(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : accumulations

(Bruno Duvic) Il est sénateur du Nord, maire de Dunkerque et président de la communauté urbaine. Cela fait déjà 3. 3 mandats.

Mais il est aussi président du conseil de surveillance de l'hôpital, de trois syndicats mixtes, d'une télévision locale, d'un organisme gestionnaire de port de plaisance, d'un conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres... Le socialiste Michel Delebarre cumule 3 mandats et 23 fonctions !

Il arrive assez largement en tête du palmarès des cumulards dressé cette semaine par L’Express . Palmarès qui inclut donc toutes les fonctions occupées par les en plus de leurs mandats. Même chose pour les ministres, assez peu cumulards.

Dans ce palmarès, on apprend que l'UDI est le parti qui compte le plus de cumulards…

On apprend aussi que parmi les champions de l'empilage, il y a les UMP Christian Estrosi à l'Assemblée et Rachida Dati à Strasbourg, le socialiste Martin Malvy parmi les présidents de région, le radical Jean-Michel Baylet dans les présidents de conseil généraux.

On trouve surtout la confirmation qu'il est impossible de faire correctement son travail dans ces conditions. Parole de repenti, le socialiste Jean-Claude Robert, jadis député, maire et conseiller général en Côte d'Or. "Je me rappelle le débat sur les lois de bioéthique. Nous n'avions pas le temps de lire les rapports. Ce sont les techniciens et les collaborateurs qui ont imposé leurs vues."

L'Express cite le cas Gaston Franco, maire UMP de Saint-Martin Vésubie dans les Alpes-Maritimes mais aussi député européen et conseiller régional de la région Paca. Il n'a pas mis les pieds dans l'hémicycle du Conseil régional depuis la séance inaugurale en 2010 ! Mais il dit : « Personnellement je suis contre le cumul. »

Dans la série « aveu sans gêne » Gérard Collomb, le sénateur maire de Lyon, neuf mandats et fonctions en tout : « Je ne viens quasiment jamais au palais du Luxembourg, sauf quand les intérêts de Lyon sont en jeu.»

Après cette litanie, il faut aussi citer les bons élèves relevés par L'Express , sous le titre : « Ils ne cumulent pas et travaillent beaucoup au Parlement ». A l'UMP Patrick Hetzel et Lionel Tardy, au PS Jean-Jacques Urvoas et Jean-Pierre Sueur chez les Verts Marie-Christine Blandin - vous pouvez leur faire une bise si vous les croisez le week-end prochain sur le marché.

La loi sur le cumul des mandats sera discutée au Sénat à partir du 18 septembre.

La rubrique politique en bref dans les journaux

Dans L'Express encore, les ministres sont priés de faire attentions à leurs smartphones et tablettes. Après le scandale des grandes oreilles américaines, le Premier ministre a donné des consignes de sécurité très strictes. Pour les communications sensibles, téléphone avec système de sécurité, pas de SMS, pas de mails sur les adresses personnelles.

La fondation Chirac est à sec. Elle a dû quitter ses locaux de la rue d'Anjou dans le VIIIème arrondissement de Paris. Trois collaborateurs ont dû partir. Il en reste un qui travaille de chez lui. C'est à lire dans Le Canard enchainé .

Vladimir Poutine super-tsar !

A en croire Le Canard enchainé , même François Hollande n'est pas insensible à son charme. "Il y a chez lui, un mélange de force, de séduction et de traits d'humour" aurait confié le président à ses collaborateurs.

Poutine super-tsar et superstar, pas sûr que cela réjouisse la presse française, mais elle doit bien le reconnaître, avec sa proposition de neutraliser l'arsenal chimique syrien, c'est lui qui a pris la main dans le grand jeu de go diplomatique en cours depuis 10 jours.

« En deux jours, écrit Pierre Avril dans Le Figaro , la Russie est passée du statut de complice d'un tortionnaire à celui de faiseur de paix au Proche Orient. »

« Magistral coup de poker diplomatique ajoute Marie Jégo dans Le Monde . Effet de surprise total. Il confirme que la Russie n'est sensible qu'à un seul argument, celui de la force. Sans la menace d'une action militaire, Moscou n'aurait jamais proposé la moindre concession. »

D'ailleurs que vaut cette concession ? La proposition apparait difficile à réaliser sur le terrain.

« Pour l'instant, Poutine bloque les frappes ciblées et gagne du temps » selon la spécialiste de la Russie Marie Mendras dans Libération . C'est « La ruse russe », titre Libé .

Il n'empêche, conclut le même journal, « s'il réussit à arracher une solution diplomatique, il sera à la fois l'homme qui a réussi à sauver un Obama hésitant et un Bachar al Assad chancelant. D'ici là à ce qu'il réclame le prix Nobel de la paix… »

Pendant que les diplomates s'activent, Damas vit entre deux guerres... Dans Le Figaro , Georges Malbrunot décrit les impacts de roquette sur les façades dans certains quartiers, les mouvements de troupes autour de la capitale, la rébellion fragmentée, et qui espérait des frappes américaines, même les plus anti-occidentaux, même s'ils ne l'avouent pas. Il décrit aussi les voitures piégées que les groupes djihadistes avaient réussi à faire entrer dans la capitale avant la dernière crise et qui y sont peut être toujours. Et les damascènes qui prient pour que l'enfer ne leur tombe pas sur la tête.

Quoi d'autre dans la presse ?

Toujours à propos de la Syrie, « La vie pépère » de l'oncle de Bachar al Assad entre Paris Marbella et Londres : des dizaines de propriété, l'argent liquide à flots et des papiers qui lui permettent de fuir sur l'ile de la Grenade si le vent tourne. C'est à lire dans Charlie Hebdo . Rifaat al-Assad est l'homme accusé d'avoir supervisé le massacre de Hama, au moins 15.000 morts en 1982.

Un joli mas de pierre isolé au milieu des champs. Derrière, de grandes serres agricoles. A l'intérieur, 1800 plans de cannabis soit de quoi produire 4 à 5 tonnes d'herbes. Hier sur ordre du procureur, des tractopelles ont détruit cette plantation florissante. Trois personnes arrêtées. Au domicile de deux d'entre elles, un arsenal qui n'avait rien de peace and love : un fusil à pompe, un Kalach et leurs munitions. Détails dans La Provence .

Et un scoop mondial...

… passé inaperçu en France. Mais le correspondant du Monde à Berlin l'a relevé. C'était dans le Bild et le Spiegel avant-hier. Un Berlinois, un homme donc, a mis un enfant au monde.

En fait il s'agit d'une personne qui est née femme qui a gardé l'appareil génital d'une femme mais se considère comme homme. C'est même désormais son état civil. Et il ne veut pas être reconnu comme la mère de l'enfant, qui a été conçu donc grâce à un don de sperme. Ce serait donc un enfant sans mère. Le problème c'est que la loi allemande ne prévoit pas un tel cas.

Le père et mère voudrait également que le sexe de l'enfant ne soit pas indiqué sur l'état civil. Il l'a finalement déclaré comme un garçon mais la presse allemande n'en est pas certaine.

Cette histoire illustre la place importante prise par les droits des transsexuels dans le débat public en Allemagne. Détail très prosaïque, dans le quartier de Kreuzberg, à Berlin, il existe désormais des toilettes transgenres. Le conseil d'éthique allemand a estimé que pour les intersexuels, devoir choisir entre homme et femmes lorsqu'ils se rendent dans les toilettes publiques est un obstacle dans la vie de tous les jours.

A demain !

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