1-0 pour le Portugal, les Français sont "accablés" mais pour une fois la défaite n'est pas orpheline !

La défaite des Bleus en final de l'Euro 2016, dans la presse.
La défaite des Bleus en final de l'Euro 2016, dans la presse.

Une revue de presse évidemment largement consacrée à un titre principal. Avec un champ lexical balayé de fond en comble, autour de la tristesse ou de la désillusion pour parler ce matin de la cruelle défaite des Bleus.

Alors on est beaucoup sur le registre de l’émotion : « Accablés » titre l’Equipe, avec un Pogba qui se cache la tête sous son maillot, « c’est un poignard en plein cœur » s’enflamme Vincent Duluc, cruel, « Trop cruel » pleure la Dépêche du Midi

« Le rêve brisé » pour la Voix du Nord, quand pour Sud Ouest, c’est « le cœur qui est brisé »…tout se brise donc, et tout s’envole, « Le rêve bleu s’est envolé » regrette Le Courrier de l’ouest. « Quelle déception » s’exclame le Courrier picard.

Aujourd’hui en France le Parisien nous la joue sur un mode plus fataliste, se contentant d’un « c’était pas notre jour », avec à sa Une la Seleçao brandissant triomphalement la coupe d’Europe…et il faut bien avouer qu’ils sont rares d’ailleurs les journaux français à ouvrir sur l’équipe de la victoire, les Dernières Nouvelles d’Alsace se singularisent donc avec leur Une sur cet « Euro qui envoie le Portugal au paradis du foot »…

Des larmes donc, mais pas d’aigreur, et même parfois un brin de facétie…quelques-uns osent dans ce moment de deuil national, jouer sur les mots : « A la Eder minute » titre Nord Eclair pour reprendre le nom du coupable buteur portugais, « Comme des Bleus » résume Libération, comme des Bleus qui nous ont fait rêver mais qui se sont faits avoir comme des Bleus et nous laissent avec des bleus au cœur…Et enfin l’Humanité s’amuse avec un « Merci pour ce moment »..cruel souvenir d’une autre séquence qu’a dû affronter François Hollande … c’était le titre du livre de son ex compagne Valérie Trierweiler. On peut perdre et garder le sourire

Au-delà de la défaite Hélène, la presse retient tout de même quelques leçons de cet euro de football

Oui pour une fois, la défaite n’est pas orpheline. Elle marque d’abord la « renaissance d’une génération bleue » comme le dit encore l’Humanité, et un hommage unanime est rendu à un homme ce matin, DD, Didier Deschamps le « bâtisseur » comme le surnomme le Figaro. L’ancien sélectionneur Raymond Domenech lui rend un hommage vibrant dans le Parisien « avant même la finale, Didier avait déjà gagné dit il. il énumère tous les choix faits par Deschamps pour arriver à cette finale, de Benzema à Varane , sommés de rester chez eux, DD tranche dit il, il a du nez. Comme moi en mon temps, dit il sans réelle modestie, malgré les critiques, les polémiques, il a su faire. Chapeau bas »

Mais ce parcours au fil de l’Euro marque surtout un pacte renoué avec les Français. « merci d’avoir retissé l’histoire d’amour entre les bleus et la nation des supporters écrit Philippe Marcacci dans l’Est Républiacin, merci pour cette douce brise aux allures d’ivresse », Reconnaissance donc, « ces 11 joueurs poussant un ballon ont su redonner au pays un peu de l’énergie qui lui faisait défaut et aux français un peu de fierté, dit aussi François Woktalik dans le Courrier Picard, qui néanmoins pose la question : jusqu’à quand saurons nous en profiter ? »

Tiens d’ailleurs, à quoi, à qui peut profiter la fin de cet auto french bashing ?

