(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : quelques flammes singulières

(Bruno Duvic) 24 heures à l'échelle de Twitter c’est une éternité mais à l'échelle de l'Histoire ; c’est un souffle. Il y a 24 heures, exactement on apprenait la mort de Raymond Aubrac. Parmi les très nombreux hommages dans la presse, on retiendra le texte que Daniel Cordier, l'ancien secrétaire de Jean Moulin a confié à Libération .

Il dit les choses simplement, fortement, sans cacher ses différends. « Raymond Aubrac, la dernière évasion » titre Libé et Daniel Cordier écrit ceci.

"Raymond Aubrac a cette particularité de figurer parmi les tout premiers résistants, c'est fondamental de le signaler, ça le distingue de la masse de ceux qui se sont organisés deux ou trois ans plus tard.(…) Aubrac

est un personnage majeur car il est un pionnier. Ces premiers résistants n'avaient aucun moyen. (…)

Au jour même de la mort de Raymond Aubrac, les questions autour de son arrestation et de son évasion restent secondaires. (…)

On doit garder le souvenir d'un homme qui s'est admirablement conduit à une époque où une majorité de Français a trahi la France. Combien étions-nous à Londres ? Les Français ont été des lâches et très peu ont été courageux. Les Aubrac le furent et je tiens à les saluer aujourd'hui. Aubrac était un patron qui commandait de très jeunes gens, cette armée qu'on a appelée de l'ombre"

Raymond Aubrac, passeur d'espérance, titre L'Humanité . Ce mot de « Résistance », mis à toute les sauces, quel sens lui donner aujourd'hui sans le dénaturer ?

Dans un entretien avec le secrétaire national des jeunes communistes à la fin de l’année dernière et reproduit par L'Huma ce matin, Raymond Aubrac donnait quelques pistes :

"Au moment de l'Occupation, quand on décidait d'entrer en résistance, on prenait des risques. Mais quand on les acceptait, on pensait que cela pourrait servir à quelque chose. On désobéissait en gardant en tête ce sentiment d'utilité. C'était le socle à partir duquel l'engagement était possible. Ceux qui s'engageaient avaient confiance en eux. Cela reste vrai pour les jeunes de votre génération. Certains ont des conditions de vie très difficiles. Je leur dis : si vous baissez les bras, vous n'avez aucune chance de vous en tirer. (…) Les jeunes d'aujourd'hui ne sont pas différents de ceux d'hier, ils refusent l'injustice. Mais pour qu'ils aient des chances de gagner, il faut qu'ils organisent le combat"

Sur l'héritage des grands résistants, dans l'éditorial de Libération , Nicolas Demorand a cette jolie formule empruntée au philosophe Derrida. "Ces hommes et ces femmes nous enseignent qu'il est possible d'hériter sans jamais devenir conservateur"

La mort de Raymond Aubrac relègue au second plan la disparition d'une autre figure de l'histoire : Ahmed Ben Bella l'un des derniers leaders de l'indépendance algérienne, premier président après les accords d'Evian. Avant l'indépendance, rappelle Le Figaro entre autres. Il s'était battu pour la France en 1944 à Monte Cassino.

Des flammes singulières... Les habitants du Clos de la Rose à Marseille pourraient en voir bientôt

De la dynamite contre le shit ! Le titre est à la Une de La Provence . Le préfet de police Alain Gardère envisage la destruction d'un immeuble dans cette cité. Pas dans le cadre d'une classique rénovation urbaine. Mais parce qu'il est le repaire des trafiquants de drogue. Les trafiquants sont de connivence avec des habitants, payés 300 Euros par semaine pour laisser leur porte ouverte jour et nuit et permettre aux dealers poursuivis par la police d'y échapper.

Le préfet envisage de raser physiquement ce repaire, comme un symbole, pour donner de l'air aux habitants et aussi comme un aveu d'échec. La Provence rappelle que la configuration de certains immeubles et cités rend les enquêtes de police impossibles. Des barres disposées de telle façon qu'elles forment des culs de sac, interdit d'y pénétrer, sauf au prix d'incroyables stratagèmes

Les échos de campagne… Quelles étincelles dans la presse ce matin ?

