En Israel, le chef du gouvernement ferme radio et télé publique. En france, tangage au FN, entre PC et FI et lazzi contre la fausse "bienveillance" du président Macron

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par une radiotélévision de service publique, débranchée…

Et si France inter arrêtait l’info ? s’il n’y avait plus de matinale avec vous Patrick, plus de chronique de Bernard Guetta, plus de journaux ? Et bien c’est exactement ce qui va se passer en Israel pour la télévision et la radio publique, l’équivalent de France 2 et France Inter nous explique ce matin Nissim Behar dans Libération. Le chef du gouvernement israélien Benyamin Netanyahou a en effet décidé d’avoir la peau de ce service public, qu’il trouvait « persifleur, incisif et indocile » disent les syndicats. Mardi soir, la télé d’abord, puis la radio hier ont donc cessé leurs programmes habituels. A la place, de la musique et des clips. Finie l’info. Les salariés dénoncent « un risque pour la liberté d’expression dans leur pays », le président de l’Etat hébreu est même monté au créneau pour mettre en garde le public contre l’influence des Kommissar, expression hébraique siginifant Commissaires politiques, mais sa voix ne porte guère dit le journaliste, face à la volonté du gouvernement et à la Knesset. Le parlement israélien où les partis de la majorité soutiennent à fond ce qu’ils présentent comme une « réforme de l’audiovisuel public ». Réforme radicale et inquiétante.

Retour ce matin dans la presse, sur la décision de Donald Trump de limoger le numéro 1 du FBI

« Le fameux « you’re fired », qui a rendu célèbre Donald Trump dans son émission de téléréalité, a encore été prononcé » relève jean Eric Branaa, universitaire spécialiste des Etats-unis sur le site The Conversation.

« Sauf qu’un boss de la police fédérale pèse un peu plus lourd que le pion humain d’une émission de télé » poursuit Arnaud de la Grange dans le Figaro. « Trump joue gros, poursuit- il, très gros même. Si l’enquête sur les rapports avec la Russie lève un ou deux lièvres, il sera en fâcheuse posture, accusé d’une sombre manœuvre politique. Alors est-ce le coup de sang de trop ? s’interroge t il, le spectre de la destitution immanquablement resurgit. En 73 Nixon avait désespérément tenté de desserrer la mortelle étreinte du Watergate en limogeant le procureur spécial chargé de l’enquête. Cela ne s’était pas bien terminé » rappelle t il. « On attend effectivement le coup d’après » explique Jean Eric Branaa : « Les passions pourraient se déchaîner avec la nomination du remplaçant de James Comey , car les démocrates prévient-il, n’accepteront jamais que l’agence qui mènera cette enquête à haut risque soit dirigée par un conservateur ou par quelqu’un de trop proche de Donald Trump. » Risque de crise constitutionnelle à la Maison-Blanche moins de 6 mois après l’arrivée du nouveau président

En France, ce sont les départs, parachutages et investitures aux législatives qui font la Une

« Ca tangue pour Marine le Pen », titre Aujourd’hui en France/le Parisien, après l’annonce par Marion Maréchal le Pen de son retrait de la vie politique. Et qui pour faire bouger un peu plus le navire FN ? Dans la famille Le Pen, j’ai demandé le patriarche, Jean Marie le Pen qui ce matin, ne parle plus de « désertion » pour sa petite fille, mais qui balance un gros coup de rame sur sa propre fille : « A son âge, avec son charisme et son intelligence, Marion incarnait l’avenir. Ce départ pourrait peser très lourd pour les législatives prévient il, Marine pourrait le payer cher ». Jean-Marie le Pen qui récuse l’idée de laisser le Fn aux frères Philippot dit il, ce serait en faire un parti croupion, Jean marie le Pen qui n’a pas de mots assez durs pour redire le ratage qu’a constitué le débat de l’entre-deux tours, et qui dénonce aussi le prix de l’accord passé avec Nicolas Dupont Aignan : « faire le sacrifice de 50 circonscriptions c’est cher payé » accuse t il

