Dans le Morvan, Marc va pique-niquer ce premier jour du confinement, le Journal du Centre. L'Argentine pleure El Trinche Carlovitch qui dans des ligues obscures était plus foirt, dit la légende, que Maradona. Le Figaro redoute le télétravail, facteur de lutte des classes et eut-être fourrier du totalitarisme.

On parle d’un pique-nique…

Que va déguster Marc de Lucenay-lès-Aix dans la Nièvre, un pique-nique pour conclure, j’espère qu’il fera beau, la belle ballade à moto qu’il va s’offrir avec son frère Jean-Philippe aujourd’hui jour du déconfinement me dit le Journal du Centre, ils iront tous les deux du côté de Montsauche-les-Settons, et ce nom résonne comme une victoire -au fait, ce n’est pas seulement le confinement que Marc a vaincu, il est en fauteuil roulant depuis un accident de voiture quand il avait 13 ans, ça n’empêche pas la moto ou plutôt le Spyder can am, un engin à trois roues avec lequel il va se fondre dans le Morvan…

Et Marc est une figure du soulagement du pays, quand le Parisien célèbre les français formidables soignants ou éboueurs livreurs de journaux assistantes maternelles, qui nous ont fait traverser l’épreuve… Viennent des envies douces et raisonnables sa faire couper les cheveux ou voir les grand parents, et mieux…:

« J’ai tellement envie d’être heureuse » dit Julia maitresse d’école et correspondante locale de l’Indépendant à Toreilles qui retrouve sa classe, et qui pourtant a peur de demain pour sa fille mais elle cite Gramsci, ce marxiste italien d’il y a un siècle: le pessimisme de la connaissance n'empêche pas l'optimisme de la volonté... 

La Croix interroge cent personnes célèbres ou inconnues sur leur traversée du confinement et parmi elles Madiha, 42 ans, de Marseille, qui s'est retrouvée à la rue après avoir divorcé d'un mari qui la battait et que le confinement a bloqué  dans ses démarches administratives...  Retrouver un logement du travail:, «  maintenant, j’ai envie de vivre ».

Dans la Croix encore je lis ces mots de la pianiste Anne Queffelec. « Il va falloir réintégrer le dur espace du réel »…

Et on parle de télétravail… 

Qui dans le dur espace du réel est amené à durer, on nous enseigne dans le Monde  comment  l’organiser, pour rétablir chez nous la frontière entre la vie privée et le boulot… 

Mais je suis saisi par le pessimisme du Figaro sur ce télétravail, qui selon l’éditorialiste Paul Sugy porterait en lui les germes du totalitarisme, en déracinant les salariés et en les atomisant, les privant d’une conscience commune. Le chroniqueur économique Marc Landré  redoute lui la lutte des classes entre les cadres qui se sont abrités chez eux dans le télétravail, et les salariés « qui n’ont pas eu d’autre choix que de se rendre tous les jours au bureau, à l’usine, dans leur magasin »… 

Dans l’Obs la sociologue eEva illouz s’interroge sur nos obéissances et le pouvoir de l’Etat révélés par la crise…

Dans Libération, le collapsologue Pablo Servigne veut nous guider vers l’entraide qui seule nous évitera la catastrophe en nous arrachant à nos modes de vie goulus, il y croit au nom de la survie même si nous allons d’abord consommer à nouveau à l’excès car il est dur de se désintoxiquer. Ensuite viendra la raison et l’on pensera d’abord à nourrir les hommes?

La solidarité est le débat du moment. Je lis sur le site de l’Equipe la lettre ouverte envoyée Ines Ibbou, joueuse de tennis algérienne, 620e mondiale, à l’autrichien Dominic Thiem, finaliste de l'Open d’Australie, qui refuse de payer pour les joueurs mal classés sans ressource… Ibou lui explique la vie d’une sportive venue d’un peu plus loin que la riche europe, sans cours privés, ni sponsors ni coach particulier… Elle a du talent.

On parle d’un homme qui a renoncé…

Qui en février a démissionné de son travail à Rennes et liquidé ses biens et est parti en stop pour retrouver à Aveiro, la Venise du Portugal quittée il y a 37 ans, il s’appelle Manuel, il renoncé à tout sauf à sa beauté car il a fière allure dans Sud-Ouest en chemise blanche gilet, cheveux argentés, il dit qu’on lui a diagnostiqué un cancer du cerveau et il se donne 6 mois, et il veut les passer chez lui au Portugal… Le confinement l’a surpris à Bordeaux, il s’est posé avec ses livres et ses bagages cours de l’intendance, c’est chic… Sud-Ouest avait raconté ce SDF en costume-trois pièces et Mireille, agent immobilier s’en est émue et l’a hébergé retapé relancé, mais elle a besoin de la pièce qu’elle lui prêtait, maintenant que le travail revient, et ce premier jour du confinement Manuel est rendu à la rue, la frontière du Sud lui reste fermée… 

En Argentine, un septuagénaire a été tué par un voyou qui voulait lui voler son vélo, il est pleuré par le pays entier car Tomás Felipe Carlovich surnommé El Trinche était un héros du football célébré dans des ballades, une pièce de théâtre, et raconté sur leurs sites par So Foot, l’Equipe, Libération et surtout Le Temps, journal suisse  qui a le don des nostalgies. Carlovitch fut il y a plus de quarante ans un footballeur hors pair, inventeur du plus humiliant des dribbles, un petit pont, aller-et-retour entre les jambes de l’adversaires, les grands entraineurs de son temps se pressaient à ses matches mais lui ne voulut jamais s’installer dans l’élite, il passa sa carrière heureux dans des petits clubs de ligue inférieures, et pourtant… « Tu étais meilleur que moi » lui avait dit Maradona peu avant sa mort et c’était vrai ou non, peu importe, Carlovitch était de Rosario dont tous les Argentins savent qu’elle est la ville des légendes. Le Temps me rappelle cette chanson de là-bas qui vient bien pour échapper au dur espace du réel.

«Yo tengo tantos hermanos/Que no los puedo contar» J’ai tant d’amis/Que je ne peux les compter/Et une fiancée très belle/Qui se nomme Liberté. 

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