Bruno Duvic : Et bien sûr, la chute de Laurent Gbagbo fait couler beaucoup d'encre ce matin... Clotilde Dumetz : "Gbagbo est tombé, enfin. Les belles âmes diront leur manque de confiance en Ouattara, leur regret d'une issue trop violente. Elles couperont en quatre les cheveux de la "Licorne". N'empêche, Gbagbo est tombé et c'est une bonne nouvelle". C'est signé Francis Brochet dans Le Progrès, et cela résume assez bien la teneur un peu ambigüe de la presse française ce matin. "Gbagbo déchu : une victoire pour la France et l'ONU", titre ainsi Le Figaro. Dans Le Parisien-Aujourd'hui-en-France, c'est "Fin de parcours pour Gbagbo", et sur la colonne d'à côté : "Merci la France !". Des paroles d'habitants d'Abidjan qui espèrent un retour à une vie normale. Et les belles âmes qui coupent les cheveux de la "Licorne" en quatre sont nombreuses ce matin. Parce qu'il y a d'abord, et bien sûr, la question de l'action de l'armée française. Et c'est peut-être, du coup, la presse étrangère qui le dit le mieux. Le Guardian raconte : "Les premiers rapports suggèrent que ce sont les troupes françaises qui ont permis l'arrestation de Laurent Gbagbo. Mais ils sont aussitôt démentis à Paris : non, non, les troupes françaises n'ont pas arrêté Gbagbo... Et plus tard : ce sont les forces de Ouattara qui ont arrêté l'ex-président ivoirien... Enfin, pour finir : les forces françaises ont aidé les forces du président Ouattara, mais aucun soldat français n'a mis une botte dans la résidence de Gbagbo". Ce scénario, s'il est vrai, analyse le Guardian, est le meilleur que Sarkozy pouvait espérer. Les Français n'ont pas délivré le coup de grâce final, ce qui aurait entraîné des accusations de néo-colonialisme. Alors, le Guardian est bien le seul à ne pas les voir ces accusations. The Independant note que la chute de Gbagbo est, certes, un succès pour l'armée française, mais un échec pour sa diplomatie. Et John Lichfield rappelle que le président français, Nicolas Sarkozy, lors de son arrivée au pouvoir il y a quatre ans, avait expliqué que le temps était venu pour la France d'adopter une nouvelle approche plus ouverte et plus saine que la Françafrique. Les évènements en Côte d'Ivoire laissent à penser, conclut Lichfield, que les anciennes mauvaises habitudes et les ambiguïtés ont la vie dure ! C'est en France ce que dit L'Humanité en titrant "La Françafrique tient Abidjan"... Michel Guilloux dans son éditorial dénonce "le faux nez de la Licorne"... Et devant l'incertitude des temps à venir, assure qu'une seule chose est certaine : "Bolloré, Total, Bouygues et France Télécom peuvent respirer, les investisseurs français ont de beaux jours devant eux en Côte d'Ivoire". Bruno Duvic : Il y a aussi cette question, Clotilde : si tout ça, c'était de la faute aux élites africaines... Clotilde Dumetz : C'est Fayçal Métaoui qui l'écrit dans "El-Watan"... sous le titre "La diplomatie africaine n'existe pas". Il y a donc la Côte d'Ivoire où l'Union Africaine a laissé l'initiative à l'ONU et à la France. Il y a aussi la Libye où hier, l'opposition libyenne a rejeté, "avec raison", écrit Métaoui, l'offre de médiation de la même Union Africaine. Mais il y a bien d'autres dossiers... le Soudan scindé en deux, la Somalie qui disparaît chaque jour un peu plus, l'Egypte et l'Ethiopie au bord de la guerre. Et à chaque fois, constate Fayçal Métaoui, l'Union Africaine ne peut rien faire, arrive trop tard, ou reste muette. Il faut dire, constate l'éditorialiste, que cette Union n'est qu'un conglomérat de dictateurs et de présidents mal élus qui refusent de se moderniser. Et pour finir sur ce sujet, le dessin de Hic