La Prix Nobel Esther Duflo décrit à l'Obs comment la pandémie a creusé les inégalités entre les enfants. L'Histoire raconte le hiatus entre riches et pauvres depuis le Moyen-âge. La Vie, la Croix et d'autres accueillent un livre et se souviennent du phalanstère d'intellectuels chrétiens "les Murs blancs".

On parle d'une guerre...  

Qui dure depuis trois mois dans la région du Tigré en Ethiopie et qui poursuit le malheur d'un pays qui fut une chanson il y a 36 ans, loin du cœur et loin des yeux  l'Ethiopie meurt peu à peu chantaient Souchon, Cabrel Renaud et France Gall, aux Etats unis Steve Wonder Bob Dylan Michael Jackson, chantaient we are the world, nous sommes les enfants,  et des regards éperdus et des petits corps squelettiques hantaient notre conscience...  

Et bien les revoilà, même s'il n'est pas d'image d'une hécatombe qui se forme loin de nos yeux, l'Ethiopie meurt toujours peu à peu nous dit Libération, une famine menace qui pourrait faire plus de 2 millions de morts, et cette famine nait d'une guerre; elle ravage depuis novembre le Tigré dans le Nord du pays, elle oppose deux factions politiques, le voisin érythréen a envoyé des troupes qui assouvissent de vieilles vengeances. On brule les champs et l'on détruit les réservoirs d'eau, un million de personnes auraient fui leur foyer dans une région coupée du monde.  

Libération a interrogé un père de famille qui a pu sortir d'Aksoum, une ville une ville mythique où dans l'église Sainte Marie de Sion, seraient conservé l'Arche d'alliance et les tables de la loi de Moïse, mais qui a été dévastée par les soldats érythréens, Solomon a ramassé tant de cadavres pour les enterrer, 300, 400, il ne sait plus... 

Mais nous savons donc ce matin, ce matin... Que faut-il pour qu'une tragédie nous pénètre. Le Monde  et Slate notamment ont écrit sur le Tigré, nous avons traité ce conflit africain, et la transformation d'un Prix Nobel de la paix, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, en un chef de guerre implacable... Et pourtant l'Ethiopie est restée une douleur masquée?  

A la fin janvier, dans sa chronique des Echos, le philosophe Gaspard Koenig, se demandait quand nous était venue notre indifférence au monde... "Pourquoi avons-nous ainsi renoncé à notre universalisme ? Quand avons-nous mis au placard la philosophie des droits de l'homme ? Qui a décidé de tourner le dos au devoir d'ingérence?"  

Libération nous dit que sur site de voyage Trip Advisor, rien ne dit qu'Aksoum, berceau de la civilisation éthiopienne, est une cité martyre, mais on donne en revanche de bons conseils pour voyager sans craindre la Covid 19. 

Dans la Libre Belgique, et sur les sites de l'Humanité et de l'Express, un journaliste français, François Saltiel, décrit  l'inhumanité de "la société du sans-contact", c'est le titre de son livre: le rideau que les technologies dressent entre nous et la vie charnelle. Il  dit qu'a minima nous devons savoir que nous sommes avachis, mais Instagram est-elle la seule raison de notre indifférence...   

On parle aussi de la France... 

La France qui politiquement se résignerait à un nouveau duel Macron-Le Pen, dit le monde, et à cette aune la joute ce soir dans Vous avez la parole entre la patronne du RN et le ministre de l'intérieur Darmanin serait une répétition; un round d'entrainement ajoute Sud-Ouest, et pour Darmanin une ambition...  Jean-Luc Mélenchon s'en indigne et explique dans Libération pourquoi lui sera "en exil politique", il rit à moitié chez Cyril Hanouna, pour parler à tout le monde, est-ce de la sociologie.   

Mais sous les pouvoirs, la France irait bien... Faisons-nous face  à la  Covid mieux que les autres se demande le Dauphiné, mais oui, dit le Parisien, qui applaudit les Français, dont les efforts paieraient contre la pandémie...  

Mais que dois-je faire alors du Point qui me raconte l'addiction française à la dette, et que dois-je faire de ce malin qui dans Nice-Matin raconte comment il va à la salle de gym muni de certificats médicaux de complaisance, et que faire encore des Echos qui dans un reportage à Douai me disent comment la justice accueille les entreprises défaillantes, on appelle zombies les boites qui ne vivent plus qu'en apparence, les juges s'efforcent à la vigilance et çà la bienveillance, il ne faut pas broyer les dirigeants...  

Dans l'Obs, la prix Nobel d'économie Esther Duflo en insiste, dans la tragédie mondiale de la Covid, la France a le mérite d'avoir rouvert ses écoles et a donc limité les dégâts sociaux et cognitifs de la maladie... Car celle ci est impitoyable aux enfants de familles pauvres, dont les parents n'auront pas les moyens ou le réflexe de se barder de cours en ligne de cours de musique de cours de code informatique... Quand les enfants reviennent en classe, les profs constatent l'écart tragique creusé entre les gosses. Duflo explique cela dans l'Obs, dans une interview méticuleuse sur les inégalités que la maladie démultiplie... 

Le mensuel l'Histoire nous amène un numéro passionnant sur cette distinction entre riches et pauvres. Au Moyen-âge, l'Eglise célébrait la pauvreté évangélique que des croyants de bonne famille embrassaient pour imiter le Christ, mais on fustigeait la pauvreté ordinaire, la misère sociale qui chez les pauvres développait tant de vices, ivrognerie, lubricité violence égoïsme, et l'on considérait, à l'inverse de l'Evangile, qu'un pauvre, aurait plus de mal qu'un riche a trouver le salut. Cela fait-il écho? Dans un millénaire de lutte des classes, seul le XXe siècle, a tenté le pari de l'égalité, depuis nous connaitrions l'indifférence, se souvient on de l'utopie...

Et on parle d'une utopie pour finir...  

Et visiblement d'un manque, puisque ce matin convergent la Vie, le Figaro, la Croix , l'Express, le Point, pour accueillir un livre intitulé "les Murs blancs. Il raconte des intellectuels chrétiens qui dans les années 1940 voulaient changer le monde et décidèrent de vivre ensemble, dans une propriété de Chatenay Malabry ornée d'arbres centenaires, ils suivaient un philosophe qui à l'individu économique opposait la personne, spirituelle, à chérir, Emmanuel Mounier; les Murs blancs furent le sanctuaire d'une revue prestigieuse, Esprit, et de tant de luttes, contre le colonialisme notamment, le philosophe Paul Ricoeur fut le dernier phare de cette communauté,  qui ne parvint pas à se perpétuer:  les philosophes pensaient trop au monde, et pas assez à leurs propres enfants 

A Calais lis-je dans Nord Littoral, on veut mettre à l'abri du froid les SDF et les exilés. C'est une bonne nouvelle, mais des migrants apeurés préfèrent dormir dans le gel, dorment dehors aussi ceux qui ont tenté la traversée et ont naufrage, ils sont trempés dans le froid.

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