C’est un endroit délirant que nous fait découvrir L’EXPRESS… "Abracadabrantesque", dirait-on pour singer à la fois Jacques Chirac et Arthur Rimbaud. Direction les Etats-Unis. Maxime Aubin joue le guide et nous emmène dans un trou de verdure perdu au milieu du Kentucky.

Dans le Creation Museum de Petersburg, dans le Kentucky aux États-Unis
Dans le Creation Museum de Petersburg, dans le Kentucky aux États-Unis © Maxppp / MARK LYONS/EPA/MaxPPP

C'est ici qu'a été érigé un parc d’attractions de 7000 mètres carrés, doté d’un zoo, d’un étang, de jardins, de jeux pour enfants et, surtout, d’un vaste musée entièrement dédié aux doctrines créationnistes. Selon les créationnistes, Dieu serait à l’origine d’une Terre née il y a seulement quelques milliers d’années, et la vérité se trouverait mot pour mot dans les pages de l’Ancien Testament… Adieu Darwin et les théories de l’évolution. 

Bienvenue dans « Le Disneyland de l’antiscience »

Un parc bâti à coup de millions de dollars par une organisation religieuse. Dès le hall d’accueil, la statue d’une jeune fille cohabite paisiblement avec un dinosaure. Une pancarte indique que « Dieu a créé les hommes et les animaux au jour 6 » et ce, il y a 6 000 ans, alors même que la paléontologie a depuis longtemps démontré que 65 millions d’années les séparaient… Plus loin, le visiteur se trouve plongé dans l’obscurité, avec des photos de camps de concentration, des attentats du 11 novembre et d’un essai de bombe nucléaire… Là encore, pancarte lunaire.

En désobéissant au Créateur, Adam a apporté la mort et la corruption dans le monde. Sa rébellion explique les catastrophes, la souffrance et la mort. 

Adam serait donc responsable du nazisme ? D'ailleurs, on le retrouve plus loin, du moins son mannequin, dans une scène qui évoque le jardin d’Eden. Il est entouré de pingouins et de singes. Un nouveau commentaire.

Les animaux, comme les hommes, étaient à l’origine végétariens, jusqu’à ce que Dieu en décide autrement après le Déluge… 

Le déluge, parlons-en ; il est représenté dans un autre musée du même genre, à moins de 80 km. Devant le bâtiment : reproduction grandeur nature de l’arche de Noé, un bateau de 155 mètres de longueur, où des centaines de mannequins d'’animaux s’entassent par deux dans des cages. Çà et là, les réponses aux questions qu’on se pose : comment Noé a-t-il pu emmener les araignées et les insectes sur l’arche ? Il suffit de lire le panneau. 

Même si la Bible ne le précise pas, on pense que les insectes ont, soit survécu au Déluge sous forme de larve, soit ils étaient en fait dans l’arche – vu leur taille, il y avait la place.

Endroit délirant, disions-nous, et qui attire chaque année un million de visiteurs. Et ils y croient, bien sûr. Ils se moquent de ce que dit la science, de ce que disent les chercheurs. 

D’où le titre à la Une de l’hebdomadaire.

« Les nouveaux obscurantismes »

Sous-titre : « aveuglés par leur croyances, ils font fi de la science »… Passionnant, sidérant dossier de L’EXPRESS. Analyse de ces différents courants de pensées qui, avec le développement des réseaux sociaux, disposent désormais d’une audience inédite. D’après une récente enquête, 38% des Américains sont persuadés que c’est Dieu qui a créé la Terre… Et la France n’est, bien évidemment, pas épargnée par la recrudescence de théories fumeuses. Un collégien de Seine-Saint-Denis devant son professeur d’Histoire :

Oui, la Terre est plate, j’ai vu des preuves sur internet ! 

L’hebdomadaire évoque également les anti-vaccins, ou ceux qui pensent que le charbon est moins nuisible que l’atome. Sans oublier, bien sûr, les climato-sceptiques qui réfutent, malgré les preuves, le réchauffement de la planète. 

Fini la rationalité. Chez ces gens-là, on vit à l’heure de la croyance.

Cela étant, pour la planète, certains ont décidé d’agir… Les jeunes notamment, ainsi que le raconte le premier numéro de SCIENCES, un nouveau magazine dédié aux ados.

