Mort de Léonard Cohen, la mise aux enchères de la robe scandaleuse de MArylin, les acteurs et victimes du 13 novembre

La revue de presse, bonjour Hélène jouan

On commence par la nouvelle de la nuit, Léonard Cohen est mort. Et sa patrie d’origine, le Canada est en deuil

“Good night Lenny, bonsoir léonard Cohen» titre ce matin le journal de Montréal. Au pied de sa maison, les fans se pressent. Hommage à l’homme au chapeau, qui l’été dernier tout juste, envoyait à sa muse Marianne, ces quelques mots prémonitoires : « « Adieu ma vieille amie lui écrivait il, mon amour éternel, nous nous reverrons »

« Vous le poète, l’homme qui aimait les femmes, qui savait chanter leurs attraits, leur mystère, vous êtes parti retrouver Marianne et vous nous laissez orphelins et orphelines écrit Sophie Durocher dans le journal de Montréal.Vers qui va-t-on se tourner maintenant pour comprendre les tourments de l’âme humaine ?Qui va nous dire « There is a crack in everything, that’s how the light gets in » ?Qui va nous décrire notre avenir comme vous l’avez fait dans la chanson prophétique The Future ? se demande t elle… C’est du crack pour l’âme, du venin pur jus, de la poésie hard »

Hommage de radio canada encore qui le consacre « maitre du spleen et de la solitude existentielle, amoureux des mots et des lettres, plus reconnu sur le vieux continent qu’en Amérique du nord, « peut-être parce que là-bas, ils ne comprennent pas mes paroles » s’amusait-il. Certaines pourtant nous étaient tellement familières…

SON La complainte des partisans

La complainte du partisan, écrit en 43 par emmanuel d’astier de la Vigerie, un peu revue mais surtout chantée par Léonard Cohen, en concert ce soir là à Dublin..

Et puis l’une des dernières grandes interviews, enregistrée par David Remnik pour The New Yorker, en septembre dernier. Dernière photo du gentleman au chapeau appuyé sur sa canne, affaibli par son cancer, derniers mots où il se dit prêt, prêt à la mort…de sa voix grave, devenue plus belle d’année en année, « cette voix profonde comme l’océan » dit Remnik

SON NEW YORKER

So long Leonard Cohen, « Mister cohen, reluctant pop star », cette homme devenu star malgré lui, et quelle star écrit Larry Rohter dans une magnifique et quasi exhaustive nécrologie du New York Times, Mister Cohen consacré par le journal « maitre du désespoir érotique ». Il y a pire épitaphe

Et ce matin, c’est un autre morceau d’érotisme qui reparait…

La quintessence du glamour américain, mis aux enchères à Los Angeles le 17 novembre prochain : un morceau d’étoffe, mais quelle étoffe !

Le magazine Week end des Echos nous raconte ce matin la formidable histoire de la robe que Marylin Monroe portait lors de la cérémonie d’anniversaire de John Kennedy au Madison Square Garden en mai 1962… cette soirée où elle susurra le plus érotique des « happy birthday mister president », l’une de ses dernières apparitions. Sébastien Cauchon raconte qu’en acceptant l’invitation, la star a d’abord un peu menti à l’entourage de JFK, promettant de porter une robe « très comme il faut ». Elle met sur pied un plan bien différent. Elle réclame au couturier français Jean Louis Berthault « une robe qui fait date, une tenue éblouissante ». Elle a en tête les incroyables tenues de scène que le styliste a créées pour Marlène Dietrich, ces robes couleur chair qui suggèrent la nudité sans montrer un centimètre de peau et qui ont contribué au come-back de l’ange bleu. Après avoir pris les mesures sur une Marylin, nue, Jean Louis Berthault iImagine une gaze de soie grège venue de France s’il vous plait, à même la peau, mais il en double l’épaisseur au niveau de la poitrine et de l’entrejambe, 200 pièces savamment assemblées recouvertes d‘un motif aléatoire de 2500 brillants. Ca y est, vous la voyez cette robe ? une seconde peau, éclatante, qui dénude plus qu’elle n’habille…A 22H30 ce soir là, quand le maitre de cérémonie annonce « Mister president, the late Marylin Monroe », elle s’avance, fait glisser son étole de vison blanc, fait un pas de côté pour que le pupitre ne cache pas sa silhouette et entonne le célèbre refrain. Sidération dans l’assistance avant l’ovation…Marylin éclipse jusqu’au président. La robe provoque la fureur de son entourage et la fin d’une liaison supposée. Cette robe surnommée robe JFK restera dans un carton pendant 27 ans avant d’être exhumée. Son vendeur espère la semaine prochaine, tirer de cette robe scandaleuse, 3 millions de dollars.

Et puis dans la presse enfin Hélène, le souvenir du 13 novembre 2015

Sincèrement, on ne replonge pas de gaité de cœur dans ce cauchemar d’hier, mais de façon assez incroyable, ceux qui ont été au plus proche du drame trouvent souvent les mots pour nous accompagner voire nous apaiser dans ce chemin mémoriel.

Quelques exemples dans la presse ce matin : Dans Télérama, Didi, le responsable de la sécurité du Bataclan. L’homme est parvenu à faire évacuer quelques 200 spectateurs hors des zones de tir des terroristes ce 13 novembre au soir. Modeste, il raconte cette folle soirée, où tout s’enchaine. Après, les policiers lui ont dit « c’est inconscient, suicidaire ce que tu as fait de re rentrer dans la salle. Lui, dit « j’aurais pu mourir plusieurs fois dans cette soirée, mais face à une situation tellement extraordinaire, ce n’est pas la raison qui parle, mais l’adn, l’instinct, l’adrénaline. Je ne me voyais pas quitter les lieux tant que ce n’était pas fini »

Daniel Psenny, journaliste au Monde qui habite à quelques pas du Bataclan, spectateur puis acteur ce soir-là de l’aide apportée à tous ceux qui s’enfuient de la salle. Grièvement blessé par l’un des terroristes. Il se confie au magazine du Monde, M. Revient sur cette soirée, qu’il filme d’abord, « étais je voyeur ou témoin, journaliste ou citoyen ? ». Il raconte l’après aussi, ce statut inconfortable d’apatride, victime et journaliste. Ces journalistes tellement mal vus, même par les victimes… La douleur qui lui reste de cette tragédie, mais aussi le souvenir d’avoir vu ce soir-là « le meilleur du monde quoi qu’on en dise », loin de cette France moisie et de ces français rabougris qu’on se complait à décrire

Les récits de ces couples qui se sont formés, unifiés, plus rarement défaits de ce soir-là. Dans L’Obs, Nawal et Jérémy unis par le « rire du pire ». Le 13 novembre, nawal n’a cessé d’envoyer des blagues par sms à Jérémy terré au Bataclan pour l’aider à tenir. Aujourd’hui, quand elle lui demande de faire la vaisselle, il répond « je ne peux pas, tu sais je suis un rescapé du Bataclan ». Et ça les fait rire.

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