Patrick Cohen : Dans la presse aujourd'hui, le pouvoir des caméras... Bruno Duvic : "Mon mari ne vous le dira jamais, mais nous sommes écoeurés par la goujaterie de ces gens-là !" En ce printemps 2011, à Neuily, chez les Bettencourt, on s'embrasse à nouveau en famille. François-Marie Banier est devenu un héros de roman, mais les Woerth attendent toujours un mot de réconfort de la milliardaire ou de sa fille. Celle qui est écoeurée par "la goujaterie de ces gens-là", c'est Florence Woerth, qui se confie à Henri Haget dans L'Express. Son mari aussi, sort de son silence : il publie un livre sur cette année 2010 qui l'a jetée "Dans la tourmente", c'est le titre du livre. Eric Woerth connaît, ô combien, le pouvoir des caméras, de la médiatisation et les dégâts qu'elles peuvent causer. "Moi aussi, j'ai été livré au chiens", dit Eric Woerth dans Le Figaro, reprenant l'expression de François Mitterrand. Dans L'Express, Henri Haget le décrit comme un ancien accroc en phase de désintox... accroc à la haute politique et à l'hyperactivité. Rencontre avec des étudiants, d'anciens collaborateurs, visites de centres aérés... Eric Woerth répond à toutes les sollicitations, il bourre son agenda jusqu'à la marge comme un fumeur repenti se gaverait de chewing-gum ! Il est redevenu député de l'Oise, et les séances de questions au gouvernement sont étranges pour lui... "Je me retiens pour ne pas me lever car j'ai toujours l'impression que je vais devoir répondre... Et puis, non, ce n'est pas moi". Même dans sa ville de Chantilly, il garde ce côté maladroit et raide... Henri Haget le montre dans un espace vert, à la rencontre d'habitants de la ville. Une retraitée le salue, elle a un sac plastique avec de la verdure à la main... Eric Woerth plonge le nez dans le sac : "Ca sent bon, c'est de la menthe ?"... La vieille dame le retient : "Attention, Monsieur le maire, c'est des orties !". Eric Woerth a-t-il vraiment été livré aux chiens ? La justice le dira... L'Express rappelle que dans l'affaire Bettencourt, il est sous le coup d'une double accusation : trafic d'influence et financement politique illégal, sans parler de l'affaire de l'hippodrome de Compiègne sur laquelle la Cour de Justice se prononcera bientôt. Patrick Cohen : Dans l'affaire Bettencourt, le gouvernement était accusé de protéger les riches... Bruno Duvic : Pour corriger cette image, la réforme de la fiscalité est présentée aujourd'hui en Conseil des ministres. Disparition du bouclier fiscal et allègement de l'ISF. Par ailleurs, parmi les mesures sociales du gouvernement, il y avait le RSA. ISF... RSA... les deux sont dans la tourmente. Dans Libération, le socialiste Michel Sapin estime que la réforme de la fiscalité est un tour de passe-passe : "Ce sont toujours les mêmes qui sont avantagés !". Quant au RSA, les propos de Laurent Wauquiez sur "les assistés" continuent de semer le trouble. Ils divisent l'UMP et le gouvernement, écrit Le Figaro à sa Une. Dans Les Echos, Dominique Seux s'étonne de cette capacité de la majorité à se déchirer en direct. "Le RSA remis en cause, après le bouclier fiscal : la droite veut-elle détricoter une à une les réformes de Nicolas Sarkozy ?". Le RSA a-t-il vraiment contribué à développer l'assistanat ? Eléments de réponse dans La Croix. Depuis 2009, le volet Assistance du dispositif a, certes, vu ses effectifs progresser de 8%, mais la crise est passée par là ! Et quoi qu'en dise Laurent Wauquiez, un bénéficiaire du RSA qui reprend du travail gagne plus que s'il restait sans activité. En revanche, celui qui ne travaille pas, c'est vrai, bénéficie de droits connexes comme la gratuité dans les transports. Pourquoi s'en prendre maintenant à cette réforme ? Le Figaro se demande si Laurent Wauquiez a été envoyé en poisson-pilote par l'Elysée. Et beaucoup d'éditorialiste soulignent que ce thème de l'assistanat est très sensible dans l'électorat du Front National. Patrick Cohen : Le pouvoir des caméras... Quand elles ne sont pas là, les dictateurs ont les mains libres... Bruno Duvic : Dans L'Express, Halla Kodmani raconte une Syrie étouffée par la peur... Peur de la violence du régime, peur des conséquences économiques de la révolte, peur des affrontements entre communautés, attisés par