Sur le site Marianne.fr, Jean-Claude Jaillette raconte que c’est bien le débat, un « désastre », « comment peut-on être aussi cons ? » aurait lâché Marion Maréchal le Pen à l’adresse de ceux qui l’ont préparé, les philippot encore, qui a précipité sa décision de prendre momentanément du champ. Dans Libération enfin, un frontiste confie que la réunion mardi au qg de la candidate a été houleuse « ils se sont engueulés comme du poisson pourri » dit il, « philippot en a pris pour son grade » Ca tangue au FN

Un parachutage maintenant qui fait grincer…

« Mélenchon à la hussarde à Marseille », titre ce matin la Provence, qui parle « d’onde de choc dans le centre-ville » après que l’ex candidat à la présidentielle a annoncé avoir porté son choix pour les législatives sur Marseille. Avec un homme tout particulièrement en colère, le candidat socialiste Patrick Mennucci de la circonscription ciblée, qui se dit prêt au débat :« j’aborderai ses soutiens à bachar el assad et poutine promet-il, et son problème de ne pas savoir où s’installer ! c’est quand même la 5ème fois qu’il change de territoire, s’énerve t il, que connait il de Marseille à part le soleil du vieux port un jour de meeting ? Je suis prêt à l’affrontement » prévient il guerrier. Premier effet en tout cas de cette annonce raconte ce matin le quotidien provençal, Menucci a réussi hier à réunir pour la photo tous ses anciens rivaux des municipales, de Samia Ghali à Marie Arlette Carlotti. Le comité d’accueil est prêt !

Pour l’Humanité, c’est moins le point d’arrivée de Jean Luc Mélenchon qui pose problème, que le désaccord persistant entre la France insoumise et les communistes sur l’ensemble des législatives. « Attention prévient Patrick Appel Muller dans son édito, les comptes sont têtus. Si communistes et Insoumis vont désunis à la confrontation électorale, ils figureront rarement au second tour et n’auront qu’une poignée de sièges à l’assemblée »

Et puis, c’est aujourd’hui que sera dévoilée une première liste de 450 noms de candidats par le mouvement d’Emmanuel Macron. Et le cas « Valls » continue de provoquer des remous

« Tolérance et bienveillance » nous disait MAcron ? s’exclame ce matin dans le Figaro le président UDI de la région Normandie. Tu parles Charles lance t il en substance au nouveau président. « quand on ferme la porte au nez de la sorte à un ancien premier ministre, cela donne à réfléchir » accuse Hervé Morin, étonnant défenseur de l’ex premier ministre. « ça me rappelle ce que Bayrou a vécu avec Hollande, Macron ne fait que reproduire les mêmes schémas anciens, le verrouillage de la vie politique dans un parti unique ». Parti qu’il qualifie de parti BOA.

Un BOA qui fait plus envie que peur : Marcelo Weisfred toujours dans le Figaro nous donne quelques échos du « bal des courtisans » qui a commencé autour d’Emmanuel Macron. « lorsqu’ils ont réussi à se procurer son numéro de portable, certains, les noms ne sont pas donnés, lui glissent une demande, d’autres un cv. Le plus souvent, il ne répond pas parait il, ou alors pour accuser réception d’un simple YEP ». Yep, c’est vrai que c’est tolérant et bienveillant mais ça n’engage à rien !

On termine par une icône

L’icône Georges Pérec qui entre dans la Pléiade aujourd’hui. Hommage de l’écrivaine Marie Darrieussecq dans le Monde des livres à celui qu’elle admire comme un « bricoleur de génie ». L’auteur de la Disparition, ce livre écrit sans E, qui disait en fait qu’il écrivait sans eux, son père mort à la guerre, sa mère assassinée à Auschwitz, un aimable jeu avec les mots pour donner forme à l’absence et dire l’indicible. Pérec et « sa vie mode d’emplo »i, où il unifiait tout, écrit elle, ce qui le tenait vaille que vaille, ses brimborions et ses labyrinthes, entre dépeuplement et encombrement ». Pour ce mot, « Brimborion » qui vaut bien « perlimpinpin », il faut lire Darieussecq dans le Monde, et Pérec dans la Pléiade, ou en poche

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.