Bonjour... "Tout le monde a été, est ou sera maoïste"... Sentence signée Bernard Revel, dans L'Indépendant du Midi... Bon, l'éditorialiste concède que c'est une réflexion caricaturale, que lui a inspirée la passe d'armes d'hier entre Daniel Cohn-Bendit et Nicolas Sarkozy... "Celui qui, sous le nom de guerre de 'Dany le Rouge', menait la révolte des étudiants maoïstes en Mai 68, a eu des mots durs pour le chef d'Etat français, coupable d'aller à Pékin participer à la mascarade du Parti Communiste chinois"... Et Bernard Revel s'interroge : "Sarko maoïste ?... Ce serait le comble, pour quelqu'un qui a toujours vitupéré Mai 68"... Chantal Didier remarque aussi cette rencontre inusitée, dans L'Est Républicain : "L'icône de Mai 68 face au pourfendeur des mêmes événements... Bien que devenu Vert, 'Dany le Rouge' n'a rien perdu de sa verve"... "Mais tout vif qu'il était, ce débat s'est révélé, au bout du compte, un magnifique moment de démocratie", s'extasie Francis Lachat, dans Le Courrier Picard... "Au fond, reprend Bernard Revel, ces deux bêtes politiques n'ont pas des positions très éloignées... L'un et l'autre affirment défendre les droits de l'homme... Seule leur méthode diverge"... Pas d'accord avec ce consensus mou, Jean-Christophe Giesbert, dans La Dépêche du Midi, parle de "l'hystérie de Daniel Cohn-Bendit, dernière médaille d'or de la surenchère verbale"... Et il dénonce "la lapidation médiatique que subit actuellement Nicolas Sarkozy... Elle n'a rien à envier aux plus cruels des supplices chinois... On peut reprocher beaucoup de choses à Nicolas Sarkozy, poursuit l'éditorialiste de La Dépêche... Mais force est de reconnaître qu'il est particulièrement injuste de le vilipender de la sorte sur la question des Jeux Olympiques... injuste et stupide"... Manifestement, Jean-Christophe Giesbert est l'un des seuls à prendre la défense d'"une politique flageolante", comme le dit Michel Richard dans Le Midi Libre... "une politique propre à mécontenter tout le monde, et d'abord la Chine, qui veut rafler la totalité de la mise, fromage et dessert, soit la venue de Sarkozy et la renonciation de ce dernier à rencontrer le Dalaï Lama"... Le Monde daté d'aujourd'hui estimait déjà que "Nicolas Sarkozy a mal joué avec la Chine, au risque de perdre sur tous les tableaux... Les responsables chinois ne se privent plus aujourd'hui de traiter la France comme un tigre de papier dont les menaces ont des allures de rodomontade"... Mais oui, s'interroge Hervé Cannet, "qui peut imaginer vraiment qu'un chef d'Etat étranger arrivant à Pékin pour les Jeux puisse prétendre remettre aux dirigeants chinois une liste de prisonniers politiques à libérer ?... avec une chance de succès, s'entend"... Et le journaliste de La Nouvelle République du Centre-Ouest explique le grand écart de Nicolas Sarkozy : "Entre les contrats à assurer et l'image de la France chantre des libertés, il n'arrive pas à adopter la ligne de fermeté qui lui assurerait le respect de ses interlocuteurs"... Oui, "un week-end d'enfer pour Nicolas Sarkozy", comme le dit Xavier Panon dans La Montagne... "Car il va enquiller jusqu'à lundi les échéances diplomatiques délicates, et même à hauts risques... Après Strasbourg et la Chine, le grand raout de l'Union pour la Méditerranée dimanche... Si le ballet des Européens, Arabes et Israéliens se déroule sans anicroche, ce sera déjà un lancement réussi", dit Xavier Panon... Et pour cause, renchérit Dominique Quinio, qui relève, dans son éditorial de La Croix, que "quelques chefs d'Etat des pays méditerranéens ne brillent pas par leur attachement à la démocratie, et qu'ils assombriront le tableau"... Dominique Quinio, qui n'évite pas quelques lieux communs (style "la Méditerranée, carrefour entre Nord et Sud, Orient et Occident"), croit au moins à un succès d'estime pour un projet qui a connu bien des vicissitudes, Européens comme Méditerranéens n'étant pas tous enthousiastes devant cette relance du processus de Barcelone... "Mais, dit-elle, il faut donner une chance aux rêves... Les organisations régionales ne sont certes pas la panacée, mais elles sortent les pays de leur isolement et de leur égoïsme"... Des bonnes notes et des mauvaises notes... Vous savez que la mode est à l'évaluation... Le Point de cette semaine donne des notes aux ministres... Un jury de personnalités a classé