On reparle avec vous de l’affaire Weinstein, ce producteur de Hollywood dévoilé comme un prédateur sexuel…

Ce que des hommes font à des femmes. Et comment le raconter

« Il souleva sa jupe, écarta ses jambes, il lui fit un cunnilingus et elle lui disait d’arrêter. « Il me terrifiait, il était tellement grand, il ne s’arrêtait pas… Cet homme gigantesque qui voulait me dévorer. Si j’avais été forte, je lui aurais donné un coup de pied dans les couilles, et je me serais enfui. Mais je ne l’ai pas fait et je me sens responsable. »

C’est dans le New Yorker, on peut le lire en ligne sur internet…. Ce sont les mots de l’actrice italienne Asia Argento, violée par Harry Weinstein à l’age de 21 ans, et tombée sous sa coupe ensuite, elle était revenue le voir, elle avait eu des relations sexuelles avec lui … elle se sentait obligée, elle ne voulait pas le fâcher … “Quand je le vois je me sens petite, faible, idiote, après le viol il a gagné”…

L’enquête est racontée aussi en français dans Libération, sur les sites du Monde, du Figaro, qui se fait le miroir des media anglo saxons et raconte ceci. En 2004, une première enquête du New York Times aurait été enterrée «Après d'intenses pressions de Weinstein, et des acteurs Matt Damon et Russel Crowe »…

Comment vivre ensuite… Christine Angot parle dans Télérama… et elle ce qu’elle dit est infiniment plus fort et beau que la médiocrité des polémiques qui ont entouré « On n’est pas couché »…

Elle dit ceci Angot à propos du viol. « Moi, quand je l’ai vécu, j’aurais préféré être morte que de le vivre. »

Mais elle dit aussi cela. « J’en ai assez qu’on demande aux femmes de revendiquer la souffrance. Une souffrance rapportée au travail, aux tâches ménagères, aux enfants qu’il faut faire garder, au sexe, à la séduction, à l’âge, on n’en peut plus ! Les femmes, il y a quand même autre chose à en dire ! Je me souviens, quand j’étais petite, de la joie intense que j’avais d’être une fille. C’est tellement gai d’avoir cette identité féminine, et cette joie, qui ne doit rien aux hommes. »

La joie d’être une fille. Nicolas, Léa, ou la fierté…

On la devine chez ces femmes médecins dont parle Libération dans un cahier spécial de huit pages qui raconte la féminisation de la profession médicale… Une jeune femme crève les pages, elle s’appelle Alizée Porto, interne en chirurgie. « Quand un chirurgien femme entre dans la chambre avec un homme, étudiant et plus jeune, le patient s’adresse à l’homme en priorité. "Je le verrai quand, le chirurgien ?"

« Je pense que les choses vont changer, les hommes aussi vont vouloir rentrer chez eux plus tôt, avoir une vie un peu plus classique. Qu’on soit homme ou femme, on ne va pas se tuer à l’hôpital. »

Bonne vie, bonne joie.

Une interview d’un homme dans Les Inrockuptibles

Celle du chanteur Bertrand Cantat et on est de l’autre côté de la frontière de la violence. C’est difficile à aborder… Le sort de Marie Trintignant, morte des coups de Cantat, imprègne ce que l’on ressent de cet homme…

Mais c’est un texte où un journal et une culture se racontent… Une interview sur le rock ; sur la musique, sur ce qu’elle sauve de l’enfer… La Une du journal dit tout avec un long extrait…

« La beauté lentement en frottant a retrouvé une petite place. J’ai refait mon parcours avec les albums fondateurs, ceux qui m’ont imprégné depuis toujours ont aidé à ma reconstruction. Des doors à Joy division »

Les Inrocks ne pouvaient pas se soustraire… La musique est la vérité choisie de ce journal et Cantat est de cette vérité… Il est des inrocks depuis trente ans… c’est dans les inrocks, il y a exactement 4 ans, qu’il avait parlé longuement de la mort de Marie trintignant, du suicide aussi de sa femme Krystina Rady…

C’était le même journaliste Jean-Dominique Beauvallet, qui retrouve Cantat…

Et tout est en tension… entre l’envie d’admiration ou de complicité avec le chanteur… il est dans la maison de nino ferrer, il fait penser à Leo ferré, il écoute de la musique planante, même supertramp, j’assume dit Cantat

Comme si rien ne s’était passé…

Et en même temps tout est toujours là. Son album va s’appeler Amor Fati« Amor Fati pour Niestche consiste à aimer son destin à l’accepter au moins, quel que soit son enfer »

La catalogne et son indépendance suspendue sont dans les journaux...

La Catalogne est le choix de Une de Libération du Figaro et de l’Opinion… le Figaro célèbre un homme déprécié, Mariano Rajoy… « l’intelligence émotionnelle », c’est sans doute beaucoup demander au conservateur des hypothèques… » Mais enfin, il tient, et son immobilisme serait une vertu politique…

L’immobilisme comme une vertu… cela contraste avec notre paysage français…. L’activité du pouvoir marque la presse. Nicolas Hulot veut taxer les bétonneurs pour protéger les terres agricoles, scoop du parisien… Agnes Buzyn va nous sauver la vie en augmentant le prix du paquet de cigarettes, c’est une chronique de Laurent Alexandre dans l’express… et nos députés deviennent vertueux… la consommation d’alcool a baissé de moitié à la buvette de l’assemblée depuis les dernières élections… C’est dans Ouest France…

Et au sommet de cette pyramide… L’homme qui bouge… le Président…

« Macron lance sa révolution agricole » la Une des échos… il veut relever les prix des produits agricoles…

« Macron continue de dérouler son programme … » c’est le Parisien au titre de Une coupé en deux… Les manifs continuent Macron aussi.

Il faut l’humanité pour célébrer l’unité du peuple fonctionnaire… Mais qu’est-ce qui motive le peuple ?

La voix du Nord raconte la manifestation comme un bon moment… La manif vue des estaminets de la place Simon Vollant, ces cafés où l’on s’échauffe le slogan à la bière brune et le commerce tourne : « Comme on dit, une belle manifestation, c’est comme une petite Braderie… »

Et pour finir une bataille européenne… vitale pour notre économie…

C’est un grand article des échos. La bataille du parlement européen pour empêcher que la chine soit considérée comme une « économie de marché »… par l’Europe… un statut qui lui aurait permis de « porter un coup fatal » à nos industries, en nous submergeant de produits vendus à perte… Ce n’est pas arrivé, les échos racontent comment dans un article plein de juridisme et de coulisses –la diplomatie maltaise a joué nous dit-on « un rôle extraordinaire ».

Ainsi avons-nous échappé aux naïvetés du libre échange… C’est un journal libéral qui le dit….

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