Les Anglais avaient inventé la "Dame de Fer"... Et si les Allemands nous proposaient la "Dame de Verre". Angela Merkel, à la tête de l'Allemagne et d'un fragile équilibre politique... La majorité des journaux saluent cette première que constitue l'accès d'une femme à la Chancellerie... Comme "Les Echos", qui nous livrent ce conseil : "Méfions-nous des apparences". Françoise Crouigneau explique : "Au miroir des traditions politiques françaises, la grande coalition annoncée outre-Rhin n'a rien de rassurant... Elle peut même conduire à la paralysie de la première économie de la zone Euro. Cette vision a un avantage : elle sonne clair. Elle a surtout un inconvénient : elle est aussi simpliste que la réalité allemande, qui reste souvent méconnue des Français. N'oublions pas que l'Allemagne peut compter avec une vieille et solide tradition : celle du consensus. C'est vrai qu'en France, ce n'est pas une spécialité". Pas du tout d'accord, Pascal Aubert, dans "La Tribune", parle du mariage de la carpe et du lapin... SPD et CDU ne sont d'accord que sur un point : oui, il faut des réformes, mais pour le reste, tout les sépare... Ce qui pousse Pascal Aubert à parler de "cohabitation"... Qui fut une spécialité française. Alors, pour ce qui concerne le prisme déformant de l'analyse française, retenons ces quelques lignes de Francis Brochet, dans "Le Progrès". "Vous ne connaissez pas Angela Merkel, la future Chancelière : une scientifique dénuée de sens politique, fagotée comme une nageuse est-allemande. Le portrait est injuste, poursuit Brochet, mais il s'imposera en France, avec la même évidence qui a fait de Gerhard Schröder un politicien sans scrupules, et de Helmut Kohl un jovial balourd. Nous jugeons d'ailleurs que Bush n'est qu'un cow-boy fasciste, Berlusconi un mafieux et Blair un tricheur... Eh oui : les Jeux olympiques, c'est à Paris qu'ils auraient dû se dérouler ! Eh bien, les Allemands, eux, pour évoquer la France, disent : "La grande Nation"... Heureusement qu'on les sait incapables d'ironie !" Voilà, c'est parti... Il y a fort à parier qu'on va beaucoup entendre parler de Nicolas Sarkozy et de sa nouvelle compagne, Anne Fulda, journaliste politique au "Figaro", spécialiste de l'UMP... Secteur qu'elle a abandonné il y a un mois par déontologie... Et c'est "France Soir" qui ouvre le bal... Il est vrai que, dès samedi, "Le Parisien" avait brisé le silence en révélant que le ministre de l'Intérieur partageait sa vie avec une journaliste... Maintenant, on connaît son nom... Et c'est "VSD" qui devrait publier les photos cette semaine. Alors, "France Soir" se justifie... "D'abord, c'est un secret de Polichinelle", explique Serge Faubert... Et puis, pendant la campagne pour la Présidentielle, on verra forcément Nicolas Sarkozy au bras de sa compagne qui, après tout, deviendra peut-être la Première dame de France... Ne serait-ce que pour cette seule raison, les Français doivent savoir, conclut notre confrère de "France Soir". Un jour, figurez-vous, je suis allé chez un spécialiste... Un médecin... Il m'a gardé à peine 5 minutes... Et il m'a dit : "Monsieur, c'est 90 euros". Voilà une mésaventure qui vous est peut-être arrivée, parce que c'est une pratique en forte croissance, confirmée aujourd'hui par le journal "Le Parisien" Sur la foi de deux études confidentielles de l'assurance-maladie. Dépassements d'honoraires illégaux, tarifs exorbitants de certains spécialistes... "Le grand dérapage", titre le journal... Ce qui est intéressant surtout, ce sont les conseils que nous donne le journal pour éviter les pièges. D'abord, il faut savoir, lorsque vous prenez un rendez-vous, si votre médecin est en secteur 1 ou 2. Déjà, lorsque vous poserez la question, ça impressionnera la secrétaire, qui se dira : "Attention : voilà un patient qui connaît son affaire"... Car cette histoire de secteurs est importante... En "1", il ne peut pas pratiquer de dépassement tarifaire illégal... Et s'il est en "2", ses tarifs sont libres... Il faut donc bien demander ses honoraires avant. Le problème, c'est que les médecins de secteur 1 commencent, eux aussi, à dépasser les honoraires, pour ne pas être en reste vis-à-vis de leurs collègues du secteur 2. Et là, ça devient compliqué pour le patient. Maintenant, mieux vaut être malade ailleurs qu'à Paris, parce que c'est dans la capitale que les tarifs s'envolent, quels que soient les secteurs. Enfin, il apparaît que ce sont les gynécos et les ophtalmos qui en prennent le plus à leur aise... Ils se surpassent, et dépassent allègrement les honoraires... Le phénomène sévit également, de façon très sévère, chez certains chirurgiens, qui font payer une intervention deux fois plus cher que le tarif officiel. Croisons les doigts… En tout cas, "France Soir" nous annonce des vendanges exceptionnelles… Ce qui veut donc dire millésime 2005 