L'obs à la couverture d'une violence inédite... Emmanuel Macron au visage fermé, les lèvres pincées, le regard métallique, un visage en noir et blanc qui monte la garde derrière des barbelés, et ce titre d'une ironie morbide, « Bienvenue au pays des droits de l'homme »...

Et quelque chose se brise ici entre le Président Macron et un journal de gauche qui l'avait soutenu à la présidentielle et l’affiche comme on dépeint un pouvoir totalitaire...

La couverture va diviser, on le lit déjà sur les réseaux sociaux... 

Mais la violence de l'Obs veut témoigner d'un scandale, d'un "déni d'humanité", dont la France serait coupable envers les migrants, déni d'humanité, c'est le mot de Jules Marie Gustave le Clezio, prix Nobel de littérature. 

Regardons les ces migrants, couchés sur le sol, brûlés par le soleil, desséchés par la soif et la faim ; ils ne sont pas des envahisseurs, ils sont nos semblables, ils sont notre famille... 

Mais justement, la France ne les regarde pas.  Entre 2015 et 2016 La Suède a accueilli un réfugié pour 101 habitants, la France, 1 réfugié pour 1340 habitants... 

L'Obs raconte Mohammad Basir Ibrahimi, un Afghan qui a risqué sa vie pour la France, il était interprète pour l'armée française à Kaboul, nous lui avons pourtant refusé un visa et il est aujourd'hui clandestin...

Ce dossier ne vient pas au hasard; cette question des migrants a marqué une rupture entre Emmanuel Macron et une partie de ses soutiens...

Le Monde et le Figaro disent que le pouvoir veut "déminer"...  Le Figaro expose les enjeux de la politique migratoire, dans un dossier aussi équilibré que son éditorial est engagé.

Il faut faire passer la raison et avant l'émotion et en finir avec la néfaste politique des bons sentiments...  

Dans la question migratoire se retrouvent des identités éditoriales.

Dans la croix, on apprend que l'église organise  ce dimanche la journée mondiale des migrants... On ne parle plus de gauche ici mais de l'idée du christianisme, ou d'un esprit de charité.

Le journal society est allé chercher la compassion dans les montagnes de Serbie à Bosilegrad, 10000 habitants dont 60 réfugiés... Et le reportage de society est roboratif comme les Balkans avec un maire en jogging, Vladimir Zaharijev coiffé façon heavy metal, le mulet dans le cou, un 4.4 Nissan qui fait jaillir une musique turbo folk boumboum, et des migrants qui jouent au football le soir avec les hommes, Vladimir est dans les buts...

Ca a l'air simple, vu de Serbie? 

La liberté des femmes est en débat

Et elle fait la Une de Libération qui met en scène la dispute entre les jeunes féministes qui défendent le « balance ton porc »... et ces femmes emmenées par Catherine Deneuve qui revendiquent le droit d'être importunée, pour défendre la liberté sexuelle...

La presse étrangère s’amuse de ce débat français... 

Une philosophe et sociologue vient nous aider à comprendre, elle s'appelle Eva Illouz, elle est l'invitée du mensuel Philosophie magazine qui tombe à pic avec sa Une... Peut-on désirer sans dominer?

Et la domination est forcément économique, et on ne comprend rien aux questions de harcèlement et de violences sexuelles si on l'oublie.

Là où Deneuve défend la libération sexuelle, Illouz constate une duperie. 

"Les femmes ont été les grandes perdantes de la révolution sexuelle".  Cette révolution, dans les années 60, a détruit les cadres d'une sexualité régulée par la morale, pour faire entrer le sexe dans la règle de l'offre et de la demande,  "vous pouvez faire tout ce que vous voulez  pour autant que la personne est consentante". 

Mais il n'y a pas de consentement réel sans égalité...

"On a libéré la sexualité sans toucher au pouvoir économique et social des hommes.  Les maîtres de l’économie sont tous des hommes, sans exception... Les femmes restent pour la plupart éloignée de la grande fortune et de la propriété. Elles sont en situation de vulnérabilité structurelle dans un marché sexuel ouvert et déstructuré."

Le sexe, l'argent et le pouvoir... on trouve ce tryptique de manière faussement baroque, encore dans society... qui raconte Yevgeniya Ivanyutenko, 28 ans, montréalaaise d'origine biélorusse, qui est... dominatrice financière… et il ne s'agit pas de sexe, il s'agit d'argent.... 

Elle passe ses journées à donner des ordres, ridiculiser, se moquer souvent, et encaisser les chèques. J’ai pris de l’argent d’hommes en pleurs, j’ai demandé à un mec de faire l’amour à une pastèque, j’ai eu un esclave qui faisait les courses pour moi 

Society décrit un marché, un fétichisme, une perversion, ou une revanche. 

Yevgeniya est heureuse...  

Pendant des années, j’avais été en position de soumission, avec mon père, avec mes petits copains, au travail. En étant dominatrice, je reprenais le contrôle.

La question du pouvoir et des femmes... On la trouve aussi dans le point dans le portrait de Ksenia Sobtchak, candidate à la présidentielle contre Vladimir Poutine, une femme de 36 ans, fille d'un ancien maire de Saint-Petersbourg, longtemps trop belle et glamour mannequin et animatrice de téléréalité, mais qui  a rejoint l'opposition alors qu'elle avait quelque chose a perdre. Le point a voulu la prendre au sérieux...

On termine avec le bilan de la visite d'Emmanuel Macron en Chine

Avec cette une de la Provence qui dit mieux que tous les discours sur l'égalité et le partenariat la vérité d’une relation.

« Provence chine, la bonne affaire », titre le journal... Le groupe Quenchen va investir 100 millions d'euros et créer 130 emplois sur le port de Fos pour fabriquer des pneus… « La provence est sur la route de la soie » dit le journal... Le désir est une domination... Et ce n'est pas genré...

Pour se remettre, on lira dans la Nouvelle République le portrait de Hadrien Lesueur. Ce français de Rouvres, Eure-et-Loir, a gagné la coupe du monde de Shuai jiao, la lutte chinoise et a battu un chinois honteux de perdre contre un occidental... 

Virilité, finalement.

   

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