le pouvoir. Dans un quartier résidentiel de Damas, une mère de famille demande au gardien de son immeuble ce qu'il tient à la main... "C'est un bâton électrique, répond-t-il, pour vous protéger contre les voleurs et les voyous. Ce sont les services de renseignements qui me l'ont donné". On savait, depuis des années, que le gardien surveillait les allés et venus dans l'immeuble pour les services de renseignements. Mais là, il a du être chargé d'autres taches. L'arme de la peur en Syrie... et une guerre qui n'en finit pas en Libye... "A Tripoli, désormais, écrit L'Humanité, les raids de l'OTAN frappent les zones résidentielles. Les civils sont sous les bombes", selon L'Huma. Pour Adrien Jaulmes dans Le Figaro, "c'est très clair : les opérations visent directement Kadhafi. Le meilleur moyen d'en finir avec ce régime serait de lui couper la tête". Patrick Cohen : Quoi d'autre dans la presse, Bruno ? Bruno Duvic : Le pouvoir des caméras... Quand on est un quasi candidat à l'élection présidentielle, on est soumis aux regards envahissants des journalistes. L'Express fait sa Une, cette semaine, sur le train de vie de Dominique Strauss-Kahn. Dans le Canard Enchaîné, on apprend que la Chambre des comptes d'Ile-de-France a publié en février dernier, un rapport assez cinglant sur la gestion de la ville de Sarcelles, lorsqu'il en était maire-adjoint chargé des Finances. Les comptes de la commune ne présentent pas toutes les garanties souhaitables de fiabilité. Evidemment, le Canard s'amuse avec l'affaire de la Porsche. Titre de Une : "DSK lance la gauche « bobolide » et son slogan, la Rolls au poing". Patrick Cohen : Le pouvoir des caméras, c'est à Cannes, à partir d'aujourd'hui... Bruno Duvic : Pouvoir et caméras... Mercredi prochain, le film de Xavier Durringer, "La conquête" sortira en salles. Il est présenté à Cannes, hors compétition. Il raconte la conquête du pouvoir par Nicolas Sarkozy. C'est la première fois qu'il film fait d'un président en exercice, son personnage central. Télérama a demandé au principal intéressé, le chef de l'Etat, s'il allait voir le film. Réponse : Non ! ... Et pour trois raisons : par respect pour son épouse. Il est beaucoup question de l'ancienne dans le film. Autre argument : mieux vaut une bonne psychanalyse pour accepter son image que voir son intimité mise en scène. Et puis, dit le président à Fabienne Pasquaud : "Je n'ai pas besoin de me voir en personnage de fiction pour connaître la part de création, d'Art presque, qu'il peut y avoir dans le rôle de Président de la République". "La conquête", mais aussi Woody Allen, Terrence Malick, "Pirates des Caraïbes"... De Niro président, un hommage à Belmondo, etc, etc... Cannes sort le grand jeu cette année" titre Le Parisien-Aujourd'hui-en-France. Les cinéphiles se lèchent les bobines ! Mais Libération joue la provoc en se demandant si ce n'est pas le dernier Festival de Cannes... Car pour Gérard Lefort, le plus grand festival au monde est au coeur d'une double révolution... Technologique : avec les petites caméras, n'importe qui est désormais potentiellement un cinéaste... Révolution culturelle aussi : les écrans d'ordinateurs ou de téléphones portables concurrencent sérieusement les salles obscures.... Sauf à devenir une vieille dame sympa mais désuète, Cannes est sommé de mettre sa pendule à l'heure de ces révolutions. Quoi qu'il en soit, le pouvoir des films est toujours aussi impressionnant ! Dans Libé d'aujourd'hui, une trentaine de réalisateurs choisissent une image de cinéma pour illustrer et commenter l'actualité. La Libanaise Nadine Labaki a choisi un extrait de "Grease". Elle explique pourquoi... Le film, elle l'a vu en 85, alors que son pays était en pleine guerre civile. Cette K7-VHS, louée dans une vidéothèque abritée derrière des sacs de sable, était son seul lien avec le monde. "Les vestes en cuir rose de "Grease" et les cheveux laqués de Travolta m'ont fait vivre mon adolescence par procuration. Je pense aujourd'hui à une adolescente afghane retranchée dans sa montagne qui découvrirait un DVD pirate de "Grease", et j'imagine son émerveillement", écrit Nadine Labaki. Il est des fièvres du samedi soir insoupçonnées !

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