Dans la presse ce matin : les allumettes

De toutes les photos qui circulent sur le Net depuis le passage du typhon Haiyan aux Philippines, celle de ce gros bateau à la Une de Libération donne une idée de la violence du vent. Echoué à terre, au milieu des ruines, entrainé par la force du vent. « Tout est détruit, balayé comme des allumettes », c'est le titre du reportage d'Arnaud Vaulerin.

Témoignage d'un homme d'affaires qui a connu les séismes et énormes coups de vents qui ravagent régulièrement l'archipel. "Là c'est vraiment une autre dimension, les dévastations sont terribles, énormes dit-il, à propos de cette ville de Tacloban, au centre Est de l'archipel. L'aéroport est en ruines, encombré de véhicules retournés, il n'y a quasiment plus de bâtiment debout. Une église, le 3ème étage de l'hôpital se sont envolés, l'Astrodome, qui accueillait les matches de basket et les fêtes est détruit. Et le pire, dans tout ça, ce sont les corps, il y en a partout, éparpillés".

Haiyan, « Le plus puissant cyclone à avoir touché terre », rappelle lemonde.fr . Des vents soufflant à plus de 360 km/h, un bilan qui pourrait largement dépasser les 10.000 morts.

Reportage du quotidien britannique The Telegraph : deux victimes sur cinq sont des enfants.

Question sur lefigaro.fr : comment mieux gérer l'aide humanitaire qu'après le tsunami de 2004 ?

On se souvient de la concurrence entre ONG, l'envoi d'équipements inutiles, la difficulté à gérer les dons. Pas question de brider la générosité, évidemment, mais le directeur d'un centre australien sur l'aide d'urgence appelle à octroyer des dons de façon réfléchie et prudente. Eviter l'afflux ingérable de toutes sortes de biens dans les zones sinistrées qui créent des points de congestion et peuvent entraver l'acheminement de bien ou de denrées de première urgence.

Comment être plus efficace ? Article de slate.fr sur la solidarité numérique. Vendredi, avant même le passage du typhon, à Paris, une start-up lançait un appel aux codeurs informatiques. Objectif, rendre l'aide plus efficace : en agrégeant les mises à jour des comptes Twitter les plus importants, en géolocalisant les appels à l'aide, en créant une plate-forme de coordination des acteurs sur le terrain. Depuis vendredi, 80 développeurs sont lancés dans un marathon de programmation informatique, entre Paris, Manille et San Francisco.

Dernier éclairage : celui de la correspondante du Guardian , le quotidien britannique, aux Philippine. Article empreint de fatalisme et d'optimisme.

Pas d'eau potable, pas de nourriture, pas d'électricité après le passage du typhon ? C'est vrai mais c'est le lot commun pour une majorité de Philippins. « Nous sommes un peuple résilient, habitué aux conditions dures et aux catastrophes naturelles (…) Nous ne resterons pas à terre longtemps ».

Quelques notes sur la France

Quand vendredi, l'agence Standard and Poor's a dégradé un peu plus la note de la France, de AA+ à AA, on s'est dit que c'était une allumette de plus pour alimenter le climat incendiait pour le gouvernement en et automne 2013.

Mais trois jours plus tard, le monde continue de tourner, et dans Le Parisien entre autres, on relève le tweet vengeur d'un conseiller de Matignon : "Dans ta face !" Il a confondu son compte personnel avec le compte officiel des services du Premier Ministre, mais le message est ailleurs. Le tweet renvoyait vers un article de l'économiste Paul Krugman sur le site du New York Times . Vous le trouverez en français ce matin sur le site de Courrier International . Le Prix Nobel défend l'économie française : déficit budgétaire contenu, PIB à son niveau d'avant-crise, dette pas si menaçante, perspectives budgétaires à long terme pas si mauvaises. Le « french bashing », est selon Krugman, idéologique. On reproche à la France de faire le choix d'augmenter les impôts et de ne pas alléger les dépenses sociales.

