(Nicolas Demorand : "A la Une, ce matin : un reportage multimédia")... Comme France Inter ce matin, la plupart des journaux privilégient deux sujets : la réforme des retraites ; et la Pologne... Alors, pour varier les informations, j'ai eu envie de vous parler de ce reportage sur LeMonde.fr. Ca s'appelle "Le corps handicapé, vivre après l'accident"... Pas très joyeux, de prime abord. Mais ce reportage, qui mêle textes, images et témoignages, est passionnant. Parce que, justement, il ne cherche pas à tirer des larmes mais il donne la parole à quatre personnes soignées et en rééducation à l'hôpital de Garches après des accidents très lourds... (extrait sonore) Il y a par exemple Philippe Monod... Il a 70 ans. Et le jour de ses 70 ans justement, il a fait une chute de deux mètres. Il souffre d'une tétraplégie incomplète. Sur la piste de marche de l'hôpital, au milieu de différents engins de torture, il se bagarre avec ses cuisses... (extrait sonore) Des soignants témoignent également... Qu'est-ce qu'ils répondent à des questions très délicates, du style "Est-ce que je vais récupérer mes jambes ?" ? "Je ne réponds rien, dit une kiné. J'amène le patient à comprendre". Ce qui est très bien dans ce reportage réalisé sur une idée de Nicolas Gallon, c'est que, pour une fois, on ne parle pas à la place des personnes handicapées : elles racontent elles-mêmes. C'est ce qu'a apprécié la journaliste Chloé Leprince, qui a connu ces services d'hôpitaux elle aussi. Elle donne son analyse du reportage sur le site Rue89. Ne pas parler à la place des malades. Mais faire tomber des tabous aussi... comme la sexualité des personnes handicapées. "J'ai croisé un jour, chez un homme avec qui j'avais un rapport intime, un regard qui ressemblait à une faveur. Ce regard vous pousse sous les roues une seconde fois". "Le corps handicapé, vivre après l'accident" : c'est aussi Jérôme Frey, 19 ans, qui raconte ses rêves... "Dans mes rêves, j'arrive à marcher. Mais au réveil, il faut essayer de retourner sur terre". C'est donc à lire sur LeMonde.fr... (ND : "A la Une de la plupart des journaux papier, ce matin : la réforme des retraites")... Comme sur France Inter, ce matin, dossier complet... les différentes pistes... les préférences des syndicats, du patronat, du gouvernement... regard sur ce qui se passe à l'étranger... C'est "la réforme indispensable", pour Le Parisien-Aujourd'hui. "L'heure des choix", selon La Croix. Libération s'intéresse aux inégalités dans le système des retraites tel qu'il existe aujourd'hui : inégalité entre public et privé, hommes et femmes, actifs et retraités... et puis les régimes spéciaux, même s'ils ont été en partie alignés sur le régime général. A l'heure où on entre dans le vif du sujet, on peut retenir l'éditorial de Guillaume Goubert, ce matin, dans La Croix... "Le droit à profiter de la vie après des décennies de travail, c'est l'un des plus grands progrès sociaux du XXème siècle". Un droit à protéger donc. Et pour l'éditorialiste, "la réforme se joue sur deux points : lisibilité et équité. Le meilleur des projets perd de son efficacité s'il n'est pas compris, et la réforme sera vouée à l'échec si les Français n'ont pas la conviction que les efforts sont équitablement répartis". Et puis ce dossier des retraites, c'est aussi l'occasion de s'interroger sur les rapports entre les générations... On le sait, le nombre de personnes âgées sera de plus en plus grand. Alors est-ce qu'on va vers des villages, des ghettos de vieux ? Question provocante. Un reportage dans le mensuel Technikart alimente la discussion... Visite des "Seniorales" : ce sont des résidences, des villages réservés aux personnes âgées. Il y en a 34 en France. Pas des maisons de retraite, pas des lieux de vacances. Un petit côté "Desperate Housewives" à l'heure de la camomille... Maisons aux façades pastel, allées tirées au cordeau, portail électrique, volets roulants, isolation phonique et thermique... Si on met le canal 4 sur la télé, on voit la caméra du portail d'entrée. Dit comme ça, ça ne fait pas envie. Mais la plupart des gens qui y vivent sont très heureux. Moyenne d'âge : un peu moins de 65 ans. C'est donc une