Ce matin, une photo se retrouve dans tous vos journaux ou presque... Trois pompiers évacuent un blessé, le visage et le dos en sang... La scène se passe à Alger hier... Et le même titre, en Une du Figaro et du Parisien-Aujourd'hui en France, explique : "Al-Qaïda frappe Alger"... C'est "le retour du terrorisme à Alger", selon Les Dernières Nouvelles d'Alsace... Et La Croix confirme, plus largement... "Le terrorisme frappe de nouveau le Maghreb"... "Les dérives islamistes, au Maroc comme en Algérie, se nourrissent du désespoir de jeunes générations abandonnées, souligne Dominique Quinio dans son éditorial... Juste de l'autre côté de la Méditerranée, si proches de nous qu'on ne peut pas les ignorer"... Alors, au-delà du drame... au-delà des morts et des blessés de ces deux derniers jours... c'est toute la presse européenne qui s'inquiète ce matin de cette recrudescence terroriste... Le Sueddeutsche Zeitung parle d'un "réseau mortel"... Et El Pais rappelle que "les salafistes algériens ont l'expérience des campagnes de terreur des années 90"... et que "ce sont eux qui entraînent les cellules intégristes marocaines et tunisiennes"... The Times analyse, de son côté, que "l'Algérie pourrait être le tremplin d'une terreur européenne"... La même crainte s'affiche dans El Mundo, qui reprend cette phrase de la revendication d'Al-Qaïda hier... "Al-Qaïda promet de libérer la terre d'islam, de Jérusalem à l'Andalousie"... Et dans Le Figaro, "l'Europe plus menacée que jamais"... C'est l'organisation policière Europol qui le dit, explique le journal français... Le Figaro qui rapporte que "malgré des moyens considérables et un échange d'informations entre les Etats-membres, l'Europe reste un lieu privilégié de recrutement, de financement, et une cible de choix pour les terroristes islamistes... D'ailleurs, rappelle encore le journal, trois tentatives d'attentat ont été déjouées en Grande-Bretagne, en Allemagne et au Danemark en 2006, qui auraient pu faire des milliers de victimes"... Dans L'Indépendant du Midi, Bernard Revel garde, lui, en mémoire "les attentats de Madrid en 2004, à la veille d'un scrutin électoral décisif... et de Londres en 2005, au lendemain de la désignation de la ville pour les JO de 2012... A la lumière de ces événements, constate l'éditorialiste, force est d'admettre que perturber par la violence le jeu démocratique est tout à fait dans le style d'Al-Qaïda"... Et Jacques Guyon, dans La Charente Libre, enfonce le clou, si l'on peut dire... "A Paris, écrit-il, personne n'a oublié que, dès janvier, la feuille de route délivrée par Al-Qaïda aux salafistes algériens mentionnait clairement la France comme cible"... Dans Le Républicain Lorrain, Philippe Waucampt ne se fait guère d'illusions... "La capacité de l'organisation terroriste à agir là où on la croyait faible, comme à Alger, démontre que la question est moins de savoir si elle nous frappera un jour que de deviner le moment où elle le fera"... Vos journaux qui notent "la malédiction du 11ème jour", comme l'appelle Le Corriere della Sera... "La Ville blanche a été frappée le 11 avril 2007... comme Madrid, le 11 mars 2004... comme New York, le 11 septembre 2001"... Dans Le Dauphiné Libéré, Didier Pobel poursuit... "Peu importe si d'un 11 à l'autre, les attaques ne sont pas identiques en proportion... qu'importe si les contextes et les circonstances divergent... A chaque nouvel acte terroriste, c'est la même inépuisable blessure commune qui ne cesse de s'étendre, telle un dessin noir tracé d'un geste fou sur une carte sans frontières"... Retour en France... Retour dans les frontières de notre campagne présidentielle... Et ce matin... le thème retenu par vos journaux tient en deux mots : Parachutes Dorés... Le premier journal qui dénonce ce matin... c'est L'Humanité... "Les licencieurs touchent le magot"... Le journal note les colères syndicales et les indignations à gauche... colères et indignations dues à ces chiffres affichés en Une... "Forgeard : 8,4 millions d'euros... 10.000 emplois supprimés"... "Tchuruk : 8,2 millions d'euros... 