Pour savoir le temps demain, un père regarde le ciel, un fils son smartphone, générations d’agriculteurs dans l’Echo républicain. Courage de bonnes soeurs en révolte en Mayenne, Ouest-France, courage de prostituées qui s’organisent en Thaïlande, le Monde. Le New York Times renonce aux dessins de presse

On parle d'un vélo ce matin... 

Qui depuis quatre ans, chez ses grand-parents attend le retour de Nihad, 10 ans, que sa maman Saïda avait emmené en syrie où elle avait rejoint l'etat islamique. Le vélo est sans doute trop petit maintenant, mais Nihad est rentrée en France, avec son petit frère Salman qui lui est né là-bas, deux parmi les douze enfants de djihadistes français rapatriés hier, et dans Midi libre, les oncles de Nihad et Salman trouvent les mots d'un bonheur ordinaire  à nouveau possible. "On a raté quatre ans de sa vie. Mais elle va retrouver ses grands-parents. Sa chambre n'a pas bougé. Ses jouets. Son vélo. Elle sera un peu grande pour son vélo mais ce n'est pas grave ! Et Salman, on va lui acheter un vélo. Et on va lui apprendre à en faire." 

Ils parlent aussi de leur soeur, qui les avait appelé dimanche dans la nuit, pour dire que les enfants rentraient, elle ne voulait pas leur faire payer ce qu'elle appelait "son erreur à elle", dans ce camp où ils étaient martyrisés, ils se faisaient caillasser. Salman a pleuré en réalisant que sa maman ne viendrait pas avec lui...  

C'est donc dans Midi Libre qui conclut ce qu'on a appelé la filière de Lunel, cette petite ville de France où Daesh avait fait son marché: Yassine Sakkam, le compagnon de Saida vient d'être condamné à mort en Irak, comme un autre français, celui-là du Lot, de Figeac  Kevin Gonot dont la Dépêche raconte l'histoire aberrante, d'une famille entière ayant basculé dans l'enfer du djihad... Mais Nihad et Salman en sont sortis. Meur famille va demander à la justice de les récupérer, lis je dans Midi Libre. Les oncles n'ont plus peur.  "Ils sont en sécurité. La France, notre deuxième mère, s'occupe d'eux.."

Notre deuxième mère.  Qui parle encore ainsi du pays, qui parle aussi simplement, sinon ceux qui ont failli tout perdre, ceux qui ont compris. Et dans nos journaux cohabitent cette sagesse avec les ignominies des haines ou de l'inconscience...

Sud Ouest fait sa une sur cette sale blague qui hier a paralysée la gare saint-jean à Bordeaux quand un homme a téléphoné  au Samu pour dire ceci. « Si je n'ai pas ma piqûre dans les trente minutes, je me fais sauter à la gare. » 

Pris Normandie met à sa une l'offense faite à Latifa Ibn Zlaten, la maman d'Imad, militaire assassiné par un terroriste en 2012, dont la maison à Sotteville les rouen a été souillée de graffitis haineux... quels sont les salauds, qui sont les inconscients? A la une du télégramme, édition de Lorient, mais aussi dans Ouest France et le parisien, on tremble de Kilian, un peitt délinquant de 20 ans qui dimanche conduisait sans permis et a fauché deux enfants, l'un deux est mort, Kilian et sa copine Gaelle se sont enfuit, un nounours posé sur des fleurs témoigne dans les journaux de la laideur des hommes des hommes.

Mais il y aussi du courage dans la presse..

Et de la gratitude, dans cette même presse de l'Ouest, le Télégramme et Ouest France et Presse Océan, on voit en grand ces quinze mille personnes venues venues aux Sables d'Olonne rendre hommage aux marins sauveteurs disparus vendredi, emmenées par d'autres marins en vareuses brique et orange. Et c'est une France de dignité que nos journaux contemplent, aussi en souriant. 

Ce sont  dans les DNA ces strasbourgeois qui sont allés hier pêcher à l'aimant dans l'Ill, oui à l'aimant, pour sortir la ferraille- des panneaux, un chargeur de mitraillette, un vélo un barbecue- qui s'oxydent au fond de l'eau. Dans la Beauce et l'Echo républicain, on se pose une question éternelle dans un pays qui fut paysan; comment savoir s'il pleuvra demain, et si l'on pourra travailler dans les champs. "On regarde si les poules lèvent la patte", répond d'une vieille blague  Phlippe Lirochon, agriculteur à Villereau, et plus sérieusement se souvient que son père regardait la lune: "Si le halo qui l’entoure est proche de la lune, l’eau est loin. S’il est grand, l’eau est proche." Mais Benjamin, son fils, paysan comme lui, ne décolle pas de son smartphone et de ses application météo, prévisions à trois heures qui lui donnent le signal des semailles et des pulvérisations... 

Ainsi change un pays qui souffre parfois, les urgences en grève sont aux unes du Figaro et de Libération, un pays où des jeunes gens poursuivent leur rêve.. Elle est familière l'espérance de Gabin, quel chouette prénom, qui est dans l'Indépendant au pays du rugby, mais lui joue au football et va faire un stage de détection au Real Madrid, à 14 ans!  Il sera peut etre un jour, Gabin, comme ce vieux monsieur de 37 ans qui est parti adolescent de chez lui pour être basketteur, en Amérique, et qui gamin avait les genoux écorchés à force de plonger pour marquer des paniers, Tony Parker  qui arrête sa carrière est ans l'Equipe raconté par lui même et son pote Boris Diaw et dans un chouette journal internet, « the Undefeated »... 

Et on parle de bonnes soeurs enfin... 

Dans Ouest France, les "petites soeurs de Marie" qui, en Mayenne, se sont rebellées contre une supérieure qu'on leur imposait et que le vatican a relevées de leurs voeux... Elles sont meurtries de quitter l'habit et leur maison mais elles sont braves face à l’institution... Braves aussi, curieusement, ces milieux d’affaires russes qui, je le lis dans les Echos, de rebiffent contre le pouvoir et ses services, et défendent un journaliste que l’on veut impliquer dans un trafic de drogue

En Thaïlande, dans des lieux de perdition qui sont a priori aux antipodes de la foi en Mayenne, d'autres femmes, des prostituées, se sont révoltées et s'organisent autour d'un bar libre, le can do bar,  dont elles sont patronne et salariées à la fois, refusant l'abattage et les diktats des clients, c'est dans le Monde un très beau reportage sur la dignité qui n'a pas de lieu réservé, et je lis qu'une des filles, elle vient de Birmanie, des gains de la prostitution a financé son frère, il est moine bouddhiste. 

L'histoire est belle et drôle, on pourrait aussi d'un dessin en dire la tendresse mais dans le plus grand journal du monde ça n'arrivera plus. Hier sur son site, le suisse Patrick Chappate, dessinateur attitré de l'édition internationale New York Times, a révélé que son journal dès juillet, ne publiera plus aucun dessin de presse... Il ya  quelques semaines le NY avait été secoué d'un scandale, après avoir publié une caricature portugaise de MM. Trump et Netanyahu aux relents antisémites, mais dans son traumatisme, il assassine une culture et tous les artistes, et cette vertu pétocharde manque de courage, on pense à Charlie

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