vieillesse très relative. D'ailleurs, il y a un côté Club Med : activités en commun au club-house... "Si on est sauvage, il ne faut pas venir ici", dit une habitante. D'ailleurs, en moyenne, 10 à 15% repartent après quelques mois. Dans Technikart, le sociologue Serge Guérin se désole un peu de la société que dessinent des villages comme celui-ci : "Le risque, c'est de créer des apartheid générationnels, avec des quartiers de vieux d'un côté, de jeunes urbains riches de l'autre, etc. etc.". A la rubrique "Notre société vue à travers la maison", on lira la série sur Mediapart.fr intitulée "On bouge les murs"... Article notamment sur une association lyonnaise qui part du succès de la colocation pour mélanger les générations... autrement dit, le contraire de ce qu'on vient de voir. C'est un projet qui devrait voir le jour l'an prochain : des logements sociaux. Dans les appartements, des personnes de différentes générations seront en colocation : un étudiant avec un retraité ou une maman qui vit seule avec son enfant... Car aujourd'hui, la colocation n'est plus réservée à des étudiants : c'est aussi un moyen de se loger plus grand pour moins cher en temps de crise. "Il n'y a pas de données objectives sur la colocation", dit un sociologue qui travaille sur le sujet. "Mais on voit bien que le public s'élargit, par exemple à de jeunes enseignants qui, avec leur salaire, ne peuvent pas avoir un grand appartement seuls". "Ce que les bobos ont envie de faire tout seuls, on essaie de le proposer à des publics démunis", dit le directeur d'une agence immobilière. (ND : "A côté des retraites, l'autre grand sujet dans la presse, ce matin, c'est la Pologne")... "De Varsovie à Lens, l'émotion des Polonais" : c'est la Une de La Voix du Nord, ce matin... le Nord où la communauté polonaise est importante. Au-delà du récit de l'émotion dans le pays et en Europe, plusieurs quotidiens choisissent un angle : celui des relations entre Pologne et Russie après cette affaire, notamment parce que l'accident a eu lieu en Russie... qui plus est, alors que le Président polonais allait rendre hommage aux victimes du massacre de Katyn, commis par la police secrète russe pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans Ouest-France, reportage à l'ambassade polonaise en Russie... Des Moscovites viennent dire leur émotion et leur solidarité : "Pourvu que ce ne soit pas un attentat, et qu'on n'accuse pas la Russie de l'avoir préparé", dit Anna. Vladimir Poutine a bien compris cet aspect des choses : depuis samedi, il a multiplié les marques d'amitié à l'égard des Polonais. "Le comportement des autorités russes est parfait", dit un député européen polonais dans les colonnes de La Croix. "Cette tragédie nous rapproche". (ND : "Quoi d'autre dans la presse, ce matin ?") Le dossier des travailleurs sans papiers, à la Une de L'Humanité... sans papiers et pourtant ils paient des impôts en France. "L'Etat s'entête", titre L'Huma. Selon le quotidien, six mois après le début de la nouvelle vague de grèves, le gouvernement refuse d'ouvrir toute négociation. Alexandre Bompard favori pour la présidence de France Télévisions... C'est à lire sur Mediapart, LePoint.fr et dans Le Parisien. Les fuites venues de l'Elysée se sont multipliées ces derniers jours. Alexandre Bompard est aujourd'hui à la tête d'Europe 1. Il a 38 ans. Ce serait un tout jeune PDG de France Télévisions. Le voilà donc favori. Mais, dans ce domaine, les statuts peuvent évoluer très vite. Et puis un mot, pour terminer, sur le dossier du mois dans Philosophie Magazine... "Comment pensent les enfants ?". Si vous ne savez pas répondre aux questions à la fois poétiques, pertinentes et embarrassantes de vos enfants, vous trouverez quelques éléments de réponse pour vous aider. Nicolas, pour ceux qui se lèvent très tôt la nuit, j'ai relevé cette question d'un petit garçon de 3 ans... De prime abord, elle est mignonne. En fait, elle est très angoissante. "Mais Papa, si tu es resté éveillé toute la nuit, qu'est-ce que tu as fait de tes rêves quand ils sont venus ?". Bonne journée, et bonne sieste aux travailleurs de nuit...

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