L’Obs et l’Express passent Emmanuel Macron à la moulinette de « 500 français représentatifs » et de six psys. Le Point encore plus cruel, dans les bonnes feuilles d'une biographie de Mimi Marchand, reine des paparazzades et gardienne du Président. Nos aïeux, poilus rescapés et brisés après 1918, dans le Pays roannais.

On commence par un salon...

Qui se tiendra à Cannes les 9 et 10 novembre et qui fait la une de l'Humanité, un salon pour les heureux de notre monde, où pour 1500 euros vous aurez au Martinez-Hyatt soirée de gala, huîtres et champagne à volonté et dégustation de cigares, mais  surtout les clés des échappées fiscales et des passeports de complaisances, pour "la meilleure combinaison entre avantages fiscaux et avantages de citoyenneté ou de résidence " promet un des exposants du SALON INTERNATIONAL DE L'EMIGRATION ET DE L"IMMOBILIER DE LUXE.  On y trouve de beaux agents immobiliers, des cabinets d'avocats d'affaires et fiscalistes, et des représentants de Malte, de Chypre, de Antigua-et-Barbuda... venus attirer le nouveau très riche chaland, et lui proposer des "programmes de résidence ou de citoyenneté par l'investissement"... On paye, on a les papiers... 

"Pour 650 000 dollars, le passeport d’Antigua-et-Barbuda permet l’accès sans demande de visa à plus de 135 pays dans le monde », video officielle... Pour Malte, il en coute 1,2 millions de dollars mais, Malte, c'est 300 jours de soleil par an et une imposition de 0 % sur les revenus réalisés à l’étranger... "si vous avez un yacht et deux avions, la prochaine chose à obtenir est un passeport maltais », parole de Henley & Partners, basée à Jersey, numéro 1 de la vente de passeports sur notre planète.

Tout ceci est donc dans l'Humanité, et j'en retiens une tristesse sur les espérances trahies. Car ce salon itinérant est organisé par une compagnie ukrainienne basée à Londres du nom de Zagranitsa. Zagranitsa signifie en russe  "au-delà de la frontière » et ce mot incarnait, à l'époque du bloc soviétique, l'espérance de la liberté, à l'ouest... Il est aujourd'hui la marque de l'impunité des oligarques... 

Pendant ce temps dans l'Ukraine réelle d'aujourd'hui, on se bat entre pouilleux autour de vieilles églises orthodoxes. Car au diapason du conflit entre Ukraine et Russie, l'église orthodoxe ukrainienne se sépare du patriarcat de Moscou, et sur le terrain, reportage du Figaro, cela donne Katioujni, 700 habitants et des poules, et son église du Saint Martyr Stephan où le père patriote Igor Moroz a remplacé le pope russe Alexandre, chassé de son église par trente gros bras l'hiver dernier. Et depuis le village se déchire, la foi prise au piège de la politique et des identités mutantes... «Chez eux, on peut déjà se marier le samedi. Bientôt ils fêteront Noël le 25 décembre», s'insurge Irina, qui a suivi le père Alexandre... 

Est-on loin du passeport maltais, ce truc dont sont faits les rêves des riches, aurait dit Bogart...

On parle des retraites en France...

Et il faut retenir  cet éclairage malin du Figaro signé Marc Landré : comment le pouvoir va repousser l'âge du départ à taux plein sans le dire... 

Il serait donc malin notre pouvoir qui n'arrive pas à remanier? Dans Libération réalisé par des historiens, le chercheur Philippe Artières  célèbre l'attente et le temps mort, ces salles des pas perdus de l'actualité qui nourrissent notre imaginaire... 

Est-ce le non-geste qui ajoute au ressentiment de nos confrères envers Emmanuel Macron? Les hebdomadaires ajoutent leur fiel. L'Express et l'Obs raniment des classiques: faire passer Emmanuel Macron à la moulinette de « 500 français représentatifs », l'Express, et de six psychanalystes, l'Obs, et voilà. "Jeune déconnecté arrogant", met l'Express à sa Une, et dans l'Obs, le divan est assassin

Serges Hefez: "C’est un enfant chéri premier de la classe. Sa maturité précoce lui a permis de séduire des gens plus âgés que lui : sa grand-mère, ses profs, Paul Ricœur, qui est le philosophe du "en même temps". Mais l’exercice du pouvoir exige plus de simplicité. Macron n’affiche plus une identité stable.

Sophie Cadalen: "En psychanalyse, on se méfie beaucoup du moi qui veut se démontrer en permanence. Comme la reine dans "Blanche-Neige", qui répète "je suis la plus belle". Le jour où le miroir lui dit "ce n’est pas sûr", tout s’écroule."

Roland Gori: "Macron est une figure du narcissisme sans dette vis-à-vis des autres, sans surmoi. Il a certes réussi, à conquérir l’Elysée. Mais pour en faire quoi ?" et Gori invite le Président à s'abandonner à la dépression, ça fait murir. 

En face, le Point montre en Une un Macron teigneux, mais, rusé, délivre le coup le plus terrible dans un scoop éditorial. Les bonnes feuilles d'une biographie à paraitre de Mimi Marchand, reine des paparazzis et des paparazzades, "Une marchande de secrets (écrit le Point), qu'elle les dévoile ou, encore plus précieux, les protège. Un fantôme à la voix rauque qui fournit la moitié des sujets de la presse people avec des photos plus ou moins volées. Un phœnix aux mille vies, qui passe de la case prison au cœur du pouvoir" et c'est à ce personnage, Mimi Marchand, qui est pour François Hollande un sujet éminemment politique, qu'Emmanuel et Brigitte Macron ont confié leur sécurité médiatique... Elle était, avec Alexandre Benalla, la gardienne de la vie privée du Président, lis-je... Qu'en diraient les psys? 

Et de la mémoire pour finir...

Qui monte des pages locales des journaux, quand s'approche le centenaire de la fin de la grande guerre, on voit une mémoire vive et le travail d'historiens de proximité, et elle est terrible, cette photo de gueules cassées à la Une du pays Roannais. L'historien jean Paul Nomade a travaillé sur les rescapés du canton de Charlieu,  685 morts, 296 veuves et 268 orphelins, et sur le cauchemar que fut pour les poilus le retour à la vie civile, la moitié des rescapés souffraient de maladies respiratoires, d'autre s'étaient détruits psychiquement et tordaient leurs corps. Le Pays roannais me dit aussi le calvaire des soldats devenus fous, ces aliénés que les gradés prenaient pour des simulateurs,  ue l'on soignait à l'électricité, qui en mouraient, tel l'aliéné Jean B de Janosse, mort en 1920, dont l'Etat ne voulait pas payer l'inhumation.

Ils furent nos ancêtres et un peuple oublié, on en parle dans  un journal au plus près de nous, le Pays roannais. 

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