Quelques lueurs de fatigue dans les yeux de Nicolas Sarkozy. C'est Le Parisien-Aujourd’hui en France qui l'écrit. Le président candidat a rencontré des lecteurs du journal mardi. Mais l'animal politique a vite repris le dessus, dixit le quotidien. L'interview est publiée aujourd'hui. A propos des banlieues justement, Nicolas Sarkozy affirme que « pas un pays au monde n'a fait autant pour les banlieues (que la France) ces dix dernières années ». A la rubrique éducation, parmi les propositions qu'il met en avant : un comité d'orientation autour du CP. Il serait présidé par le directeur d'école ou le maire. Objectif : repérer les enfants qui ont problème dans leur scolarité. Un crédit de 2.000 Euros par enfants serait accordé pour rémunérer des spécialistes qui les suivraient individuellement.

Une flamme solitaire. Dans Libération , Laure Bretton dresse un portrait de François Hollande en campagne, en homme qui marche seul. Un aréopage le suit partout mais il prend ses décisions seul. Seul aussi selon la journaliste pour affronter les coups de fatigue. Il manque d'une nounou, rôle que jouait Patrick Menucci auprès de Ségolène Royal il y a 5 ans. Toujours une barre de céréales dans la poche en cas de fringale de sa championne.

La passion du Figaro pour Mélenchon, encore à la Une ! Ce matin il est plus largement question de « l'extrême gauche (qui) place hollande sous surveillance. »

La candidature Bayrou, lumière vacillante. Pourrait-il être le Premier Ministre de Nicolas Sarkozy ? « Sûrement » répond Alain Juppé dans Le Figaro Magazine à paraitre ce week-end, sans qu'il soit facile d'interpréter ce "sûrement"

Et puis les Français à l'abri devant la cheminée. Des Français tentés par le protectionnisme, titre La Croix . Sondage Ifop qui confirme que la mondialisation est perçue comme une menace.

Des flammes et des éclairs sur les terrains de football...

« Géant ! » Le titre barre la Une de Paris Normandie après la qualification des amateurs de Quevilly pour la finale de la coupe de France de football. « Indomptable Quevilly !» s'exclame L'Equipe .

Entre ce match de coupe de France et la prestation de 5 candidats à la présidentielle hier à la télévision, la zapette a marché dans l'équipe de « Zone mixte », le blog de 20 minutes consacré au foot. Du coup ils ont mélangé les deux et constitué l'équipe type de la présidentielle. Jacques Cheminade est arrière-droit

Tous les entraineurs du monde vous le diront, sur le terrain, 11 Zidane ensemble, ça ne marcherait pas, 11 Cheminade non plus mais un seul ça peut passer…

Dans l'actualité foot aussi, la nouvelle défaite de Marseille et Montpellier un peu plus proche du titre de champion. Et puis un retour de flamme dans L'Equipe . « Del Piero porte la Juve ». La star italienne de la fin des années 90 a aujourd'hui 37 ans. Il jouait hier son 700ème match pour l'équipe de Turin et il lui a permis de gagner.

Quelques chiffres explosifs dans la presse économique

Explosion en bourse. Nokia, -14,5% hier à Helsinki, l'ancien géant du mobile rate son come back titre latribune.fr

Explosion de sucre dans la bouche. Une fraise Tagada toutes les 20 secondes. C'est à ce rythme effréné que les français engloutissent le bonbon star d'Haribo, premier confiseur des enfants en France auquel Les Echos consacrent un article ce matin.

Marché en pleine explosion. C’est encore dans Les Ech os, l'immense marché indien pour le BTP. L'Inde veut construire 20 kilomètres d'autoroutes par jour. Potentiel sur 10 ans : 120.000 kilomètres et un énorme magot qui fait saliver les entreprises plus encore qu'un paquet de bonbons.

Parmi les pays qui comptent dans le nouveau monde, les Emirats. Business, luxe et kitsch. Bertrand de Saint Vincent, qui tient la chronique mondaine dans Le Figaro , raconte un diner sur la terrasse d'un grand hôtel en front de mer. 7 chefs ont préparé le menu. Soit 12 étoiles dans le ciel de Dubaï - puisque c'est là que ça se passe.

En tendant la main, on pourrait toucher les gratte-ciel voisins.

Les tables portent des noms de compositeurs, Chopin, Beethoven.

On mange du foie gras cuisiné avec des fraises.

Entre les plats, une chanteuse tchèque reprend "plaisir d'amour" en italien.

Le Sauvignon de Nouvelle Zélande a un parfum de mandarine.

L'œnologue ressemble à Hugh Grant.

« Dans le ciel noir, conclut Bertrand de Saint Vincent, la lune a la couleur d'un Gewurztraminer »

A demain

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