patient et au médecin dans l'application des soins. Il est très utilisé dans les services de réanimation. Johnny en serait sorti hier soir. Mais le mot "coma" est tellement marquant que ce rappel est utile. Ensuite, Le Parisien pointe la controverse qui pourrait monter dans les jours à venir : le docteur Stéphane Delajoux, qui a opéré Johnny de sa hernie discale fin novembre à la clinique Monceau à Paris, l'aurait laissé partir trop vite à Los Angeles. Il ne lui aurait pas posé de drain, ce qui pourrait être à l'origine de l'infection qui lui vaut aujourd'hui d'être hospitalisé. Johnny à l'hôpital : ce drôle de mélange strass et cathéter est illustré cette semaine dans le magazine Elle. Laeticia Hallyday y pose en tenue sexy. L'interview a été réalisée avant, évidemment. Elle y révèle notamment que les suites de l'opération du cancer qu'a subie le chanteur en septembre ont été compliquées. "Pendant 48 heures, dit Laeticia, il a été en danger". (ND : "Une scène de théâtre, dans Le Figaro")... Je ne sais pas qui est la taupe qui a parlé au journaliste Charles Jaigu, mais il a tout dans sa besace : la mise en scène, le thème de la pièce, et même les dialogues. La scène se passe mercredi matin, dans le Salon Vert de l'Elysée... C'est la réunion de cabinet de la Présidence. Douze à treize personnes autour de la table, un fauteuil vide, celui de Nicolas Sarkozy : il ne participe plus depuis longtemps à cette réunion quotidienne, mais personne n'ose s'asseoir à sa place. Le titre de la pièce, ce pourrait être : "En attendant Guaino"... Le conseiller spécial du Président est absent dans un premier temps, mais c'est de lui qu'on parle. Les conseillers de l'Elysée n'ont pas apprécié qu'il prenne position contre le projet de rendre facultative l'histoire-géo en terminale S. C'est le moment que choisit Guaino pour arriver. La scène commence vraiment. - Claude Guéant : "Nous parlions justement de l'histoire"... - Guaino : "Je m'en doutais"... - Raymond Soubie, conseiller aux Affaires sociales, prend la parole et lui reproche de déstabiliser le Président... - "Tu offres un spectacle indigne", dit un autre collaborateur... Et là, ça a été "nucléaire", selon un témoin de la scène : un clash comme on n'en connaît qu'une fois par an à l'Elysée, et encore... - Guaino reprend la main : "Le Président est le seul qualifié pour me juger. Je ne suis pas le collaborateur des autres. La suppression de l'histoire, ce n'est pas une erreur, c'est une faute". Charles Jaigu tire les conclusions de l'incident nucléaire en restant dans le registre dramatique : depuis quelques mois, Henri Guaino est sombre. Un ministre le décrit comme un tragédien antique "aux côtés du trépied fumant des entrailles d'un animal". Nicolas Sarkozy dit ne vouloir en aucune façon se séparer de son conseiller. Mais un visiteur du soir estime que le processus de divorce est en cours. (ND : "Pour finir : football")... La toute petite brève est dans Libération, à l'adresse des adeptes de Facebook... Le réseau social a changé de politique de confidentialité hier : désormais, si vous partagez vos informations avec tout le monde, sachez que "tout le monde", cela ne veut pas dire les inscrits à Facebook, mais tout Internet. Gaffe donc avant de mettre les images de votre dernière soirée à la vodka-pomme... Le football, c'est d'abord la Une de L'Equipe... Selon le quotidien sportif, quels que soient les résultats des Bleus au Mondial, Raymond Domenech quittera ses fonctions l'été prochain. Et la Fédération de foot n'aurait qu'une obsession : convaincre Laurent Blanc, actuel entraîneur de Bordeaux, de lui succéder. L'un des personnages du foot français pour l'éternité, c'est Eric Cantona... Vous savez qu'il s'est engagé auprès de la Fondation Abbé-Pierre. Nous en avons parlé sur France Inter. Et il publie un livre de photos sur le mal-logement. Les photos sont dans l'hebdomadaire La Vie et sur le site Rue89. "Images fraternelles", comme l'écrit Louis Mesplé sur Rue89. Pas de misérabilisme. Mais Cantona voulait que l'on s'arrête sur ces visages et ces décors. Il a travaillé à l'argentique et au noir et blanc. Il y a par exemple ce jeune homme qui a des faux airs de l'humoriste Elie Semoun et qui pose sous son grand bonnet, bribe de sourire et visage pas encore abîmé. Après, parole à Cantona dans La Vie... Ses grands-parents maternels étaient Catalans anti-franquistes. Ils ont dû se réfugier en France et ont vécu sous des tentes ou des tôles. Côté paternel, les arrière-grands-parents étaient Sardes et vivaient à Marseille dans un minuscule deux-pièces. "Certes, dit Cantona, je vis dans un milieu privilégié aujourd'hui. Mais je n'ai jamais oublié d'où je venais. Quand je travaillais sur les photos, les gens ont dû sentir ma timidité. En revanche, sur la scène publique, je sais crier haut et fort". Après les polémiques sur Thierry Henry, voilà un autre footballeur qui met la main à la pâte, sans qu'il n'y ait rien à redire... Bonne journée...

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