Ce matin, sachez-le... Nous sommes tous des vaguologues... "Des vaguologues, des experts en vague... Hauteur, couleur, longueur d'onde, vitesse de propagation... Car il y a vague et vague, explique Le Progrès... de la déferlante à la scélérate... du mascaret au soliton... de la houle au ressaut... Alors que dire de la vague d'hier ?... Eh bien, selon Le Progrès, c'est une vaguelette, si l'on considère son volume... et un tsunami, si l'on regarde ses effets sur le rivage politique"... Alors vague, déferlante, tsunami... Vous retrouverez ces mots dans tous vos journaux... Mais comment qualifier autrement les résultats de ce premier tour des législatives ?... Parce que "c'est une victoire à laquelle, un jour (mais plus tard), il faudra trouver un adjectif spécifique", écrit Olivier Picard dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace... "Elle est écrasante, oui bien sûr, sans contestation... Mais elle est plus que ça, pour l'éditorialiste... Une victoire arithmétiquement nette, et en même temps fortement troublée par l'ambiguïté d'une période historique extrême... Le résultat est puissant... Il s'en dégage l'impression d'une force balayant un ordre ancien, et les nuances traditionnelles qui allaient avec"... Alors en même temps... si "la vague bleue a bien eu lieu", comme le note L'Eclair... toute la presse, ce matin, retient également l'abstention record... Et comme un bon dessin vaut toujours mieux qu'un long discours... je vous propose les deux pêcheurs à la ligne qui font la Une de La Montagne... Un dessin signé Deligne... où le premier dit au second : "Je ne suis pas allé voter... J'étais sûr de perdre"... et où le second répond au premier : "Moi c'est pareil... J'étais sûr de gagner"... Tout est dit, ou presque... Mais quand même... C'est Jean-Yves Boulic qui l'analyse dans Ouest-France... "Si l'abstention était redoutée, elle est encore plus forte que prévu... C'est une vague blanche qui vient doubler la vague bleue, et qui en altère son éclat"... Et pour Dominique Gerbaud, dans La Croix, cela pose "la question de la pertinence même de législatives organisées dans la foulée d'une Présidentielle... Avec un mandat d'une durée de cinq ans, identique pour le Président et pour les députés, il serait préférable de voter le même jour pour les deux scrutins, comme cela se fait dans plusieurs pays... Ca aurait eu le mérite de la clarté... L'autre réponse au désintérêt des électeurs, ce serait, pour l'éditorialiste du quotidien catholique, d'avoir des législatives avec un autre mode de scrutin... un scrutin proportionnel"... Oui, ne nous trompons pas, confirme Jacques Camus dans La République du Centre... "Les Français n'ont pas renoué avec les démons de l'incivisme... Non, ils ont estimé qu'ils avaient fait le boulot à l'occasion de la Présidentielle... Les législatives prenaient alors l'allure d'une formalité subsidiaire... Or, en démocratie, toute élection doit valoir le déplacement"... La déferlante a donc déferlé... "La France amplifie son choix du 6 mai", titre Le Figaro... pour qui c'est "la dynamique Sarkozy"... Et dans son éditorial, Nicolas Beytout admire "la nouvelle France qui se dessine... Pas à pas, étape après étape, la logique du quinquennat est en train de se mettre en place... On a beaucoup dit que l'élection de Nicolas Sarkozy avait marqué la fin d'une époque longue de 25 ans... On le voit maintenant avec une quasi-certitude... Les Français veulent le changement, et veulent que cela aille vite... Ils ne veulent ni cohabitation, ni tergiversation"... Cela ne fait donc aucun doute... "L'UMP aura la majorité absolue à l'Assemblée Nationale", explique Le Parisien-Aujourd'hui en France... Mais pour autant, "pas de triomphalisme"... Le Parisien reprend la petite phrase de François Fillon hier, face aux ministres et aux responsables de l'UMP conviés pour une courte réunion à Matignon... Alors les propos du Premier ministre, en fait, c'est le mot d'ordre lancé par Nicolas Sarkozy... Le Président de la République a passé la soirée au téléphone, rapporte Le Parisien... "Il félicite ses ministres et les autres candidats élus dès hier soir... Il appelle aussi plusieurs responsables de la majorité... François Fillon donc... mais également Jean-Pierre Raffarin... Et à tous, il rappelle la ligne : "Pas de triomphalisme !"