l'équipe gouvernementale... Le bon élève, c'est toujours Xavier Bertrand, avec plus de 14 de moyenne... Mais Xavier Darcos remonte de 6 places, et le ministre de l'Education se classe juste derrière le prix d'excellence... Il détrône ainsi Martin Hirsch, qui reste malgré tout sur le podium... La plus belle chute est enregistrée par Rachida Dati, qui perd 10 places... alors que Nathalie Kosciusko-Morizet en gagne 8... Mais il n'y a pas que les ministres soumis au banc d'essai... Nicolas Sarkozy, lui aussi, y a droit dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... Les 55 mesures qu'il a annoncées depuis un an sont passées au crible... Il y a 7 dossiers bouclés... plusieurs mesures lancées, comme le Grenelle de l'Environnement... et pas mal de projets laissés de côté, comme les enfants de la Shoah ou les droits de l'homme... Le Parisien-Aujourd'hui en France a sorti ce banc d'essai d'un sondage... globalement négatif : 57% des personnes interrogées par CSA ne sont pas satisfaites de l'action de Nicolas Sarkozy un an après son arrivée à l'Elysée, alors que 38% la jugent positive... C'est exactement l'inverse pour l'avenir : 58% des personnes interrogées pensent que le Président sait où il va , contre 37% d'un avis contraire... Maoïstes, je ne sais pas... Sarkozystes, non plus... Mais est-ce que vous êtes "poivristes" ?... On peut être agacé par le bruit médiatique du départ de Patrick Poivre d'Arvor de TF1, mais j'ai quand même compté ce matin six éditorialistes qui en ont fait leur chou gras... sans parler de la Une du Figaro, qui nous donne le temps de passage : "TF1, 20h35, Patrick Poivre d'Arvor s'en va"... Et en page 2, un grand article d'Anne Fulda, sur "Poivre ou l'amertume d'un héros cathodique"... "un héros", rien que ça... Après tout, c'est vrai qu'Etienne Mougeotte, le directeur de la rédaction du Figaro, a veillé sur PPDA pendant ses 21 ans de "20 Heures"... "Entre nous, dit Jacques Camus, de La République du Centre, Patrick Poivre d'Arvor doit une fière chandelle à TF1... La brutalité avec laquelle la direction de la chaîne privée l'a viré a permis au présentateur du JT le plus célèbre de France de partir en beauté... Il doit rendre grâces aux petits comploteurs de la chaîne privée... Grâce à eux, il s'en va paré de l'auréole du martyr"... C'est vrai, reconnaît Gérard Noël dans La Liberté de l'Est, "au regard des services rendus, il pouvait prétendre à une sortie moins violente"... "Une violence qui s'installe peu à peu dans les relations sociales", remarque Bruno Dive, dans Sud-Ouest... "De par son statut, son salaire et son âge, Poivre d'Arvor n'est certes pas le plus à plaindre, et il ne se plaint d'ailleurs pas... trop... Mais il symbolise finalement le sort de ces milliers de salariés frappés par des décisions brutales, et pas seulement dans les rédactions... Hier soir, dit Bruno Dive, Patrick Poivre d'Arvor est redevenu Monsieur Tout-le-Monde"... "L'homme qui murmurait à l'oreille des ménagères de moins de 50 ans", comme le qualifie Jérôme Arnoux, dans L'Alsace... "On s'en remettra, c'est sûr", reprend Guilhem Beauquier dans L'Union... "Et on pourrait même remercier TF1 de nous l'éviter jusqu'en 2012, ainsi qu'il était prévu"... L'éditorialiste rémois n'est manifestement pas "poivriste"... "Patrick Poivre d'Arvor a fini par incarner, même s'il s'en est toujours défendu, la collusion entre politique, économie et médias d'information... Cette collusion ne date pas d'hier, et n'est pas propre à PPDA et à TF1... Mais c'est là que, depuis des années, se concentrent tous les petits arrangements entre amis"... Patrice Chabanet, dans Le Journal de la Haute-Marne, est plus consensuel... "On ne peut que saluer le départ d'un confrère qui a su fendre les vagues d'information pendant plus de vingt ans"... Et Nicolas Sarkozy, où va-t-il passer ses vacances ?... C'est ce que se demande Fabrice Rousselot, dans Libération... "Après les agapes de Malte et de Wolfeboro, et au vu des préoccupations de ses compatriotes, le Président serait sans doute bien inspiré cette année de faire un peu plus dans la discrétion et un peu moins dans l'ostentatoire"... Libération relève que les vacances des Français seront marquées cette année du sceau du pouvoir d'achat... "Partir quand même", dit Libé...

Denis ASTAGNEAU

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