Un indice : Dans la Voix du nord, Mathieu verrier estime que le fait que « les français aient été capables de voir un peu de bleu dans leur ciel, constitue une chance infime pour un président pris depuis des années dans la spirale du dénigrement ». Ah, François Hollande donc ? Dans les Echos, Cécile Cornudet explique : Le « ca va mieux » de françois hollande sur l’économie était tombé à plat reconnait-elle, mais cette fois, ce sont les français qui le disent ça va mieux, ils ont crié, appris le clapping, vibré, espéré. L’euro c’est la version solaire de la grande marche post charlie, le baume après attentat. Pour son dernier 14 juillet du quinquennat, le chef de l’Etat entend donc dit elle, incarner le bonheur, et enfin le soleil. L’euro pour Réparer Hollande ? Cécile Cornudet termine néanmoins sur un point d’interrogation

En tout cas, Nicolas Beytout à la Une de l’Opinion s’en étrangle déjà. Dans ses commentaires footballistiques, genre « un bon gardien, c’est essentiel », François Hollande atteint ses sommets dénonce t il : il ne parle que de lui !!! On attend maintenant avec impatience, raille l’éditorialiste, ses interventions sur le Tour de France, du genre « chaque étape compte et ce n’est qu’à la fin qu’on connait le vainqueur ». Après l’anaphore et la métaphore, accuse t-il, voilà que François Hollande propose la cataphore aux Français. Cataphore, définition : « endormissement profond sans fièvre ni délire ». Bon, Beytout ne croit pas trop à l’effet papillon de l’équipe de France sur la popularité de François Hollande. En attendant le Parisien souligne que si la droite « crie à la récup de la part de Hollande », elle est un « peu mauvaise joueuse sur ce coup », puisque elle, avait vilipendé par exemple les fans zones, « absurde, trop dangereux » s’était étranglé le sarkozyste David Douillet. Et finalement, ça ne s’est pas si mal passé

En dehors du foot Hélène, il y a une vie…et 2 hommes sont pointés du doigt ce matin

José Manuel Barroso a annoncé vendredi son arrivée chez Goldman Sachs. « C’est un bras d’honneur à l’Europe » accuse Jean Quatremer le correspondant à Bruxelles de Libération. « c’est un homme qui a gravement affaibli l’europe communautaire et ses institutions qui se recycle dans une des banques d’affaires les plus controversées. Cette fin de parcours éclabousse toute l’Union…désormais comment ne pas soupçonner les présidents de la commission et les commissaires de ménager tels ou tels intérêts pour s’assurer un avenir financièrement confortable »… L’Humanité se fait plus virulent encore dans cette dénonciation, « Barroso va à la soupe chez Goldman Sachs » titre le journal, qui dénonce plus qu’un pantouflage, Barroso est un « biftécard » écrit Bruno Odent, puisque selon lui les patrons ne font que lui offrir un cadeau pour bons et loyaux services fournis par sa présidence, c’est lui qui a contribué au glissement de l’union vers une sorte de pilotage économique libéral qui a partout renforcé les souffrances populaires » dit il. Le directeur de l’Humanité, et député européen Patrick Le Hyaric lance un appel : « un mouvement populaire doit exiger sa démission » dit il, « on ne peut pas servir deux maitres à la fois, l’europe des peuples et celle des banquiers »

Aux Etats-unis, c’est l’impuissance de Barak Obama à régler le problème des tensions raciales qui fait la Une. Photo de poings noirs levés, lors d’une manifestation à Bâton rouge samedi à la Une du New York Times. Libération raconte « comment Obama s’en va sans régler les fractures ». Derrière l’atmosphère de deuil national décidé depuis la tuerie de Dallas, les clivages demeurent raconte Frédéric Autran. Au pouvoir depuis 8 ans, Obama préside aujorudh’ui une nation fracturée. Fantasmé lors de son accession au pouvoir, le mythe d’une amérique post raciale s’est effondré. Pire, l’arrivée à la maison blanche du premier président noir a revigoré le racisme. Et la campagne présidentielle actuelle ressemble de plus en plus à deux coalitions irréconciliables. une figure de la communauté noire s'attend à une élection basée sur la race » dit il. Le président américain est attendu demain à Dallas

Allez, on termine plus légèrement avec les premières séries de vacances qui s’invitent dans vos journaux. Dans les Echos, premier épisode du Roman de l’été, l’enlèvement au sérail, il s’ouvre sur un coup de tonnerre dans la présidentielle de 2017. Un homme annonce sa candidature : macron ? non, pas encore ! il s’agit de Jacques Attali ! Le roman est écrit comme d’habitude sous pseudo, mais avec la promesse qu’il s’agit « d’un familier du pouvoir ». C’est pas vous Patrick Kanner qui vous êtes amusé entre deux matchs ??

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