Le Figaro raconte Singapour comme l'affrontement de deux mâles dominants, le New York Times décrit Trump en enfant de la guerre froide. Le Parisien et Midi Libre racontent un principal de collège renvoyé pour avoir dénoncé un viol. Et un film féministe devient emblématique pour la revue réactionnaire "l'Incorrect".

Le sommet  entre Donald Trump et Kim Jong Un se prépare dans les journaux.

Et la presse fait monter le désir, "un sommet pour l'histoire" dit la Croix,  "un sommet à haut risque" affiche le Figaro à sa une mais le vrai titre du journal est en page intérieure, "le match du siècle", comme on dirait  en catch, avec Trump et Kim, "deux males dominants se font face",  qui "parlent le même langage, ils ne respectent que la force", et cette ressemblance serait alors de bon augure...

Le Figaro est le journal à lire ce matin  car il se nourrit d'informations techniques et puis les annule au profit de la biographie et des anecdotes sur les deux monstres.

On apprend ainsi que Kim Jong Un fut un rebelle, qui fumait et buvait après avoir été un élève basketteur teigneux dans un chic collège de suisse alémanique ... Un rebelle donc qui un jour, en randonnée de vacances urina dans le lac du cratère du mont Paektu, ce lieu mythique de la fondation de la nation coréenne... 

L'anecdote vient d'un livre dont le Figaro publie les bonnes feuilles, "La piste Kim, voyage au coeur de la Corée du Nord", du correspondant en Asie du journal, Sébastien Faletti... qui nous rend, à propos d'une dictature opaque, les codes de la biographie politique.  Il faudrait lire Kim au prisme de sa maman Ko Yong Hui, qui était danseuse et d'origine japonaise et lui aurait donné un don inné pour la communication... 

Voilà donc Kim face à Donald Trump dont l'oeuvre majeure est un livre intitulé "l'Art du deal",  que le basketteur américain Dennis Rodman aurait offert au coréen..

A la une du New York Times, l'édition européenne ce titre « Sa vie entière a préparé Trump à Kim.... » Une parabole biographique sur un enfant de la guerre froide qui peut accomplir le destin de sa génération, il était élève dans un lycée militaire au moment de la crise des missiles de cuba, et admirait le général Mac Arthur  de la guerre de Corée... Cette guerre de Corée dont le Monde, nous rappelle la tragédie et les traces... Trump en 1999 avait dit qu'il négocierait "like crazy" avec la Corée du Nord s’il était un jour aux affaires...

Etes-vous divisé, comme nos journaux ? Car quand certains titres parient sur la rencontre des testostérones, d'autres se désespèrent de Donald Trump après le G7, et les journaux qui savent la finance ont les mêmes mots, "Trump torpille le G7 et plonge le monde dans l'incertitude », les Echos",  "l'Amérique a abdiqué ses responsabilités, et le reste du monde doit évaluer les conséquences", c'est l'éditorial du Financial times, et c'est le jeu de mot de Libération,  "le puéril est dans la demeure" et la photo de l'AFP où le président américain bras croisé fait face à Angela Merkel et ses collègues du G8 fleurit dans nos journaux. 

Trump serait plus heureux avec Kim, veut-on comprendre cela? 

Le principal d'un collège privé va être licencié après avoir dénoncé le viol d'un élève...

Car il n'aurait pas prévenu sa hiérarchie dans les formes, préférant accompagner la famille de l'élève agressé et l'aider à aller en justice... On comprend ça dans le Parisien... "Le principal dénonce un viol, le diocèse veut le licencier"... Paul Gobillot dirigeait le collège Saint Joseph à Saint-Ambroix dans le Gard, qui organisait  en mars dernier un voyage scolaire où un garçon de 13 ans était violé par deux de ses camarades. Les deux tortionnaires ont été mis en examen pour viol en réunion, violences et harcèlement moral... mais Paul Gobillot a perdu son poste... et on comprend, en allant cette fois dans les archives récentes de Midi Libre, que Paul Gobillot est plus qu'un principal mais l'âme et le fondateur du collège, "un papa-poule pour les élèves, prévenant, fusionnel et à l'écoute" témoignent des semaines des parents d'élèves qui manifestent pour le retour du principal, et on découvre une petite ville de quelques 3000 habitants emportée par un drame local... 

On a ainsi dans nos journaux,  des histoires près de chez nous, car nos vies n'attendent pas l'apocalypse lointaine... La dépêche nous parle des grêlons qui ont dévasté  le Gers. On nous avertit,  à la Une du Dauphiné, édition d'Aix-les-Bains, contre la cicadelle, lointaine cousine de la cigale, "une vilaine bestiole qui fait du mal à la vigne", car la cicadelle transmet à la vigne une maladie mortelle, la flavescence dorée. Le Dauphiné est de ces grands journaux qui ont plusieurs unes locales, et  à Bellegarde le pari de Trump fait la une...

Qu'est ce qui nous inquiète le plus, la cicadelle ou donald? 

Dans le Télégramme, j'apprends que les employeurs bretons se désespèrent, car les jeunes saisonniers refusent de travailler pendant le festival des vieilles charrues : des révoltés !

Et une jeune soldate intrigue les journaux...

Qui est une soldate de cinéma, une  jeune fille qui s'engage dans la marine au grand dam de sa maman comédienne, et puis dans les commandos, dans un film sorti mercredi dernier, « Volontaire »  de Hélène Fillières. Et ce film  aimé par Télérama "un film joliment et fermement féministe", devient un emblème pour un journal particulier... 

L'incorrect, mensuel qui est un projet politique, où se rejoignent la droite et l'extrême droite qu'incarnerait Marion maréchal ex-Le Pen, figure médiatique dont on parle trop nous dit Daniel Schneidermann dans Libération... Bref, un journal de jeunes réactionnaires, qui s'emparent d'un film dont les militaires sortent grandis, et c'est ainsi que se pratique le combat culturel. Hélène Fillières est à la Une et en interview...   "On peut considérer que mon propos est sociologique et politique, qu'il consiste à montrer comment les fils de bourgeois aujourd'hui se rendent dans un lieu que leurs parents réprouvent et que ce lieu incarne précisément l'ordre et les valeurs. Mais pour ma part j'ai essentiellement voulu faire dire à cette jeune fille: laisse-moi tranquille, je fais mon propre choix... Le bordel de ta vie je n'en peux plus. » 

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