L'institut du professeur Raoult facture la consultation Covid au prix d'une hospitalisation de jour, Libération. Sa famille de cœur manifeste au Puy-en-Velay pour Madama Diawara, 19 ans, qui risque l'expulsion, l'Eveil. Le Un sur la jeunesse publie une splendeur de Blandine Rinkel. Dans Beaux-Arts la vie est magnifiée.

On parle d'un bizutage...  

Que deux policiers du commissariat de Vanves, Hauts-de-Seine ont pratiqué sur une collègue le 16 mai dernier, ce serait dit le Monde une pratique courante... Les deux hommes ont menotté menottent la jeune femme, ils l'ont jeté dans une cellule, ils sont allés un peu fort, elle s'est fracturé le poignet... Mais nos compères ne se démontent pas, ils viennent d'arrêter -ils font partie d'une brigade de jour- un homme qui a un peu résisté, pourquoi ne pas lui imputer le poignet abimé... On place l'homme en garde à vue, on rédige un un procès-verbal, l'homme est poursuivi pour « rébellion et violences à agent », ce qu'on lui reproche peut lui valoir 5 ans de prison...   

Mais heureusement, le commissaire de Vanves est bon enfant. Le 22 mai, il téléphone à la policière qui se repose chez elle en arrêt de travail, il veut prendre de ses nouvelles... Elle fond en larmes, elle vide son sac, elle dit la vérité sur sa blessure, le faux procès verbal, elle dit aussi que ses deux collègues la harcèlent depuis deux semaines.   Et c'est ainsi que le commissaire, et la justice alertée ont découvert que dans leur brigade, les deux policiers  étaient des caïds qui incitaient entre autres leurs collègues à brutaliser ceux qu'ils controlaient... Ils sont suspendus et mis en examen pour  « faux, usage de faux, violence en réunion, harcèlement, injures à caractère raciste »... Un beau pedigree pour deux policiers qui allaient passer à la BAC...   

Sur le site de Libération, on rencontre un autre étonnement, cette fois en blouse blanche et pas en bleu, il vient de l'institut hospitalo-universitaire Méditerranée de Marseille, la maison du professeur Raoult... Une bonne maison où un personnel gentil  accueillait les patients de la Covid 19, tests PCR ordonnances d'hydroxychloroquine... Mais ensuite venait la douloureuse, 1264 euros la simple visite... Oh c'était pris en charge par la sécu et la mutuelle mais tout de même...Pour dix minutes de prise de sang plus 4 minutes 30 d'electro-cardiogramme plus cinq minutes pour l'ordonnance, l'institut facturait une hospitalisation de jour, c'était indu pour se faire prescrire un vieux médicament.  

Sud-Ouest, l'Union et l'Ardennais et le Monde se souviennent d'une autre combines politico-financière, l'affaire Bygmalion, officine de com qui dissimulait les arrangements financiers  de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy et qu'on jugera bientôt, sauf si le procès est reporté... Car l'avocat du grand accusé Jérôme Lavrilleux est covidé, lis je dans l'Union. On le voit Lavrilleux dans une nouvelle vie, il était de l'Aisne, il loue des gites ruraux dans le Périgord, il demande au visiteur s'il a trouvé des bois de cerfs en venant, il semble à la fois gibier de justice et chasseur politique encore...    

On parle aussi d'un jeune migrant...   

Que les autorités veulent punir rudement pour une possible combine. A lecture de la Tribune-le Progrès, du site France Bleu, de l'Eveil de la Haute-Loire et du site de l'Humanité, vous lirez que Madama Diawara, un jeune malien de 19 ans, a été placé en rétention administrative à Lyon avant d'être expulsé, il avait été arrêté mardi par la Police de l'air et des frontières à Gerzat, Puy-de-Dôme, où on l'avait convoqué pour croyait-il démêler sa situation, c'était une illusion ou un piège. On lui reproche d'avoir présenté de faux papiers lors de son arrivée en France... Hier plusieurs centaines de personnes ont manifesté  pour lui au Puy-en-Velay où il allait faire un stage chez des agriculteurs, où il vit avec sa famille d'accueil, deux enseignants, Véronique de Marconnay et Eric Durupt, qui avait fait déjà une grève de la faim le mois dernier pour protéger celui qu'ils appellent "l'enfant de notre cœur", on manifestera aujourd'hui à Clermont Ferrand...  

Voilà donc une blessure de chez nous.  Les journaux nous disent d'autres plaies planétaires.

Blessure du nucléaire et des éléments déchainés, quand dix ans après le tsunami et l'accident de la centrale, Fukushima fait les unes du Télégramme du Figaro des Echos et de Libération mais aussi de la République du centre qui se demande si après Fukushima, la centrale de Dampierre est plus sure, l'Opinion et le Figaro défendent l'avenir du nucléaire...  

Blessure d'une guerre qui commença il y a dix ans en Syrie, Ouest-France et l'hebdomadaire la Vie disent les réfugiés syriens dans un exil sans fin. Libération et le Figaro reprennent l'étude de la Croix-Rouge internationale sur la jeunesse syrienne en exil qui entend encore les bombes et les deuils, "Quasiment un jeune sur deux a perdu un proche, membre de la famille ou ami", comment en guérit-on?   

On parle pourtant de sourires...  

L'un tendre et l'autre ironique, Jean-Pierre Mocky éclaire l'Echo républicain, car juste avant sa mort il y a deux ans, Mocky tourneboula  Dreux qui l'accueillait pour le tournage de son ultime film, "Tous flics", quand le verrons-nous? Jean d'Ormesson illumine le Figaro littéraire car on publie sa correspondance. Ces deux là me font penser à une jolie phrase lue dans le Point à propos des mémoires de Pierre Nora -le cœur des vivants est le vrai tombeau des morts...

A sa manière, c'est dans l'indépendant. Louis Aliot, maire RN de Perpignan, fils d'une pied-noir et d'un soldat d'Ariège qui s'était battu en Algérie, garde ses ses morts en mettant sa ville en berne le 19 mars prochain, date du cessez-le feu de 1962. Il voudrait Aliot débattre du passé avec l'historien Benjamin Stora, né français d'Algérie mais défenseur des mémoires partagées. Est-ce absurde?   

Nous devons nous arracher au péché de nostalgie et choisir dans nos journaux des jeunesses éblouissantes. Le Un cette semaine se consacre consacrée à la jeunesse qui attend les jours heureux et accueille le texte sublime de l'écrivaine et chanteuse Blandine Rinkel sur le temps volé, "J'aurais bientôt trente ans et je n'aurais jamais eu 29 ans", et sur l'envie de revivre, de se venger, d'être sauvages comme jamai, de jouer avec l'énergie de jeunes chiots. La splendide revue beaux-arts nous fait découvrir des peintres d'aujourd'hui, jeunes souvent, qui font resplendir la vie quotidienne, une danse, un livre, des joueuses de tennis alanguies...  

A propos de vie quotidienne, Vosges Matin et l'Echo républicain encore sont fin prêts pour le retour de la pèche à la truite samedi, l'indépendant nous dit que l'on commence à récolter la sève des bouleaux, et cela annonce sans discussion le printemps.

Contact
Thèmes associés