Une allumette qui ne prend pas donc. Tant mieux pensera-t-on à l'Elysée, car ailleurs « Les bonnets rouges sortent de Bretagne », à en croire Libération , la fronde anti-écotaxe s'étend. Dans ce contexte, en ce 11 novembre, Hollande rêve d'unité nationale, titre Le Figaro .

En attendant, sous pression, entre autres, des agences de notations, la France et une bonne partie de l'Europe continuent de vivre à l'heure des restrictions budgétaires. Qu'est ce qui a changé dans le paysage depuis le début de crise ? Les universités européennes ont perdu des plumes. C'est « Le souffle de l'austérité », titre Médiapart . Deux des plus grosses universités d'Athènes, en quasi faillite, n'ont pas rouvert depuis la dernière rentrée universitaire. Les deux tiers des pays européens ont réduit leurs dépenses consacrées à l'enseignement supérieur. Et dans une partie de l'Europe du Sud - Espagne, Italie, Portugal - ou encore en Irlande, on vit au rythme des baisses : investissements, nombre et salaires des enseignants chercheurs, nombre d'étudiants. Les droits d'inscription, en revanche, ont augmenté. En décembre dernier, les recteurs d'universités espagnoles lançaient un avertissement : « nous nous retrouverons sans l'une des armes nécessaires pour avancer et sortir de la crise : la connaissance »

Et quelle note faut-il mettre à la diplomatie française ?

Bernard Guetta en parlait il y a quelques minutes : à Genève la fermeté française a manifestement joué un grand rôle dans l'échec des négociations intérimaires sur le nucléaire. Vu d'Iran, raconte Courrier International sur son site, c'est la France qui a saboté l'accord. La France qualifié d'âne israélien ajoute Rue 89 . Les milieux diplomatiques anglo-saxons sont très critiques. « Fabius accusé d'avoir bloqué un accord », titre encore Médiapart . Slate répond : cette fermeté face au nucléaire iranien est une constante de la diplomatie française. De ce point de vue, pas de rupture avec les années Sarkozy. Pour Rue89 , l'épisode Syrien de l'intervention avortée en Syrie a laissé des traces que l'on a sans doute vues ce week-end à Genève. La France a voulu montrer qu'elle ne se plaçait pas toujours dans l'orbite des Etats-Unis. Le montrer aux autres européens et aux Etats Unis aussi, qui avaient lâché Paris en rase campagne dans cette affaire.

Quoi d'autre dans la presse ?

La France notée à la rubrique sportive. Il y a « Un manque à gagner ». Titre de Midi Olympique ce matin après la défaire, valeureuse mais défaite quand même, des bleus du rugby face à aux all blacks samedi. « Peut-on croire en ces bleus ? » se demande le journal des passionnés de rugby. Une seule victoire en 2013.

Quant aux bleus du foot, ils sont à quatre jours d'une rencontre diablement importante : le barrage aller face à l'Ukraine en coupe du monde. Là non plus, la note n'est pas brillante. Dans une interview à L'Equipe , Didier Deschamps, le sélectionneur s'en amuse même : « j'ai le plus mauvais bilan de tous les sélectionneurs ». Mais il défend longuement ses choix et ses Bleus face aux résultats médiocres et à l'impopularité persistante. Sur ce sujet, il pointe la démagogie des commentateurs : « L'essentiel est-il vraiment que les joueurs soient beaux, gentils et éduqués ? (…) Certains ont envie de nous voir perdre ».

Il y a tout de même un triple A pour le sport français ce matin dans la presse. Il est inscrit sur le sac de golf de Victor Dubuisson. A 23 ans, il a maté Tiger Woods, entre autres, pour remporter son premier tournoi sur le circuit européen, en Turquie. Le barbu originaire de la côte d'Azur est dans le top 50 mondial ce matin. Ce garçon est capable en toute décontraction d'envoyer une balle de golfe à + de 300 mètres. Ce week-end « il mangé du Tigre », titre L’Equipe .

A demain !

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