exceptionnel. Les vins du Sud-Ouest : tous les superlatifs y passent… Nous allons tutoyer le millésime rare, disent les vignerons. Vins de Loire : année idéale… Alsace : les pinots à la fête… Rhône : qualité optimale… Bourgogne : la meilleure récolte depuis 89, surtout pour les vins blancs. N’en jetez plus. C’est un dossier de 4 pages dans "France Soir", comme un grand sourire dans la morosité ambiante. Arno Levy, bonjour… Vous êtes rédacteur en chef à "France Soir", auteur de ce dossier sur le vin… Quels ont été les ingrédients de cette récolte exceptionnelle ? * Vous publiez un graphique de la baisse de la consommation du vin en France… Alors, est-ce que la récolte, dite exceptionnelle pour 2005, n’est pas une opération de marketing pour doper les ventes ? Merci Arno Levy. Parmi les raisons qui expliquent la baisse de consommation du vin, il y a la loi Evin, qui s’applique aussi à la cigarette…Et aujourd’hui, "Libération" explique comment le lobby du tabac s’arrange avec la loi... S’arrange… on va dire ça comme ça… A coups de petits cadeaux. La scène se déroule dans un bar-restaurant branché de Paris… En septembre, le patron de l’établissement est contacté par un marchand de cigarettes, une grosse compagnie américaine. D’emblée, le VRP multiplie les offres de cadeaux, alors que la propagande ou la publicité directe ou indirecte pour le tabac est interdite dès lors qu’on n'est pas chez un buraliste. Dialogue : Le VRP : nous fabriquons les cigarettes Lucky Strike : Je viens vous proposer de remplacer vos Malboro par nos cigarettes.. Oh, vous savez, répond le patron du bar, d’abord les Malboro, ce sont les plus demandées, et puis moi je dois vendre à tout casser une cartouche par jour… Alors… Oui, mais on estime qu’un fumeur sur 6 qui achète notre marque en café, restaurant ou discothèque, va ensuite la demander spontanément au buraliste. Bon : on signe un contrat ? demande le patron du bar... Non, pas de contrat… Comment ça ? Ca marche sur la confiance. Qu’est-ce que j’ai à gagner alors ? On a un tas de choses : T-shirts, chemises, écrans LCD. Ah bon. Dites-moi, reprend le patron : vous êtes au courant qu’il pourrait y avoir une loi en France qui interdise de fumer dans tous les établissements publics… Oui, mais de toute façon, ils ne feront rien avant la Présidentielle… Vous avez vu ce qui s’est passé en Irlande : ils l’ont fait… Le chiffre d’affaires des bars et restos a chuté de 30 pour cent. Et pour vous, les cigarettiers…Nous, il y aurait moins de casse… La baisse irait de 10 à 20 pour cent, au pire. Voilà comment on s'en sort. On va terminer avec une interview réussie. Vous savez, pour y parvenir, il faut deux conditions : un bon interviewé et un bon intervieweur. Là, c'est la femme qui pose les questions, et c'est l'homme qui y répond. Il s'agit de l'interview de Gérard Lanvin dans "Elle"... L'acteur est interviewé par Alix Girod de l'Ain qui, fidèle au style du magazine "Elle", avoue qu'elle a craqué... Et elle le dit d'emblée dans le chapo de son interview... "Viril, vous avez dit viril... A croire que le mot a été inventé pour Gérard Lanvin". "J'aurais aimé, écrit notre consoeur rien que pour la joie de surprendre la lectrice... J'aurais aimé révéler que Gérard Lanvin n'est pas du tout l'homme que l'on croit... Qu'il ressemble davantage à son patronyme, à croquer du chocolat fin en robe longue, qu'à son prénom à conduire des poids-lourds... Hélas, dans la vie, Gérard Lanvin incarne tout ce que l'on peut savoir, imaginer et rêver de la masculinité à lui seul. Et voilà : Gérard Lanvin les fait toutes craquer... Ce qui, avouons-le, est un peu énervant... On ne peut plus rien y faire. Alors, Alix Girod de l'Ain, de "Elle", décline son article en 7 leçons, sur le thème "Un homme, un vrai"... Leçon numéro 1 : marcel blanc en Y moulant son dos, pantalon de treillis au plus près du postérieur, nuque large et brune : un homme, un vrai, se reconnaît de dos. Sur le trac, Gérard Lanvin dit : "Je n'en ai pas, juste du doute, la ligne de flottaison des gens raisonnables. Et je déteste ceux qui disent : "Je me suis mis en danger pour ce rôle"... Qu'ils aillent donc en Irak, ces bouffons ! Leçon : un homme, un vrai, cache sous son beau visage taillé à la serpe un moraliste du 17ème siècle en perruque bouclée. Evidemment, l'acteur a fait rire la journaliste... Bien sûr : un homme, un vrai, a de l'humour, mais pas des tonnes non plus... Juste ce qu'il faut. Enfin, quand Gérard Lanvin dit du milieu du cinéma : "Lâchetés, manque de parole, ingratitude, argent gaspillé"... On dit : un homme, un vrai, c'est un homme qui est capable de vous dire cash qu'il ne croit pas à l'efficacité des yaourts contre le cholestérol. Et on ajoutera qu'une journaliste, une vraie, est une journaliste qui assume ses coups de coeur.

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