Le Monde, Libération, le Point, les journalistes Charles Enderlin et Danièle Kriegel racontent Erekat, que l'histoire a trahi. L'Equipe, après le New York Times, raconte la chute de la maison Le Graet, une fédération de football épuisée de clans et de scandales. Emile Zola aimait les moineaux de Paris, le Figaro!

On parle d'un homme de paix...

Qui aurait mérité d'entrer superbe dans l'histoire mais l'histoire s'est dérobée à lui et Saeb Erekat, je le lis dans le Monde, avait eu ce mot qui peut hanter bien des hommes, "je n'ai pas fini ce pourquoi j'étais né"... Cette paix entre Israel et la Palestine qu'il avait incarné plus que tout autre côté palestinien, il était de la Palestine le négociateur depuis trente ans, il incarnait "la solution à deux états" aujourd'hui déchirée, l'idée de deux pays, Israel et la Palestine, se partageant Jérusalem, un capitale commune. Jérusalem où Erekat est mort hier dans un hôpital israelien, Hadassah, victime du covid-19.

Je lis dans Libération que, contre la droite nationaliste furieuse qu'un hôpital hébreu ait accueilli le mourant, un diplomate israelien, Gilad Sheer, qui avait souvent bataillé avec Erekat,  avait pris sa défense. « Saeb Erekat a fait plus pour résoudre ce conflit que la plupart des Juifs et Arabes. Il a consacré sa vie à l’effort sisyphéen de mettre fin aux effusions de sang."    

Erekat est raconté sur les sites du Monde, de Libération, du Figaro, de jeune Afrique et sur la page Facebook d'un grand journaliste, Charles Enderlin, dont Erekat était un proche et le héros d'un documentaire vieux de 17 ans sur l'échec du processus d'Oslo, qui s'appelait "le rêve brisé ». Mais à la fin du film Erekat jurait qu'un jour la paix serait là.

Il était un homme tranquille de Jéricho qui démissionnait souvent et revenait toujours,  on lui avait reproché de trop céder aux israeliens. Quand Donald Trump et Benjamin Netanyahu s'étaient entendus pour exclure la Palestine de son destin, Erekat avait perdu. En juin dernier, raconte Libération, un de ses neveux  avait été abattu à un check-point par des soldats israéliens, qui l'accusaient d'une tentative d'attentat... Erekat n'avait pu obtenir que la famille récupère son corps. 

Ce même mois de juin, Erekat avait accordé à une autre grande journaliste, témoin de sa vie,  Danièle Kriegel, correspondante  en Israel du Point,  une interview qui résonne en testament. 

"Je suis celui qui a promis à la population palestinienne que, lorsque j'aurais reconnu Israël, renoncé à la violence, accepté la solution à deux États et négocié, elle serait indépendante, libre et dans son propre État. Aujourd'hui, des membres de ma propre famille refusent de me serrer la main. Si les Israéliens annexent, je resterai dans ma maison, dans mon bureau en quarantaine pour toujours, j'aurai trop honte."

Et ce mot, quarantaine, ajoute l'ironie à la tristesse, puisque c'est le Covid, après la politique devenue déraisonnable, qui a eu raison de lui? 

Et le covid justement nourrit une nouvelle polémique en France...

Une méfiance  envers la science, que l'annonce de l'efficacité possible d'un vaccin exacerbe... Elle éclate cette méfiance dans Nice-Matin dont des lecteurs interrogés sur internet disent, à 70% qu'ils ne se feront pas vacciner, on dira que le web favorise les déclaration extrêmes mais le hiatus est là, Sud-Ouest et le Parisien sont passionnants et terrifiants qui se sourcent à une même étude scientifique, ce sont 30% des français qui seraient arcboutés sur un refus d'un vaccin contre le covid, nous sommes parmi les plus méfiants des peuples, faudra-t-il se demandent les journaux nous imposer le vaccin? 

En attendant,  la maladie est là, des agents de l'hôpital d'Epinal positifs au virus sont au travail, dit Vosges-matin, et le covid modèle nos habitudes.

Je lis dans l'Union, qu'au village d'Auménancourt détruit pendant la Grande guerre puis reconstruit, on commémore aussi bien la victoire que le souvenir de la grippe espagnole, la pandémie est un retour de l'histoire...

Dans Ouest-France, le Parisien, le Dauphiné, on célèbre la réouverture des restaurants de routiers et la dignité et les repas rendus à ceux qui roulent pour nous. J'apprends dans Nice-Matin qu'en 14-18, des réfugiés du Nord et de l'Est s'étaient révoltés à Nice parce qu'on leur servait des pâtes à l'ail... . 

Et on parle enfin d'un président...

Un président vétéran de 77 ans qu'on appelle « le Prez » affectueusement dans son royaume qu'il ne tient plus vraiment, et c'est une autre histoire de destin qui se dérobe quand l'Equipe raconte la chute de la maison Le Graet, Noel de son prénom, patron d'une Fédération française de football déchirée de haines de rivalités de scandales sexuels mal étouffés...  Et l'Equipe nous montre cruellement Le Graet dont les méthodes d'antan, on s'arrange en famille, ne marchent plus, et qu'il est triste de vieillir. 

En Russie, quand la France devenait championne du Monde, Le Graet n'était qu'un spectateur de l'épopée, affaibli par une maladie, on n'avait pas même pas pensé à lui garder une place à table loirs du banquet de la victoire et la musique des jeunes bleus n'était pas la sienne, que faire contre cela... 

Ce que décrit l'Equipe avec un sens aiguisé du récit et et de l'empathie avait déjà été raconté, plus froidement, par le New York Times à la mi-octobre... Le Times insistait moins sur la chute de Le Graet que sur l'ambiance toxique qui existe à la fédération, le choix des mots dit une culture. Un site lié à l'INA, la Revue des media, s'interroge sur le talent des correspondant du New York Times pour raconter nos failles sociétales. La Revue des media s'appuyait sur l'affaire Matzneff, mais cette histoire de foot vient nourrir cette question.

Cela dit, on peut être français et aller chercher au-delà des habitudes. Et puisqu'on parle de Matzneff, Street Press, après la revue Politis, raconte documents à l'appui comment l'écrivain pédophile fut aimé soutenu admiré encensé à l'extrême droite: la tolérance morale ne fut pas simplement l'affaire -comme on l'a lu- des gauches soixante-huitardes, mais alors, qui est innocent? 

Et bien, est innocent l'oiseau, le moineau le piaf de Paris, que le grand Emile Zola avait célébré dans un article du Figaro de 1867 que le Figaro aujourd’hui exhume:  "Le véritable enfant de Paris, le gamin de l’air, est le moineau franc, le pierrot qui porte la blouse grise du faubourien. Il est populaire, gouailleur, effronté"... Ainsi parlait Emile quand Badinguet régnait!

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