Bonjour... Mais où est donc passé l'été ?... Eh oui, les discussions de café du commerce font aussi la Une des journaux... "Où est donc passé l'été ?"... C'est le titre de La Montagne, qui nous dit que l'embellie météo espérée sera sans doute de courte durée... "De la pluie"... C'est le titre de l'édito de Francis Brochet, dans Le Progrès... "Mais c'est quoi ce temps pourri ?", s'exclame-t-il, en faisant le tour des désastres de ce temps pluvieux... "Les soldes en faillite et les festivals grêlés, le Tour de France dérapant sur les chaussées détrempées, le mildiou qui tombe sur la vigne et la moniliose sur les vergers, les plants de cannabis transformés en pétards mouillés... On y reviendra... Les barbecues annulés... Le gouvernement est demeuré inactif et muet... jusqu'à notre hyper-Président qui se tait... C'est là, disons-le clairement, son premier échec : temps pourri : mais que fait Sarkozy ?"... Sarkozy, eh bien il envoie ses femmes au combat... Après Rachida Dati dans l'ambiance feutrée du Sénat, c'est Christine Lagarde... la ministre des Finances, de l'Economie et de l'Emploi... qui a affronté hier les huées de l'opposition à la tribune de l'Assemblée... Libération, très gauche caviar, note, sous la plume de Muriel Grémillet, que "cette fois, elle n'avait pas mis de bleu, Christine Lagarde... La ministre de l'Economie est montée à la tribune sans son célèbre pashmina azur... Autour du cou : un flamboyant foulard orange... seule surprise de son intervention... La ministre, avocate d'affaires internationalement reconnue, a parlé pendant trois quarts d'heure de "la France qui veut rompre avec la tradition du mépris qui touche au travail"... des propos, note la journaliste de Libération, qui lui ont valu d'être sans cesse interrompue par la gauche... socialistes, Verts et communistes hurlant depuis leurs bancs "Pitié pour les riches !"... "Christine Lagarde est bien dans la ligne du patron", constate Daniel Ruiz dans La Montagne... "Au pas de charge et sans complexes, elle clame haut et fort qu'il faut réhabiliter l'argent"... Il est vrai que ce paquet fiscal comporte une mesure qu'on n'attendait pas... un "allègement surprise", comme le qualifie Les Echos, de l'impôt sur la fortune pour les propriétaires... un amendement qui porte l'abattement de 20 à 30% sur la résidence principale... Comme l'explique Le Figaro, "le gouvernement souhaite faire un geste particulier en direction des Français moyens qui, sans être riches, ont vu flamber la valeur de leur résidence principale, et ne peuvent prétendre au bouclier fiscal"... Et, précise La Tribune, sous la plume de François-Xavier Pietri, "les députés qui défendaient les propriétaires de l'île de Ré n'ont pas gagné la partie, mais ils viennent de remporter une petite manche"... Les Echos explique que "les propriétaires tombés sous le coup de l'ISF en raison de la flambée des prix de l'immobilier peuvent espérer échapper à nouveau à cet impôt"... Les Echos cite l'exemple d'un couple possédant une maison achetée 500.000 euros en 2002... "En 2006, cette maison atteint une valeur de 790.000 euros... Avec un petit portefeuille d'actions, il passait la barre des 760.000 euros de l'ISF... Avec 30% d'abattement, il ne la passera plus l'année prochaine"... Mais Les Echos cite aussi le cas des très riches... "Le propriétaire d'une résidence principale de 5 millions d'euros bénéficiera désormais d'un abattement supplémentaire de 500.000 euros, ce qui représente tout de même 9.000 euros d'impôts en moins"... Comme le titre Le Canard Enchaîné de cette semaine, "un vrai feu d'artifisc qui va faire du pétard"... Christine Lagarde... Rachida Dati.. Valérie Pécresse... Comment se comporte Sarkozy avec ses ministres... mais aussi avec les femmes en général ?... C'est la grande enquête de L'Express cette semaine... "Sarkozy et les femmes"... Rien de people ou de salace... C'est une enquête très politique, menée par Eric Mandonnet et Elise Carlin... une enquête sur un Président qui a longtemps cru que la politique était une affaire d'hommes, avant de changer d'avis... Comme le dit Roselyne Bachelot, "Nous, les femmes, avons droit à une considération et une écoute incomparables... comme s'il était dans un état de recherche de quelque chose... Ce ne fut pas toujours le cas", avoue la ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports... "Mais à l'occasion de l'élection présidentielle, il a opéré une vraie mutation, un travail sur lui-même"... Un travail que ne reconnaît pas la psychanaliste Elisabeth Roudinesco... "Je reste sceptique, dit-elle, non sur la volonté mais sur les résultats... Je crois qu'il faut mettre en avant les plus compétents, que l'on ne peut pas forcer la marche des choses... Or, dit Elisabeth Roudinesco, il y a chez Sarkozy une politique de forçage de tout, la volonté d'être aimé de tous, de promouvoir les femmes... Il veut leur bien, à condition que tout le monde soit d'accord avec lui"... D'ailleurs, à l'Elysée, on le sait bien : il y a une porte pour accéder à Sarkozy... C'est sa femme, Cécilia... "Cécilia la discrète", comme la nomme L'Express... "A Paris, elle se montre peu, choisit elle-même les mises en scène dans lesquelles elle veut se donner à voir, comme la préparation de la Fête de la Musique dans les jardins de l'Elysée... Mais dans l'entourage du chef de l'Etat, on sait que la convaincre, elle, de l'importance d'un rendez-vous avec lui suffit à l'obtenir"... Alors Sarko et la météo... Sarko et les femmes... et pourquoi pas