Dans la Provence, des enfants de quinze ans font chanter leur professeur, avec qui ils avaient des relations sexuelles. Dans l'Indépendant, la guerre des taxis de Barcelone contre leurs collègues français. Dans le Figaro, cet jeunesse nord-coréenne captivée par la pop sucrée et les feuilletons du Sud...

Un portrait en forme de requiem...

Pour un jeune homme mort à 19 ans, dont les yeux noirs nous transpercent dans le Bondy blog, sur  internet, il s'appelait Abdallah Allouch qui prenait soin de ses cheveux plaqués au gel et qui travaillait bien au lycée Les Pannevelles de Provins pour devenir carreleur. Abdallah venu d'Egypte en septembre 2015, un immigré adolescent clandestin puis une belle histoire d'intégration en Seine-et-Marne, grâce aux aides publiques et à l'engagement de militants. Il était la rencontre la générosité de la République et d’une volonté d'intégration

Mais un jour Abdallah a eu 18 ans, et en janvier dernier, le département de Seine-et-Marne a supprimé les aides dont il bénéficiait; un jeune majeur n'a pas droit à l'aide sociale à l'enfance, et Abdallah qui terminait son parcours scolaire a tout perdu, en dépit de deux décisions de justice. Il s'est retrouvé à la rue, il a manqué l'école, il ne mangeait plus beaucoup, il rassurait son assistante sociale, "t'inquiete pas je vais chez des potes"... Il  a été retrouvé mort dans un squat au centre-ville de Melun, le 2 mai 2018, c'était peut-être une histoire de jalousie à propos d'une jeune fille, s'est demandé le Parisien à l'époque.  

Sa famille, en Egypte recevra bientôt son diplôme de carreleur. 

Et c'est par cette histoire d'enfant recueilli puis abandonné que s'ouvre, une journée où s'exhale un parfum de méchanceté ou d'inconscience, d'indifférence à la souffrance des autres. 

La Provence me raconte d'autres enfants, âgés de 15 ans, qui ont fait chanter une professeur du lycée professionnel Camille-Jullian avec qui ils avaient des relations sexuelles, une femme de 37 ans qui avait minci et qui, grisée d'une nouvelle jeunesse voulait s'oublier avec des élèves, et que ces élèves, un jour, avaient photographié dans une chambre d'hôtel laissée ouverte. Et qui est innocent dans cette histoire. "Elle était l'adulte, la professeure, et eux les minots, certes très malins, aventureux, et sachant manier le vice."

Dans Explicite, ce sont des adultes qui ont manié le vice et qui souvent n'ont rien appris; un reportage au centre de détention de Joux-la-ville en Bourgogne, où vivent 236 criminels et délinquants sexuels, et qui se vivent, souvent, comme des victimes. Je lis que des détenus découpent des magazines familiaux et affichent dans leur cellule des photos de bébés ou  d'enfants, d'autres s'abonnent à la télévision pour s'offrir un  accès illimité à Gulli, "la chaîne nationale pour les pédophiles", ironisent des gardiens... une télévision pour enfants, une télévision pour pédophile lit-on, est on sali en lisant? 

Des taxis de Perpignan agressés en Espagne...

C'est dans l'Indépendant, édition catalane, qui constate cette guerre que mènent les chauffeurs barcelonais contre leurs collègues français. Ceux-ci ont le droit de conduire et de charger sur réservation à l'aéroport de Barcelone mais dans la réalité, ils en sont empêchés. Témoin, Pascal Modde, taxi perpignanais pris à partie hier par un collègue catalan. "Il m’a klaxonné puis poussé vers le rail de sécurité puis m’a dépassé et a pilé plusieurs fois. Il voulait clairement provoquer un accident. Ça devient insoutenable de travailler à Barcelone"... et ion lit dans l'indépendnat que les policers catalans soutiennent leurs taxis.

Ceci arrive dans une Catalogne qui ne sort pas de sa crise politique, et qui fête aujourd'hui la Diada, la fête nationale catalane que l'indépendant soutient, d'ailleurs. La Catalogne est au coeur de la Une du Figaro également, qui raconte une guerre d'usure et de symboles. Les indépendantistes suspendent sur les grilles et les murs de leurs viles des rubans jaunes de plastique, en solidarité avec les politiques emprisonnés... Mais en face des commandos de nettoyeurs coupent méthodiquement, au cutter, parfois sous les insultes, ces « llaços grocs », ces noeuds jaunes de la sédition. Jeux d'adultes.

Chacun ce matin choisit son conflit. La Croix met le Nicaragua à la une, où le président Ortega organise une répression sans fin. Le Monde raconte la transformation de Aung San Suu Kyi, autrefois icône de la liberté en Birmanie mais qui, ministre, se tait sur les persécutions que subissent les Rohingyas, mais les birmans non musulmans l'en aiment d'autant plus c'est le plus dur à lire.

On respire simplement en découvrant, dans le Figaro, dans un papier formidable, que la forteresse nord-coréenne est contaminée par la futilité des feuilletions à l'eau de rose et de la musique pop venue de Corée du sud: films et clips circulent en contrebandes sur des clés USB et les jeunes gens dépassent la propagande en fantasmant sur des actrices, la K pop et les soap operas annoncent peut être le début de la fin?

Et la puissance des banques américaines pour finir...

Qui dix ans après la grande crise n'ont jamais été aussi riches et puissantes, c'est un dossier des Echos sur deux pages, qui raconte comment les banques européennes, qui avant 2008 faisaient jeu égal avec leurs rivales américaines, ont disparu de la compétition. Nous devons encore, européens, liquider 600 milliards de créances douteuses, le monde ne nous a pas attendu... 

On touche ici à une réalité qui n'a pas de morale. L'Obs relate sur son site la confession d'un journaliste vedette du Financial times, John Authers, qui raconte comment il avait caché à ses lecteurs l'étendue de la crise, le 17 septembre 2008, quand à Manhattan, les initiés en costume, nerveusement, vidaient leur compte et lui avec eux, il n'avait pas écrit  sur cette fuite, ce bank run... Authers ne le regrette pas, car son article, dans un journal d'influence, aurait fait s'écrouler le système.

Nous sommes bien loin, bien loin des gens ordinaires, ces retraités dont Libération à son tour raconte le désarroi financier, ou ces petits épargnants chinois que raconte le Monde, ruinés par des escrocs de la finance en ligne, et que l'Etat emprisonne s'ils sortent dans la rue pour protester...

La finance est la prison du monde. 

Elle est aussi, je le lis dans l'Est Républicain, l'avenir de Morteau, cette saucisse parfumée de Franche-Comté dans laquelle des fonds d'investissement, viennent d'investir 30 millions d'euros. Heureux? 

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