Daria Marx, écrivaine et militante, témoigne parmi d'autres contre la "Ligue du LOL", association de jeunes journalistes qui écrasaient leurs victimes sur twitter. Une femme amputée par le coup de fusil de son mari, Nord Littoral. Une femme amputée parce qu'un nonagénaire perd le contrôle de sa voiture, le Parisien.

On parle de corps ce matin...

Les corps de ces enfants qui à douze ans pèsent 120 kilos et que leurs parents amènent chez le docteur Heuraux à Sedan. Dans l'Union et l’Ardennais, ce pédiatre parle de l'obésité dont on n'est pas coupable, car c'est une maladie chronique, une maladie d'origine génétique dit-il qu'il faudrait dépister... 

"Un enfant ne naît pas gros mais il naît, programmé ou pas, pour devenir gros. La pauvreté, et la mauvaise alimentation qui en découle, font qu'un enfant deviendra plus facilement obèse mais seulement s'il a le gène pour le devenir... »  Face à l'obésité génétique, seule la chirurgie serait efficace, une réduction ou un contournement de l'estomac, dès la sortie de l'adolescence, espérance ou violence?

On parle d'obésité et le Figaro raconte comment des médecins sont durs aux gros parfois. 

« Vous avez les deux genoux abîmés par l"arthrose mais comme de toute façon on ne fait pas de prothèses pour les mammouths on ne peut rien pour vous », un radiologue à sa patiente... 

« C’est de votre faute. Si vous n'étiez pas obèse, vous n'auriez pas ce by-pass et vous n'auriez sans doute pas eu ce cancer », un canceroloque à une malade obèse dont il n'arrivait pas à doser la chimiothérapie... 

A Lille et à Rouen, des centres de simulation en santé proposent aux soignants de porter une combinaison qui augmente leur corpulence. "Les stagiaires gagnent une trentaine de kilos et un mètre de tour de taille. Ils découvrent les difficultés vécues par une personne obèse. Avoir du mal à enfiler des vêtements, ne pas pouvoir lacer ses chaussures, être essoufflé... Mais surtout le regard des autres", ce regard qui explique que des obèses se font moins soigner que les autres.

On parle d'obésité ce matin, et une jeune femme en parle mieux que les autres, et pour si bien en écrire a été la victime d'une conjuration d'imbéciles. Daria Marx est écrivaine et milite contre la grossophobie. Sur son site, elle raconte comment un groupe de jeunes gens l'avait prise pour cible sur twitter.

"J'étais grosse, j'étais une femme, j' étais féministe, cela suffisait à les faire rire; ils étaient journalistes, rédacteurs en chef, en agence de com. J'étais une petite blogueuse banlieusarde, dépressive et agoraphobe. Insultes, photos volées et trafiquées, menaces de viol, menaces de mort; je me réveillais dans la nuit pour voir si le harcèlement avait cessé, je me couchais avec des insultes, je me réveillais avec 40 nouvelles mentions ordurières. "

Et c'est un des témoignages sur la ligue du LOL -ce terme qui désigne un rire empreint de dérision- un groupe de journalistes branchés, qui à l'orée de leur carrière s'étaient regroupés pour s'entraider et pour écraser, des femmes, des féministes, ou des hommes qu’ils jugeaient moins virils qu'eux. Et cette histoire bouleverse le petit monde des journalistes trentenaires et d'internet depuis un article sur le site de Libération vendredi, le site de France inter et celui du Monde résument bien l'affaire.  Et l'on constate que la cruauté machiste, en groupe, n'a pas de frontière idéologique, les vedettes de la ligue du LOL et les journaux auxquels ils collaborent sont de grandes consciences progressistes...

Au Japon, je lis cela sur le site du Monde, un mensuel mythique, Days Japan, va disparaitre. Ce grand journal était l'organe du progressisme au japon, aux cotés des SDF chassés par les travaux des jeux olympique... Oui mais son patron, le grand photographe Ryuichi Hirokawa, harcelait et agressait des femmes et la gauche japonaise, découvre qu’elle en son sein des prédateurs.

On parle de femmes ce matin...

Qui sont toutes deux amputées et courageuses, il y a des matins où les journaux ne nous laissent pas regarder à côté... Karine Boucher n'a plus de bras droit, elle est à la une de Nord littoral... En octobre 2010, son mari qu'elle avait quitté était allé l'attendre devant l'école de son garçon: « J'ai entendu mon fils crier, attention maman, papa va te tirer dessus puis j'ai perdu conscience après la première balle ». A l’hôpital, elle est morte deux fois, réanimée de justesse, puis est venue la gangrène; mais Karine Boucher est là et parle aux élèves du lycée Coubertin... 

La jeune Pauline aux yeux bleus parle au Parisien, elle était à l'arrêt sur son scooter devant un fleuriste quand un homme de 92 ans a perdu le contrôle de sa voiture, rue de la convention à paris. Elle est hantée la nuit, Pauline, d'images de sa jambe détachée de son corps, elle fait le compte d'une souffrance infinie et parle de « ce truc », elle ne sait pas dire « moignon », qui remplace sa jambe. Le Parisien et le papa de Pauline s'interrogent sur les automobilistes trop vieux qu'il faudrait contrôler, elle préfère parler de son espérance auprès de Typhaine, son amoureuse, son « point fixe »... On retient avant tout cela. Les journaux nous laissent aussi le choix de l'espérance.

il est des corps détendus à la Une de la République du centre car on est zen dans le Loiret où le yoga s'épanouit, que Vanessa Pineau, coach et hypnothérapeute, associe à la boxe. Il est un aussi un corps qui gesticule dans la Rep', celui de Vincent Viala, qui donne des conférences pour alerter sur le besoin d'écologie, mais dans ses harangues joue autant de son corps désarticulé que de la parole, on appelle ça des conférences gesticulées...

Dans la Voix du Nord, on me présente des maires qui ne décrochent pas l'âge venu et qui pensent rempiler. Quelle douce moustache moustache blanche est celle de Léon Copin de Noyelle les Vermelles, maire depuis 1971 et quelle densité a son corps, point fixe du village...

Et des corps vaincus pour finir...

Des rugbymen du XV de France défaits hier par l'Angleterre et qui subissent l'infamie des titres, tant le rugby est la force virile du village France humilié, WATERLOO dit Midi olympique, HUMILIES  titrent Sud Ouest, la Dépêche et la Provence, mais c'est l'Equipe qui dit avec la plus simple cruauté notre défaite, UN AUTRE MONDE titre le journal, où un joueur anglais, Owen Farrel, bande dans sa joie le plus impressionnant des biceps, quand Romain Ntamack baisse la tête: et ce biceps nous dit toute une histoire et une psyché virile? 

Notez qu'en page 8, sous le titre « Méconnaissables », l'Equipe fustige la passivité des joueuses de l’autre XV de France battues par les anglaises. Même les filles ne nous sauveront pas, ni les jeunes bleuets, broyés dit Midi olympique, c'est vous dire l'ampleur du désastre. 

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