En 1900, Péguy alité philosophait sur sa grippe, le Figaro. La revue Zadig magnifie les gardes forestiers et se souvient du grand désarroi intellectuel qui suivit notre défaite en 1870. Les Inrocks donnent la liste des 60 films indispensables pour comprendre le cinéma féminin.

On parle de cochons...

De cochons roses et bretons, mignons cochons qui prennent l'avion à Brest pour aller en Chine, ils sont à la Une du Télégramme mais aussi sur le site France Bleu celui de de ouest France, deux mille cochons français qui ont été choisis un par un par des experts chinois avant d'être placés en quarantaine, et puis expédiés en moins de 29 heures dans des stalles de bois de trois étages qu'un Boeing  747 russe emmène à Tayian Wusu où les attend,encore un mois d'isolement sanitaire mais ensuite au travail: nos cochons sont des reproducteurs qui doivent repeupler les élevages chinois ravagés par une peste porcine, qui a tué 200 millions de bêtes...

Et nous voilà donc à contre-courant de l'actualité, la peste porcine avait été enterrée sous le coronavirus mais ce n'était qu'une impression, et tandis qu'on bouclait là-bas des villes, des émissaires de chine étaient venus acheter nos cochons...

En doutions-nous, la maladie n'arrête pas la vie ni n'arrête la Chine, c'est maintenant et quel contraste.

Chez nous le virus interroge les consciences médicales, vous en parliez à l'instant, masi aussi les hommes de foi: le Pape François demande aux prêtres de surmonter la peur et de visiter les malades, c'est la une de la Croix, mais attention, il faut prendre des précautions car se mettre en danger  serait  «mettre Dieu à l’épreuve» dit un Jésuite... 

Chez nous le virus porterait sur les nerfs du Président Macron dit le Canard enchainé, car avant une réunion virus, le Président a coupé la parole à Marlène Schiappa en conseil des ministres qui en aurait pleuré, vraiment ? Chez nous en France, on s'entiche dune bonne volonté et le Dauphiné a suivi comme on suit un enfant du pays le ministre isérois Olivier Véran, qui prend sa température comme vous et moi, et  explique pourquoi il annule des marathons en plein air: "Dans une course on transpire et on crache. Imaginez des coureurs venus du monde entier, des centaines, des milliers de crachats, potentiellement porteurs de germes, conservés dans l’humidité du bitume et transférés de chaussure en chaussure."

Chez nous enfin, avec plus d'élévation, on relit Charles  Péguy que le figaro Vox ranime car il nous avait deviné. Péguy, en 1900 atteint d'une sévère grippe méditait sur les aléas de son mal et de son moral .  «Au moment où je me flattais d’un espoir insensé, tout un régiment de microbes ennemis m’envahissaient l’organisme, ils marchaient contre moi de toutes leurs forces:  ils tendaient à persévérer dans leur être». Péguy décida de guérir, il avait des articles à finir. La Mort l'attendait d'une balle en 1914.

Mais  loin de, nous, nos de nos poètes de  nos crachats, là-bas en Chine le virus refluerait , un président Xi Jinping immaculé et masqué a pris la pose à WuHan où l'on ferme les hôpitaux provisoires, et à lire le Figaro il est le chinois proche de la victoire... Est-ce propagande que nous relayons? Dans l'Opinion, une spécialiste de l'Asie soutient que le PC  va sortir renforcé de la crise, qu'il a placé dans sa rhétorique, la guerre populaire contre le virus, et qui lui a permis de recruter des nouveaux cadres dans le personnel médical et donc de renforcer son emprise.

Cette analyse contredit notre espérance de voir une dictature ébranlée. Le figaro encore me dit qu'une écrivaine de wuhan, Fang Fang, a interpellé le pouvoir sur un réseau social.  "Le gouvernement doit humblement exprimer sa gratitude envers ses maitres, les millions d 'habitants de wuhan" Du coup, le parti appelle la ville "cité des héros". Dans Charlie Hebdo, je lis une page poignante signée Badioucao, pseudonyme d'un dessinateur satirique chinois exilé en Australie mais qui, de là bas, illustre les témoignages qu'on lui envoie de Wuhan... Ces petits fleurs vont-elles survivre à la guérison..

On parle aussi de l'Allemagne ce matin...

Et c'est un autre éclairage sur le destin des nations, leur sort se joue si vite. Une immense historienne, Mona Ozouf raconte comment en 1870, la défaite française face à la Prusse transforma notre façon de penser. L'Allemagne n'était plus cette nation de rêveurs et de professeurs  que nous avions cru, mais de soudards où les philosophes devenaient  des "Attilas lettrés"... Et nous-mêmes français, n'étions plus la nation accomplie et sereine, riche de sa gloire , mais des vaincus en quête de coupables. Ozouf a relu pour nous un grand livre d'histoire, "La crise allemande la pensée française", de Claude Digeon, et elle nous le restitue dans la revue, Zadig, trimestriel qui nous parle de la France au plus près des Français, et magnifie cette livraison les gardes forestiers, qui font abattre des arbres plantés au XVIII e siècle et en plantent d'autres qu'on coupera au XXIIIe siècle... Eternité de nous, l'histoire vient en complément logique.

La revue l'Histoire consacre un dossier à cette année 1870 où la Prusse unifia l'Allemagne après avoir balayé une France orgueilleuse . C'est riche. Je vois le portrait de Napoléon III aux traits lourds défait par avance. Le peintre est allemand. Il faut toujours se voir au regard de l'ennemi.

150 ans plus tard, c'est long pour un pays, l'Allemagne est une puissance économique mais qui se découvre me disent les echos démunie dans une mondialisation sournoise. Les données médicales de millions d'allemands se promènent loin de la mère patrie, dans des serveurs américains, accessibles sur internet. Il faut d'urgence construire une santé en ligne allemande puis européenne... L'histoire n'attend pas.

Et on parle de comédiennes...

Par la grace de Juliette Binoche héroïne d'un film qui raconte comment au siècle passé on enseignait aux jeunes filles à devenir de bonnes épouses, et qui a du verbe dans le Figaro pour parler de son corps nu qu'elle prêtait à ses termes à son art...

Je vois dans le Monde deux femmes qui s'embrassent avec passion, sur la scène du théâtre parisien de la Bastille, où la metteuse en scène Pauline Bayle met en scène "Illusions perdues" de Balzac sans s'embarrasser des apparences de genre:  comédiens et comédiennes incarnent simplement les personnages, ils sondent lis -je "le coeur glacial et brulant" du vieux roman, et lisant cela je me dis que cette époque est aussi chouette de tenter...

dans les Inrockuptibles on célèbre le cinéma des femmes, et on échappe au prêche militant par la cinéphilie, le journal fait la liste des 60 films indispensables pour comprendre la part féminine du 7e art, depuis "Madame a des envies" d'Alice Guy en 1906, où une dame enceinte volait la sucette d'un gosse. Lisez et le besoin vous prend d'une salle obscure.

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