Ce matin dans vos journaux... c'est un peu "pousses-toi de là que je m'y mette"... version sommet de l'Etat Le premier à se pousser... c'est Tony Blair... "Tony Blair le surdoué" comme le titre LE TEMPS en Suisse... Dans LE FIGARO, le Premier ministre britannique tout sourire..."et pourtant, affirme le journal, c'est les larmes aux yeux qu'il tire sa révérence"... Alors puisqu'il s'en va... c'est l'heure du bilan des années Blair... "C'est quoi le blairisme ?" se demande François Becet dans L'ALSACE... Et il donne sa définition, l'éditorialiste... "Le blairisme, c'est une idéologie à géométrie variable qui n'aurait pas été possible s'il n'y avait eu avant le thatchérisme... C'est une sorte de libéralisme sociale à dimension religieuse, servie par une communication à la limite parfois de la manipulation... une communication qui a fait la force de Tony Blair avant de le faire tomber." "Tony Blair, 1997-2007"... sous ce titre outre-manche THE INDEPENDANT affiche en gros "Irak"... et explique : "Blair a présenté des excuses pour ses erreurs et a admis que son héritage aux yeux de beaucoup sera dominé par l'Irak"... THE GARDIAN préfère retenir en Une, l'une des phrases du Premier ministre britannique "J'ai fait ce que je pensais juste"... Alors oui bien sûr il y a l'Irak... Mais sur le reste "Blair est exemplaire"... C'est ce qu'écrit du moins Hélène Pilichowski dans LE DAUPHINE LIBERE... Elle cite pêle-mêle le miracle économique et la paix inespérée en Irlande du Nord... Alors est-ce que, côté miracle économique, les dirigeants français peuvent s'inspirer de Tony Blair ? Jacques Camus dans LA REPUBLIQUE DU CENTRE trouve déjà qu'il y a, c'est sûr, "du Blair en Sarkozy... Les deux se refusent à considérer la mondialisation comme une malédiction... Les deux sont pragmatiques, les deux sont atlantistes... Mais il y a aussi, poursuit Jacques Camus, il y a aussi du blairisme chez Ségolène Royal... Mais ce qui sépare le plus Ségolène Royal du Premier ministre britannique, ce sont simplement les socialistes français"... Et LIBERATION confirme : "Le PS toujours pas au clair avec Blair"... Et pourtant, écrit Laurent Joffrin "si l'on met de côté la triste équipée irakienne, la gauche française serait bien aise d'afficher un bilan comparable à celui du travailliste... Certes il y a plus de milliardaires en Grande-Bretagne qu'auparavant, mais il y a nettement moins de pauvres... Certes les inégalités ont crû mais jamais un gouvernement britannique n'a autant investi dans le secteur public... Alors, conclut Joffrin, on ne peut pas imiter platement cette expérience particulière mais on doit au moins, la méditer... L'HUMANITE n'est pas d'accord... c'est le moins que l'on puisse dire... "Tony Blair s'en va, les Britanniques ne lui disent pas Thank you"... Et l'Huma explique qu'en dix ans "les inégalités sociales se sont creusées, l'engagement dans la guerre a été désastreux, le tout sécuritaire menace les libertés et le Parti travailliste est en recul"... L'HUMANITE qui dénonce encore un chômage en trompe-l'oeil.. et une précarisation du marché du travail... Certes Blair a imposé un salaire minimum, sauf que c'est devenu pour les patrons un salaire de référence... et à 7 euros de l'heure, note le journal, de nombreux salariés sont contraints pour s'en sortir de travailler plus que la norme hebdomadaire européenne qui est pourtant de 48 heures par semaine... Outre-Manche également, certains font des commentaires critiques sur la politique économique du Premier ministre... C'est le cas de James Harding, dans THE TIMES... "L'un des moins prévus mais des plus indiscutables héritages de la décennie Blair, c'est l'écart hors de proportion entre le prix de l'immobilier et les revenus"... THE TIMES qui titre "Blair abdique et débute sa tournée des adieux"... Une tournée des adieux que LE FIGARO annonce surchargée... "Aujourd'hui il rencontre à Paris Nicolas Sarkozy... Puis il s'envole pour Washington pour discuter avec George Bush de l'Irak et du réchauffement climatique... Il sera présent au sommet du G8 le 6 juin, puis au Conseil européen le 22... Un voyage en Afrique est également programmé"... Alors Sarkozy et Blair se rencontrent aujourd'hui... Britanniques et Français ont parfois du mal à se comprendre... Sauf que là, le futur gouvernement devrait compter une interprête de choix... la femme du Premier ministre... C'est THE