Sarko en magicien ?... C'est Bernard Revel, dans L'Indépendant du Midi, qui ose le rapprochement... "Il y a un côté Harry Potter chez lui... Un Harry Potter sans baguette magique, mais tout aussi décidé que le jeune sorcier à vouloir changer le cours des choses... Est-ce son miroir (devant lequel il se rase) qui lui a soufflé l'ouverture ?", s'interroge Bernard Revel... "En tout cas, il semble avoir trouvé là son nouveau rêve : mettre à bas l'ordre ancien... Bien sûr, tout cela n'est pas fait sans arrière-pensée", reconnaît l'éditorialiste... "Quelque part, cela doit l'amuser aussi de mettre le Parti Socialiste dans l'embarras"... Alexis Brézet reprend l'image des sortilèges dans Le Figaro... "Sortilèges quand les 27 Européens ont fait savoir, le lendemain de l'intervention du Président français devant les ministres des Finances, qu'ils soutenaient la candidature de DSK au FMI... L'état de grâce serait-il aussi une denrée d'exportation ?"... Dominique Garraud le reconnaît dans La Charente Libre... "Le consensus réalisé autour de la candidature de DSK sonne, pour Nicolas Sarkozy, comme un nouveau succès européen, et une sorte de consécration de sa politique d'ouverture à gauche... Quant à Dominique Strauss-Kahn, selon Dominique Garraud, il est aujourd'hui en droit de se poser quelques questions sur la nature de ses rapports avec le Parti Socialiste... Ecarté par les militants de l'élection présidentielle au profit de Ségolène Royal, ce chantre d'une social-démocratie moderne se retrouve aujourd'hui adoubé par nombre de tenants d'une Europe libérale pour prendre la tête du Fonds Monétaire International"... "Pendant ce temps, à Paris, reprend Alexis Brézet dans Le Figaro, le PS, qui voit l'un de ses plus sérieux présidentiables s'éloigner, ne sait plus à quel saint se vouer... Comment reconstruire le parti quand Sarkozy, brique après brique, le déconstruit ?"... C'est "la fuite des cerveaux", constate Jean-Pierre Bédei dans La Dépêche du Midi... "Une évaporation socialiste, dit-il, qui affaiblit un parti totalement désemparé après ses deux défaites électorales... Plus que l'ouverture politique, c'est ce malaise inédit que symbolise le départ de Strauss-Kahn pour le FMI... Alors qu'il avait annoncé, au soir même de la défaite de Ségolène Royal, qu'il se situerait au premier rang de la bataille pour la refondation du PS, DSK jette l'éponge pour prendre le large... Estime-t-il que la conquête de l'Elysée passe par Washington ?", s'interroge Jean-Pierre Bédei... A rapprocher de cette réflexion d'Henri Emmanuelli, dans Libération... "Je m'interroge, dit-il, sur la possibilité, pour un dirigeant socialiste, de s'épanouir à la tête du FMI"... On termine cette revue de presse en picorant quelques informations ici ou là... D'abord dans Le Monde, ce titre sur "l'addiction française au cannabis"... La France figure parmi les pays les plus consommateurs en Europe, tant chez les adolescents que les jeunes adultes... Les chiffres sont là, donnés par l'Observatoire français des drogues et toxicomanies : 1 million 200.000 personnes consomment régulièrement du cannabis (régulièrement, ça signifie au moins 10 fois par mois)... 550.000 en fument tous les jours... et 200.000 en cultivent chez elles... Le cannabis s'est répandu sur tout le territoire, et dans tous les milieux sociaux... Le Parisien-Aujourd'hui en France... qui publie une bande dessinée sur "les forçats de la route"... pose aussi la question : "Pourquoi le cyclisme reste un sport de Blancs ?"... C'est vrai que l'immense majorité du peloton, sur la route du Tour, est encore européenne... Et puis, "comme il est né au coeur de la vieille Europe, explique Lionel Chami, le cyclisme sur route est longtemps resté l'affaire des seuls Belges, Italiens, Espagnols, Français et Néerlandais... En France, avec 2 Guadeloupéens et un Français d'origine algérienne, qui ne participent d'ailleurs pas au Tour de France, le peloton pro est loin d'être black-blanc-beur comme en foot ou en athlétisme"... Le journaliste constate qu'en province, comme en banlieue, le vélo souffre de sa ringardisation... Comme le dit un des dirigeants d'Aubervilliers : "en banlieue, Parker et Zidane font rêver, pas le champion cycliste"... Saïd Haddou, seul coureur professionnel français issu de l'immigration, est né dans une cité de Clamart, dans les Hauts-de-Seine... "Pour un jeune de cité, dit-il, pratiquer sérieusement le cyclisme constitue un véritable parcours du combattant... Il y a les contraintes financières, les différences culturelles... Chez moi par exemple, personne ne connaissait rien au cyclisme"... Il y est venu totalement par hasard... "A 6 ans, dit Saïd Haddou, des voisins m'ont emmené assister à une course, et ça m'a bien plu... Mais si on ne m'avait pas aidé au niveau du matériel ou en m'accompagnant, je n'aurais jamais persisté"... Et puis pour les Blancs bronzés qui ne veulent pas brûler, sachez que "c'est la fin de l'écran total"... C'est encore Le Parisien qui nous l'annonce... A partir de juin de l'année prochaine, cette inscription sera interdite sur tous les produits de protection contre le soleil vendus dans l'Union européenne... "Aucun produit ne peut en effet prétendre protéger totalement contre le soleil", dit l'Institut national de la consommation... "Désormais, il y aura des crèmes à protection faible, moyenne, haute ou très haute"... Mais pour cela, il faut peut-être attendre le soleil...

Denis ASTAGNEAU

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