Dans Libération, ses amis et camarades se souviennent du veilleur de nuit Jean-Paul Vaucelle qui avait été combattant clandestin maoïste. L'Ardennais explore la blessure laissée par Fourniret sur ses terres. Alain Mabanckou se souvient de Bob Marley dans l'Humanité. On désherbe une bibliothèque à Dijon, le Bien public.

On parle d'adresse...

Pas l'habileté, votre adresse où l'on vous envoie le courrier, et ce n'est pas rien à Félines, commune de Haute-Loire, 321 habitants au dernier recensement , qui boucle un chantier de trois ans pour que chacune de ses rues ait un nom et chaque maison une adresse. Et pour éviter les banalités du type le bourg ou bien rue principale, les Félinois, c'est l'Eveil de la Haute-Loire qui raconte, sont allé chercher le passé de du village, et ainsi sont immortalisés Antoine Faure, élu en 1945, qui fut le maire des pauvres pour lesquels il mettait de côté une part de la quête lors des mariages, et aussi Jean-Marie Brun, qui avait inventé un instrument de musique, le brunophone, dont il jouait au café Giraux, au hameau de la Souchère,  car Félines en bon village est composé de hameaux qui figurent aussi sur les adresses postales, pour que rien ne s'oublie. Rosalie Maurin aurait approuvé, elle avait été institutrice en Lozère avant de se marier à Félines avec Clément, pendant la deuxième guerre mondiale elle avait caché des juifs et accueilli  des maquisards, elle tenait une auberge où sur une grande table ronde, elle avait gravé les noms des anciens résistants, les écoliers déjeunaient chez elle à l'heure de la cantine, un orchestre y jouait pour le bal les samedis et dimanche, à Félines où l'on se souvient de tout...

Et la mémoire imprègne nos vies présentes, quand les affrontements de Jérusalem entre forces israéliennes et palestiniens rappellent un conflit sans fin, ce sont les unes du Télégramme, de Libération et de la Croix, et ce conflit dispute les unes à la mort du tueur en série Michel Fourniret, dont le surnom "l'Ogre" ou le visage s'affichent  dans le Républicain lorrain comme dans la Dépêche et dont le souvenir empoisonne le présent. « Tiens, t’es pas du village de l’ogre ? » disent des copains à Theo, étudiant à Reims mais dont le village Ville sur Lume est sur les terres de Fourniret que le journal l'Ardennais explore pour extirper la tache... Dans Presse-Océan, Christophe Grelier, frère de Natacha tuée à 13 ans par Fourniret en 1990, a pensé ouvrir une bouteille de champagne, puis a chassé cette pensée morbide, il dit que même mort, Fourniret sera là... Comment effacer...
 

A Dijon plus doucement on cajole la mémoire en désherbant, dit le Bien public. Le désherbage c'est le mot qu'emploient les bibliothécaires et les archivistes de l a bibliothèque patrimoniale qui font le tri dans 70.000 ouvrages dont un quart seront retirés des collections, données à des musées, parfois aussi passés au pilon, mais ce n'est pas détruire la mémoire, c'est la construire lis-je: il faut faire de la place pour accueillir les livres qu'on écrit aujourd'hui.  

On parle aussi de Bob Marley...

Et comme nous, l'Humanité et la Provence et Presse Océan encore sont au rendez-vous ce 11 mai, quarantième anniversaire de la mort de Bob Marley, qui avait joué au foot contre les stars du FC Nantes et dont la chant "three little birds" est devenu l'hymne non officiel de l'Ajax Amsterdam, car aux Pays-Bas on aime le foot à l'herbe et au reggae... Dans l'Humanité l'écrivain Alain Mabanckou se souvient de ses 15 ans, lycéen au Congo Brazzaville apprenant la mort de Marley à la radio, dans l'émission la plus populaire du pays, "chansons à la demande",  des auditeurs accusaient la radio de mentir: "Est-ce que les vrais radios, les radios des blancs, RFI ou la voix de l'Amérique ont confirmé ça", quel poids que cette phrase. Mabanckou nous dit que pour lui Marley était un africain...

Dans Libération souffle une mémoire de France il y a cinquante ans, d'un temps où ce pays brûlait de politique, et un jeune homme nommé Jean-Paul Vaucelle, que ses amis maoïstes surnommaient "sergent chef", prenait sa part de cortèges, de coups, d'occupations de tentatives d'enlèvement et même d'attentats... En face les maos comme on disait prenaient le deuil d'un de leurs militants tué par un vigile de l'usine Renault Billancourt... Jean-Paul Vaucelle, enfant de résistants, combattait ce qu'il appelait le fascisme dans une organisation clandestine, la Nouvelle résistance populaire, liée à la Gauche prolétarienne; les plus sages des maos eux fondirent un journal, Libération, qui accueillit Jean-Paul après les années de braise comme veilleur de nuit, il vient de mourir et dans Libé ses "amis et camarades", ramènent sa mémoire.

Le même Libération, y verrons-nous un lien, raconte un arbre de mauvais aloi, l'ailante, introduit en France au XVIIIe siècle, mais passé de mode, on l'éradiquerait bien mais il s'accroche à la vie et pousse dans les fissures du béton du bitume, les terrains vagues les banlieues en demi ruine, un photographe et Libération font de l'arbre un héros. Le Parisien célèbre lui la lutte à Paris contre les tags, le Figaro celle d'amoureux de la capitale qui se cotisent en ligne pour acheter un vieux banc de fonte, chacun ses combats.

Quand le maoïste Vaucelle était un jeune militant, la guerre faisait rage au Vietnam et un désherbant chimique, l'agent orange, largué par l'aviation américaine, empoisonnait les sols et les corps... Sur son site Télérama nous parle de Tran To n-Nga, une femme française née au Vietnam qui fut victime du poison et ses enfants après elle, elle refuse d'oublier, attaque en justice des multinationales de l'agrochimie, elle a été déboutée hier au tribunal d'Evry, elle fait appel.

Et on parle de restaurant...

Car il faut construire et  ils construisent bellement, dans le Progrès, le Journal de Saône-et-Loire et le Bien public, qui ensemble passent en revue des audacieux qui dans l'hiver ont créé ou repris des restaurants et nous attendent souriant fébriles stressés au coin du déconfinement... On ne peut les citer tous ces restos, alors la jeunesse validera une injustice: ils ont 20 et 21 ans de l'amour et une chouette bouille Joséphine Macel et Léon Vuillet  qui ensemble dans l'Arbois reprennent le Marcotton, bar et brasserie de la fruitière vinicole, ils ont emprunté 38000 euros pour nous servir à boire et des planches apéros le 4 juin...

Puisqu'on parle de manger, sachez que la chaine de hamburgers fait maisons "Five guys", restaurant disait on favori de Barack Obama, vient d'ouvrir son premier drive sur cette planète et c'est chez nous, à Montivilliers près du Havre nous dit Paris-Normandie... Cela restera dans nos annales.

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