INDEPENDENT qui raconte... Si François Fillon devient Premier ministre, Pénélope Kathryn Fillon sera la première femme britannique à habiter à Matignon... Alors comme toutes les Pénélopes anglaises, Madame Fillon est surnommée Penny... Et elle est originaire d'un petit village côtier du Pays de Galles... Une Galloise deuxième dame de France... interroge le quotidien britannique... qui explique que le Premier ministre français habite et travaille au palais de Matignon à Paris... C'est plus grand que le 10 Downing Street mais plus petit que le palais de l'Elysée... Sauf que la femme du futur Premier ministre et leurs cinq enfants ne devraient pas emménager à Matignon... préférant rester dans le manoir du XII° siècle qu'ils occupent à Sablé-sur-Sarthe... Alors ça... c'est la photo qui régale vos journaux ce matin... "Chirac et Sarkozy côte à côte" comme titre L'INDEPENDANT DU MIDI... "La rencontre officielle et protocolaire est lourde de symbole" note Gilles d'Ausserre dans LA PROVENCE... tant les deux hommes se sont aimés et haïs, admirés et trahis au cours de ces trente dernières années... hier, ils ont affiché ostensiblement leur complicité et leur connivence... A ce jeu du chat et de la souris, Jacques Chirac est évidement le plus roué... multipliant les gestes amicaux et les attentions envers son jeune successeur... La rupture attendra un peu"... C'est "le passage de témoin" pour LE FIGARO... qui explique que "le président sortant et le président élu se sont rendus ensemble à la cérémonie de commémoration de l'Abolition de l'esclavage et qu'ensuite, Jacques Chirac a demandé à son successeur de recevoir avec lui, à l'Elysée Saad Hariri"... Et LE FIGARO titre "le chef de l'ETat transmet à son successeur le dossier libanais"... Et en même temps on va dire qu'il a raison Jacques Chirac... Il faut toujours être bien vu de son propriétaire... Pour ceux qui auraient loupé un épisode, le 16 mai, le président de la République s'installera dans un appartement prêté par la famille Hariri... Ah ces amis qui nous dépannent... Dans LE PARISIEN AUJOURD'HUI EN FRANCE, une interview de Vincent Bolloré... L'homme d'affaires français explique "Sarkozy sera toujours le bienvenu"... C'est sur un yatch prêté par le PDG du Groupe Bolloré que le futur président de la République est allé décompresser au large de Malte... Vincent Bolloré qui explique "Ce n'est pas parce qu'on est ami avec quelqu'un, qu'il n'y a pas d'éthique dans nos rapports"... Et le grand patron rappelle que le groupe qu'il dirige est totalement indépendant de l'Etat... LIBERATION n'est pas complètement d'accord... il y a "un soupçon d'Etat chez Bolloré"... Libé explique que le groupe a bien des intérêts dans des contrats publics... d'abord en tant qu'actionnaire de la SFP... Ensuite l'une de ses filiales est chargée du traitement du fret de la valise diplomatique... et également du transport de fret aérien pour le compte du ministère de la Défense... Mais concède LIBERATION, si l'on rapporte ces contrats au chiffre d'affaires du groupe, il est clair que l'entreprise ne dépend pas des commandes de l'Etat... LIBERATION qui reste troublé par un autre chiffre... les deux tiers du chiffre d'affaires de Bolloré se font à l'étranger grâce entre autres, à certains marchés publics africains... Cela dit pour finir... c'est dans LE FIGARO... "Le séjour à Malte ne choque pas les Français"... 58% des personnes interrogées par le politoscope du quotidien juge qu'il n'y a pas lieu de critiquer les conditions de séjour du président élu... Et si vous voulez en savoir plus sur les vacances des présidents... c'est toujours dans LE FIGARO... une sorte d'historique de "de Gaulle à Sarkozy"... Où l'on nous explique que l'organisation des vacances des chefs d'Etat a toujours été un casse-tête pour concilier confort et image... On nous rappelle que François Mitterrand pour se détendre faisait fermer le Golf de St Cloud... histoire de taper quelques balles avec quelques industriels fortunés... Il y a eu aussi les vacances à l'Ile Maurice de Jacques Chirac... Et si Giscard aimait passer modestement ses vacances à Brigançon... il y organisait des déjeuners luxueux... Bref, Nicolas Sarkozy n'a rien fait d'autre... C'est en gros ce que démontre cet article du FIGARO signé Anne Fulda... Mais non, on n'est pas mauvaise langue...

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