12.500 emplois supprimés"... Pour L'Huma, il n'y a aucun doute : ce sont de "petits pactoles entre amis"... Ce sont surtout "des indemnités qui indignent", souligne La Montagne... C'est "la nouvelle polémique autour des indemnités des patrons", constate Les Echos... qui explique que les candidats à l'élection présidentielle veulent interdire ces parachutes dorés, et que le patronat est embarrassé... Embarrassé... eh bien, il y a de quoi... Les éditorialistes s'en prennent violemment ce matin à ces patrons immoraux... "Quand un ouvrier sabote son travail et fait perdre de l'argent à son entreprise, il est licencié pour faute lourde, sans indemnités... Quand un Forgeard, qui a mené Airbus dans une crise qui va se solder par la suppression de 10.000 emplois, est viré, il touche 8,4 millions d'euros"... L'envoi est signé Patrick Fluckiger, dans L'Alsace... "C'est bien le seul avantage de la loi sur la transparence des rémunérations des dirigeants des grandes entreprises... Si elle n'a pas supprimé la pratique délirante des parachutes dorés, elle permet en revanche de savoir qui se fiche du monde", explique Gilles Dauxerre, dans La Provence... Et pour Dominique Valès, dans La Montagne, "s'indigner de telles indignations ne relève pas de la démagogie... Un chef d'entreprise dirige plusieurs centaines ou milliers de salariés... Le niveau des rémunérations qui lui sont versées suscite nécessairement des comparaisons avec celles attribuées à son personnel... Or, au cours des dernières années, les écarts entre les unes et les autres ont connu une progression exponentielle"... Et le moins que l'on puisse dire, c'est que dans cette dernière semaine de campagne présidentielle... du moins avant le premier tour... "les dirigeants d'EADS donnent à la gauche un sérieux coup de main"... L'analyse est signée Philippe Reinhard, dans L'Eclair des Pyrénées... Oui, forcément, "l'affaire Forgeard perturbe la campagne", titre Le Figaro... "Pour Royal, Forgeard doit rendre l'argent... Bayrou, lui, veut moraliser la vie politique et le monde économique", constate le journal... Un constat qui est identique dans Libération... mais avec un bémol... Libération rappelle en effet qu'entre novembre 2003 et avril 2004, une commission parlementaire avait planché sur la rémunération des patrons, mais sans aboutir à rien... Du coup, le journal se moque de la droite, qui n'a pas bougé pendant 5 ans, et qui propose aujourd'hui une loi sur ses abus... Les autres titres politiques de la presse ce matin... "Sondages : Sarkozy et Royal à la hausse", en Une du Parisien-Aujourd'hui en France... Des sondages où "Madame Royal est menacée au premier tour, et Monsieur Sarkozy au second", explique Le Monde... La Provence en retient que "Le Pen progresse", et que "Sarkozy reste en tête"... Le Dauphiné Libéré résume : "Tout est possible"... A lire également, l'interview-fleuve de Nicolas Sarkozy dans Libération... Au départ, le journal avait proposé au candidat de participer à la conférence de rédaction, et de commenter l'actualité au fil des pages, comme l'ont déjà fait Royal et Bayrou... Mais Sarkozy a refusé... Explication donnée au directeur du journal : "Non, je ne veux pas être l'invité spécial d'un journal qui fait profession de m'attaquer matin, midi et soir"... Autre candidat, autre interview... celle de Jean-Marie Le Pen dans Le Figaro... Le patron du Front National se réjouit... "Immigration, sécurité, identité nationale... Tout le monde court derrière moi", dit-il... Et puis, en attendant de savoir qui emmènagera à l'Elysée... Paris Match se fait un brin nostalgique... Bernadette Chirac fait la Une du magazine, sous le titre : "L'émotion du départ"... "Après 12 ans à l'Elysée, la première dame de France parcourt, avec l'hebdomadaire, le palais qu'elle a tant aimé... Les photos sont signées Karl Lagerfeld... De la cave au grenier, on découvre la vaisselle de Sèvres du 18ème siècle... les nappes d'apparat toutes brodées... les cuisiniers, jardiniers, lingères, majordomes, qui tous regrettent déjà celle qui savait... explique, lyrique, Paris Match... se passionner pour les secrets d'un fumet, la délicatesse d'une broderie, l'harmonie d'un bouquet fraîchement cueilli dans le jardin... Bref, portrait d'une maîtresse de maison... peut-être la dernière du genre...

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