"Monsieur le Ministre, votre démission est attendue"... Au milieu d'une presse très prudente, le site Médiapart.fr y va carrément, ce matin... Rappel des faits... La polémique est brusquement montée hier avec la diffusion, sur LeMonde.fr, d'une vidéo de Brice Hortefeux au campus des Jeunes UMP à Seignosse, samedi dernier... On vous le raconte largement ce matin sur France Inter. Le ministre de l'Intérieur est avec une délégation d'Auvergnats. Au milieu : un militant de type maghrébin. Commentaire : "Il ne correspond pas du tout au prototype. Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes". "Certains gloseront sur le piège d'Internet et les paroles volées, écrit MédiaPart. Faible argumentaire. Ce n'est pas Bigard dans sa cuisine, c'est un ministre de la République venu parler politique à ses militants. On touche l'Arabe, on le palpe, on rit de bon coeur". Et MédiaPart sort les comparaisons qui fâchent. "Cela rappelle les fêtes nationales Bleu-Blanc-Rouge du Front National, où Jean-Marie Le Pen, entre deux propos racistes et xénophobes, aimait à se montrer avec quelques Maghrébins opportunément recrutés. Ce propos n'est pas un dérapage : c'est un résumé saisissant d'une culture et d'un projet politique". "Vaine et ridicule tentative de polémique", répond Hortefeux, qui se réserve le droit de porter plainte. La ligne de défense est exposée dans Le Parisien-Aujourd'hui : il parlait des très nombreux militants auvergnats qui veulent poser en photo avec lui. Quant au jeune Amine Benalia-Brouch, au coeur de la tempête bien malgré lui, il soutient le ministre. Libération rappelle tout de même quelques précédents fâcheux, avec des membres du gouvernement cette fois-ci : - Azouz Begag, qui se voit dire : "Allez, fissa, sors de là, dégage !". - Fadela Amara : "C'est une compatriote, dit Hortefeux... Même si ce n'est pas forcément évident, je le précise". - Quant à Rachida Dati, elle parle de son ancien collègue comme d'un "gros raciste". Il y en a un que tout cela fait bien rire : c'est le préfet Paul Girot de Langlade, viré parce qu'on le soupçonne d'avoir tenu des propos racistes à Orly. "Ce qui est insupportable de la part d'un préfet est intolérable de la part d'un ministre, non ?". 8hxx... Suite de la revue de presse, Bruno Duvic : la taxe carbone, à la Une de tous les journaux... Oui, ça, la presse est au charbon : on ne peut pas y échapper. On vous donne les détails du plan présenté par Nicolas Sarkozy depuis ce matin sur France Inter. L'heure est aux commentaires. En synthèse, c'est : "Oui, mais"... "Une taxe carbone : pourquoi pas ?"... Mais les éditorialistes ont du mal à croire qu'elle sera entièrement compensée par des baisses d'impôt ou des chèques. Pas convaincus non plus de l'efficacité et de l'équité de ce nouvel impôt, notamment pour les ruraux. L'Humanité résume cela avec une histoire de train. "Banassac-La Canourgue, deux minutes d'arrêt". L'écrivain Patrick Bard raconte son périple. "Il y a peu encore, du fin fond de la Lozère, je pouvais prendre un train qui m'amenait à Paris. Mais la ligne a été supprimée. Aujourd'hui, de Banassac à La Canourgue, on peut encore se rendre à Paris. Mais il faut prendre un TER pour Neussargues, puis un bus pour Clermont-Ferrand, et enfin un train pour la capitale. Ca, c'est les bons jours. Les mauvais jours, il faut passer par Moulins avant d'arriver à Paris. Comptez 11 heures de trajet. Précision utile : une autoroute longe la voie ferrée. Tout est fait pour que l'usager privilégie la voiture". Dans Libération, Laurent Joffrin donne tout de même titus au chef de l'Etat sur cette taxe carbone. "On peut toujours chipoter, mais il faut dire les choses comme elles sont : la cause de la planète reçoit du Président un coup de pouce appréciable". Libération qui raconte par ailleurs comment les cadres de chez Renault découvrent le chômage partiel. Jean-Yves Coudriou, par exemple... Pas n'importe qui : c'est le patron du siège, à Boulogne-Billancourt. A partir d'aujourd'hui, il va s'occuper un peu de la maison et des enfants. Car, jusqu'à la fin de l'année, quasiment tous les vendredi, le siège et tous les établissements d'ingénierie seront fermés. Nouvelle vie pour 28% de l'effectif français de Renault. C'est un accord signé