... Pas de triomphalisme, peut-être... mais tout de même... "Sarkozy est un Président comblé", pour Pascal Aubert dans La Tribune... "Comblé puisqu'il pourrait disposer, dimanche prochain, de la confortable majorité qu'il réclamait pour changer la France"... Et pas de doute... cette victoire, c'est la sienne... "C'est le résultat d'une sorte de sans-faute sarkozyen", écrit ce matin Laurent Joffrin dans Libération... "Une campagne vigoureuse, autour d'un projet clairement orienté à droite... Un discours pugnace, nuancé ici et là d'une touche de sollicitude pour l'adversaire... Puis les premières décisions d'un gouvernement, cohérentes avec la campagne, dussent-elles mettre à mal les finances publiques, et favoriser d'abord les plus aisés du soutien du nouveau Président"... Alors oui, victoire du Président... large victoire... Mais attention... "Face à une représentation qui ne sera pas diverse, il faudrait que la majorité fabrique ses nuances... Que le pouvoir soit son propre contre-pouvoir", analyse Jean-Michel Bretonnier, dans La Voix du Nord... Et puis large majorité veut aussi dire difficultés à venir... Et là, c'est Jean-François Montémont, dans Le Courrier Picard, qui prévient... "Il ne sera pas facile, pour la majorité, de vivre ensemble... Car l'on sait bien que plus la famille est grande, plus elle a de prétextes à faire naître en son sein clans et intérêts divergents"... Dans Les Echos, la même analyse... "Gestion de personnalités... organisation logistique... La victoire annoncée de la future majorité n'évitera pas les difficultés et les conflits internes"... C'est Valérie de Senneville qui liste "les petits et gros tracas de la future majorité présidentielle"... D'abord, il y a peu de postes pour beaucoup d'élus... Le problème, ce sera donc d'occuper tout le monde, ou presque... Sans compter le manque de places pour installer la majorité dans ses meubles, car seuls 360 bureaux sont attribués au groupe majoritaire... Et je vous rappelle que les projections donnent ce matin un minimum de 380 sièges à l'UMP... La déferlante a donc déferlé... Et du côté des battus de ce premier tour... la gauche plus particulièrement... les titres se veulent inquiétants... L'Humanité appelle ses lecteurs à "empêcher une domination sans partage de l'UMP"... Il reste "une semaine pour muscler la gauche", poursuit le quotidien... Dans La Charente Libre, Jacques Guyon a bien écouté les débats d'hier soir... Il en reste pantois... "Il n'était question que d'appels aux abstentionnistes afin de limiter un pouvoir absolu... Mais ce qu'on sentait, dans les déclarations des battus, c'était surtout une sorte de résignation, mêlée à une incapacité d'analyser cet échec, pourtant tellement prévisible... Et surtout, ce qu'on ne ressentait pas, analyse l'éditorialiste, c'était l'amorce du début du plus petit commencement d'un discours de reconquête"... "Un pouvoir fort sait-il contenir sa force ?"... C'est Francis Laffont, dans L'Alsace, qui pose cette question, à la fois politique et philosophique... "Un pouvoir fort sait-il contenir sa force ?"... Ce pourrait être en effet une question du Bac philo aujourd'hui... Parce que c'est l'autre actualité du jour... ce rituel sur lequel se penche Pierre Fréhel, dans Le Républicain Lorrain... "On entend d'ici enfants et parents tempêter contre ce machin qui ne sert à rien... En ces années de matérialisme et de consommation à outrance, la philosophie est aussi raillée pour son inutilité économique... Oui mais voilà : l'épreuve de philosophie est chez nous, depuis des générations, le premier test majeur de l'existence... Elle donne au Baccalauréat ses lettres de noblesse"... Et le Bac, eh bien il fêtera l'année prochaine ses 200 ans, apprend-on dans Le Figaro... qui explique qu'en 1808, ils étaient seulement 31 jeunes garçons à l'avoir obtenu... Le Figaro qui revient également sur cette épreuve de philo... "Une exception française qui fait de la résistance"... Les autres pays européens se contentent souvent d'un simple cours d'histoire des idées... Alors, en même temps, le Bac... Le Parisien-Aujourd'hui en France donne de quoi affronter l'épreuve de manière plus décontractée... "Avis aux 498 mille 497 candidats qui planchent aujourd'hui... Nicolas Sarkozy a eu le Bac au rattrapage... avec un 9 en philo"... Selon son prof de l'époque, le Président de la République était un "dilettante, pas stressé par l'avenir"...

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