Le papa d'Irene Tripplet avait déserté l'armée confédérée, Ouest-France le Monde, le Figaro. Florent, infirmier volontaire monté à Paris contre le Covid-19, il en est mort, l'Yonne Républicaine. L'amitié de Bohr, Einstein et Marie Curie, qui il y a un siècle réinventaient la science, le Point.

On parle d'une vieille dame...

Qui nous a quitté le 31 mai âgée de 90 ans et dont l'histoire  se cache sur les sites internet de Ouest-France du Monde et du Figaro, Irene Tripplet qui était la dernière personne aux Etats-Unis à toucher une pension liée à la guerre de sécession, qui opposa le Sud esclavagiste au Nord émancipateur et s'acheva en 1865... Le papa de Irene s'appelait Moses, il avait été un tout jeune soldat du Sud  puis avait déserté pour finir la guerre dans le camp des vainqueurs, il était retourné chez lui en Caroline du Nord après la guerre où on ne l'aimait guère, mais il avait le pistolet menaçant et élevait des crotales dans son poulailler, vous verrez ses papiers militaires sur le monde.fr et sa moustache farouche à Moses sur le Figaro  et Ouest-france, et sur ses genoux, une mouflette blondinette, Irene... Quelques 60 ans après la guerre civile, Moses, septuagénaire, avait convolé quel homme, avec une jeune femme handicapée mentale de près de 50 ans sa cadette, Irene était leur fille, on se moquait d'elle à l'école, elle ne savait guère lire et elle commença jeune à mâcher du tabac et vieille dame, relique fripée comme une pomme, elle témoignait la guerre civile était encore parmi nous.Et son histoire vient bien en ces temps en noir et blanc où l'on parle des violences du racisme de l'esclavage, quand on abat, c'est la une de Libération, les statues de ceux qu'on ne veut plus honorer, ou, quand un livre, un film déchainent les passions! Mais Autant en emporte le vent déchaine aussi la luxuriance du Figaro littéraire, qui fait de Scarlett O'Hara une "égérie des temps modernes", et me raconte Margaret Mitchell, l'écrivaine sudiste qui avait aimé jeune un garçon idéaliste qui partit se battre en France pendant la première guerre mondiale et mourut dans les tranchées, nous voilà donc cernés de romantisme, bien sûr il n'y a pas que ça.Le Figaro a la passion constante. Il y a trois ans, le journal prenait déjà la défense du film dans un long article. J'y apprends que l'actrice noire Hattie McDaniel, qui jouait Mamma, la nounou gouvernante autorité morale bien qu'esclave de Scarlett, n'avait pas été autorise à assister à la première du film en raison des lois raciales de l'époque, en 1939... Et lors de la cérémonie des Oscars où elle avait été récompensée elle n'avait pas pu s'assoir avec le reste de la troupe du film, confinée aux tables de sa race...

On parle aussi d'un acteur français...

Omar Sy, qui partage avec Hattie Mc Daniel, une étrange distinction; il fut le premier acteur noir couronné aux césars- mais il est d'un autre temps d'une autre force, et il est à la Une de l'Obs poursuivant son combat contre les violences policières et quand on lui reproche à cet enfant de Trappes de vivre à Los Angleles, il répond drôlement, "vous me demandez si j'habite loin de moi-même"?  Il est aussi Omar Sy un fidèle soutien et compagnon de combat d'Assa Traore, la soeur d'Adama mort après avoir été arrêté par des gendarmes en juillet 2016 et dont le  sort mobilise et divise. Je lis ce matin dans le Point un article très dur très clinique sur les circonstances de sa mort, où l'on me parle aussi des violences commises par Adama vivant et ses frères. Mais dans Paris-Match, je lis un portrait chaleureux d'Assa Traoré et de sa famille, quelle famille les Traoré! Dix-sept enfants d'un père ouvrier venu du Mali, Mara Siré, qui aimait sortir le soir et danser cheveux afro et pantalon pattes d'eph', qui s'était marié avec une picarde, puis une normande, puis avait créé une famille polygame avec deux compatriotes... Assa porte cette famille désormais mais, plus encore, elle se veut l'héritière des luttes des banlieues et de l'immigration que lui a apprises un militant historique venu vers elle dans les premiers temps du deuil,; elle est l'alliée d'intellectuels de la gauche radicale blancs, Geoffroy de Lagasnerie et l'écrivain Edouard Louis, et au-delà de l'injustice, ils combattent l'Etat... Et Match semble approuver.On trouve ainsi dans la presse des individus qui changent le monde, ou leur pays, ou essayent. L'Humanité raconte l'écrivaine turque Asli Erdogan, que la justice de son pays a poursuivie quatre ans et dans son dernier livre veut échapper à la mort... Le monde raconte un Israelien nommé Zeev Hever, dont l'entreprise Amana construit depuis trente ans des colonies en Cisjordanie occupée:  les gouvernements le consultent quand ils bougent les lignes dans les territoires palestiniens, même Itzhak Rabin lui avait montré la carte des accords d'Oslo... Hever fut membre d'un groupe terroriste juif qui allait poser des bombes sous les voitures de maires palestiniens, sorti de la prison, il a choisi la puissance, l'annexion d'une partie de la Cisjordanie pourrait être son triomphe...

Et on parle aussi de sciences...

Qui est une autre manière d'habiter et de changer le monde.  réinventaient la physique, et bien avant internet communiquaient par cartes postales, par lettres, ou griffonnaient leurs équations dans les salons d'un hôtel, et se disputaient sur Dieu et sur l'énergie, un livre raconte ce moment d'amitié entre Marie Curie, Einstein, Niels Bohr, et tant d'autres on les voit, ses génies pris en photo en 1927 dans le parc Léopold de Bruxelles, quelque chose d'espiègle émane de leurs regards disparus...Le regard de Florent Guillain était espiègle aussi et fragile en même temps, tendre, je le vois dans l'Yonne républicaine. Il avait 59 ans, trois filles, et aussi un mari, Diego, avec qui il vivait à Meluzien près d'Avallon où serpente le Cousin. Il était infirmier mais rien ne l'obligeait sinon le devoir, il est parti en volontaire travailler à Paris en réanimation, c'était en avril, quand il est revenu il a eu de la fièvre; il est mort en mai à l'hôpital de Dijon; Il avait écrit à son médecin avant de partir à Paris ce petit mail un peu stressé:"Je suis ouvert pour sauver des vies, quitte a perdre la mienne s'il le faut, bref... je pense a vous en ce moment, cela ne doit pas etre facile. Quelle histoire sur notre terre entière et à notre siècle. Mille baisers. Florent."

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