fin avril : le "contrat social de crise". Tous les syndicats l'ont signé, à l'exception de la CGT. L'argent économisé permettra d'améliorer le chômage partiel des ouvriers. Sur le papier, belle initiative. Deux questions tout de même : - certes, la charge de travail des cadres a été diminuée ; mais passer de cinq jours de travail à quatre, c'est un risque de désorganisation et de stress ; - et surtout, est-ce qu'en 2010, les choses reprendront leur cours normal ? Dans la presse encore, Bruno : toute une série d'histoires décalées... C'est vendredi : les journaux tombent la cravate... La cravate, et même plus, en ce qui concerne le critique gastronomique du Figaro, François Simon. Il répond à la question : "A quoi sert la Villa Médicis à Rome ?". Vendredi, on y reconstituait le festin du "Satiricon" de Pétrone, l'auteur latin... "Minuit dans les jardins de la Villa... Pleine lune, nuages argentés, ciel bleu marine... Vêtus de toge, douze invités s'en sont mis plein la lampe... Homard et boudin en croûte d'argile et peau de cochon croustillante, granité au sirop de laurier"... François Simon était au bord de l'extase quand un boucher a surgi d'un bassin vêtu d'une feuille de vigne. Pas d'extase pour Enrico Macias, toujours dans Le Figaro... Il a perdu 20 millions d'euros dans la crise financière. Ca va au-delà de la rubrique people. Le chanteur avait placé son argent dans une banque islandaise. Vous vous souvenez qu'elles se sont effondrées avec la crise. Une vingtaine de plaintes sont déposées sur la Côte d'Azur, où les banques islandaises avaient fait des affaires. L'un des établissements visés aurait été démantelé en plusieurs sociétés basées au Luxembourg et titulaires de comptes devinez chez qui ? Chez Clearstream Banking... L'anti-sarkozysme peut nuire à la santé... Un libraire a écrit à Libération. L'un de ses confrères a attrapé la grippe A, et voici comment... Un beau soir, en vérifiant son étalage en fin de journée, il repère une tache sur un livre dont le Président est en couverture. Il essuie la tache d'un revers de main, ferme la boutique et rentre chez lui. Lendemain, même heure : nouvelle tache. Il l'essuie encore, mais cette fois il l'emporte chez lui et il le confie à sa femme médecin. Elle a fait analyser les traînées suspectes. La tache était un résidu de crachat. Et le virus était sans doute dans la salive. Question dans Le Monde : "Pourquoi diable Jack Lang a-t-il passé quinze jours, fin août, à prendre des cours d'allemand intensifs à Berlin ?". Brusque accès de germanophilie et rumeur immédiate : il aurait reçu le feu vert de Nicolas Sarkozy et d'Angela Merkel pour être le ministre des Relations franco-allemandes. En clair : siéger dans les deux gouvernements. "Je n'ai aucun projet personnel outre-Rhin", jure l'ancien ministre de la Culture. Mais il décrit l'Allemagne comme "la démocratie la plus accomplie en Europe". Enfin, toujours dans Le Monde... Plus qu'un fait-divers, un roman de Modiano... Longue page de Richard Schittly intitulée "Un crime dans la tête"... Le rapport de police est daté de juin 1976, mais les faits remontent à l'année d'avant. Marie-Angèle Contat, 67 ans, épicière, a été tuée au 34 avenue du Giffre à Annemasse. On l'a découverte au pied de son lit. A proximité : une matraque de 36 cm, au manche strié. 34 ans plus tard, printemps 2009... Un immeuble ouvrier près de Firminy. Appartement du deuxième étage. Un clic-clac face à la télé. Sur la table, une cafetière électrique, une Bible et des boîtes d'anxiolytiques. L'homme s'appelle Louis M... Il a 53 ans. "J'ai du remords" : c'est sa seule explication. Au printemps, il est passé aux aveux au commissariat de Saint-Etienne. Les faits sont prescrits, mais une enquête est tout de même ouverte, au nom de la vérité au-delà du Code pénal. C'est du jamais vu. Le Monde pose la question très sensible : "L'évolution des moyens techniques d'enquête ne change-t-elle pas la donne en matière de prescription ?" Ce qui est certain, c'est que les temps ont changé. A Annemasse, l'immeuble de Marie-Angèle est toujours là. Mais son épicerie, qui représentait une vie de labeur, a laissé la place à un magasin d'informatique. Bonne journée...

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