« SOS Terre, les bons réflexes pour la planète »

On y découvre un Néerlandais de 16 ans, qui a inventé un dispositif astucieux ; une énorme ceinture flottante drainant des espèces de rideaux sous-marins destinés à récupérer les sacs plastiques qui polluent les océans. On découvre également un Allemand qui, à l’âge de 9 ans, a créé un mouvement pour encourager les jeunes à planter des arbres. En 2010, ils en ont planté un million. Son organisation emploie aujourd’hui plus de 130 personnes… 

Les questions environnementales font aussi la Une, ce matin, de nombreux quotidien. 

  • Dans LE TÉLÉGRAMME, on s’inquiète pour les végétaux : la flore est mise à rude épreuve par le réchauffement climatique. 
  • Dans LA VOIX DU NORD, un sujet sur les pesticides : une carte de la région détaille leur impact. 
  • Dans LA CROIX, un sujet alimentation : « Quelles exigences faut-il avoir avec le bio ? » 
  • Dans LIBÉRATION, on parle déchets et gaspillage : « Les nouvelles consignes ». Trier, recycler, réparer : dossier sur le projet de loi du gouvernement visant à favoriser l’économie circulaire : un pas vers un mode de consommation plus vertueux qui, pourtant, fait grincer les dents chez les acteurs économiques.

Dernière page du journal : portrait de Julie Chapon, cocréatrice de l’application Yuka, qui permet de connaître la composition des produits en scannant les codes-barres. Consommer autrement est l’affaire de tous. 

Ce n’est pas le ministre de la Transition écologique qui dira le contraire.

François de Rugy au cœur d’une vaste polémique depuis 24 heures 

Épinglé pour son train de vie par MEDIAPART ; des dîners fastueux organisés quand il présidait l’Assemblée nationale - du homard, des grands crus, aux frais du contribuable. D’après le site, il s’agissait surtout de dîners entre amis, ce que confirment certains dans la presse. L’intéressé réplique qu'il s'agissait de dîners dans le cadre de ses fonctions. L’affaire a suscité de nombreuses réactions, et même des appels à la démission, d’où les Une, ce matin, notamment dans la presse régionale. « Les dîners des De Rugy font jaser », titre LA CHARENTE LIBRE. « Vertigineuses agapes », titre PARIS NORMANDIE. « Repas luxueux : De Rugy sur la sellette », titre de son côté L’ALSACE. Ce qui donne, dans LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE : « François de Rugy : le homard passe mal »… 

Un conseiller ministériel se désole dans LE PARISIEN.

Après les Gilets jaunes, les images sont terribles. Le mec bouffe du homard et des bouteilles à 1000 balles ! 

Un autre estime même qu’il faudrait rapidement l’exfiltrer… aux municipales à Nantes. Et comme si ça ne suffisait pas, autre affaire révélée toujours par le site MEDIAPART : depuis 2001, Nicole Klein, la directrice de cabinet de François de Rugy occupe un logement social dans le 14ème arrondissement de Paris, alors même qu’elle ne travaillait pas dans la capitale entre 2006 et 2018… Sur les sites du POINT et de OUEST FRANCE, on nous apprend qu’elle a démissionné hier. Elle s'en explique au grand quotidien de l'Ouest.

C’est François de Rugy qui a souhaité expressément que je parte.

Lui, en revanche, pour l’heure, est toujours à son poste.

D'autres étrangetés

Une polémique dans LES DERNIÈRES NOUVELLES D'ALSACE, autour d’une initiative du département du Bas-Rhin qui, à l’instar de la journée internationale des droits des femmes le 8 mars, entend instituer une journée dédiée aux hommes au mois de novembre… Une symétrie diversement appréciée.

A la Une du DAUPHINE, c’est l’histoire d’un braquage dans le Rhône : des hommes lourdement armés qui se sont attaqués à un fourgon blindé. Pas de chance : le fourgon était vide.

Enfin, dans LE PARISIEN, on nous parle de vin.

Le mystère du vin bleu

A Toulouse, des étudiants en chimie ont publié une étude sur la couleur des vins bleus, une couleur qui fait sensation sur les tables d’été… Une couleur bleu piscine qui, selon les producteurs, serait obtenue grâce à un procédé de vinification particulier. Mais après analyse, les étudiants toulousains affirment que la couleur serait liée à un colorant alimentaire… Alors, donc, colorant ou pas ? On croit qui, on croit quoi ? Dans la Bible, quand Jésus transforme l'eau en vin, je ne crois pas que le vin soit bleu. Faisons donc confiance à la science !

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