pour "El-Watan"... La célèbre tente de Kadhafi quelque part dans le désert libyen.... et dans cette tente, le raïs libyen qui apprend l'arrestation de Gbagbo... Réaction : "Pas très solide la résidence de l'Ivoirien !". Bruno Duvic : Et ce matin, direction également la Syrie... Clotilde Dumetz : Un reporter de Libération a pu pénétrer dans la ville de Deraa... Marc Blanchard explique que pour tous les opposants au régime de Bachar al-Hassad, Deraa est devenue le symbole de la rébellion... Une ville martyre qui n'en finit pas de compter ses morts. Evidemment, la Syrie n'a accordé aucun visa de journaliste depuis le début des troubles dans le pays. Du coup, le travail d'enquête sur place se fait dans la clandestinité et rien n'est vraiment vérifiable... Sauf que les vidéos amateurs des révoltes s'échangent sous le manteau et que l'on y voit des manifestants à terre, en sang... D'autres battus sauvagement par des hommes armés de gourdin. On y voit aussi des hommes tirer sans discrimination sur des groupes de protestataires. Bref, du sang et de la brutalité jusqu'à l'écoeurement. Dans Deraa, Marc Blanchard constate que les traces de batailles y sont encore fraîches. Le siège du parti Baas au pouvoir a été incendié. Les photos de Bachar al-Hassad sont maculées ou décapitées. Et les réseaux de téléphones portables sont coupés dans toute la ville. 162... ce serait le nombre de morts en Syrie depuis le début de la contestation, le 18 mars... 162 morts, notamment à Deraa, Lattaquié et Banias... Hier, rapporte Libération, des étudiants ont fait un sit-in devant l'enceinte de l'université de Damas en solidarité avec ces victimes. Les forces de l'ordre auraient effectué de nombreuses arrestations. Bruno Duvic : A lire également dans la presse ce matin... Clotilde Dumetz : Yann Arthus-Bertrand et sa femme Anne qui luttent contre la maladie de Parkinson. L'épouse du célèbre photographe écolo est malade depuis dix ans. Lui, a décidé de se lancer dans la bataille pour une meilleure prise en charge de la maladie. C'est une interview croisée dans Le Parisien-Aujourd'hui-en-France. Dans le même journal, vous apprendrez que le PSG est à vendre ! Le fonds d'investissement européen propriétaire du club de foot a décidé d'accélérer le processus de cession du club. Dans Les Echos, la France qui relance la course aux métaux rares. Il faut dire que nous consommons aujourd'hui, cinq fois plus de matières minérales que nos arrières grands-parents. Dans ce contexte, il faut savoir anticiper car toutes les matières premières peuvent devenir, à un moment donné, stratégiques. Les Echos qui expliquent qu'en septembre dernier, une campagne d'exploration sous-marine a permis de découvrir un domaine volcanique potentiellement riche en minéralisations sulfurées... et ce, au large des îles de Wallis et Futuna. Alors si les minéralisations sulfurées ne vous disent rien, ça donne, en revanche, de très jolies photos dans Les Echos. Et puis, pour finir, dans France-Soir, la reprise d'une étude menée en Grande-Bretagne où l'on apprend que la recette pour préserver l'équilibre familial, c'est de donner naissance à deux filles. Les chercheurs ont demandé à plus de 2.000 parents d'enfants de moins de 16 ans de noter le comportement de leur progéniture. Et le résultat est donc sans appel : avoir deux filles, c'est la clé du bonheur ! En revanche, le cauchemar... le pire du pire selon l'étude... ce n'est pas trois garçons, deux filles et un garçon... sur les douze combinaisons étudiées, non, la fin de l'harmonie familiale, c'est d'avoir quatre filles !

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