La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par Calais, vu par l’écrivain Emmanuel Carrère

Emmanuel Carrère nous l’avait annoncé, le 9 février dernier lorsqu’il était l’invité spécial de la matinale, « je pars en reportage à Calais ». Récit, à lire dès demain matin dans la revue XXI, de cette immersion de 15 jours. L’écrivain journaliste raconte d’abord, comment il s’installe, comme tout le monde, enfin comme tous les artistes, journalistes, cinéastes venus du monde entier pour témoigner de l’infortune des migrants, à l’hôtel Meurice de la ville, la maison mère du célèbre palace parisien. Déserté par les touristes, mais investi donc par ces nouveaux reporters, « par moment s’amuse t il, on se croirait au légendaire Hollyday Inn de Sarajevo ». Il a bien l’intention lui, il nous le disait sur France Inter, de s’intéresser aux calaisiens, plus qu’à la Djeungggle, c’est comme ça, apprend t on, qu’il faut dire, pour parler de la jungle des migrants, aux portes de la ville. Mais dès le premier matin, une lettre l’attend à la réception de l’hôtel. Il nous en livre d’emblée les premières lignes, cette lettre va ensuite structurer tout son récit : « Non, pas vous ! lui écrit Marguerite Bonnefille, un nom qui a tout l’air d’un pseudo pressent il : après Laurent Cantet, Mickaele Hanecke, Charlie Winston, pas vous monsieur Carrère ! Que venez vous faire ici, sinon assouvir l’impérieux besoin du commentaire personnel, Calais est devenu un zoo dont je suis une des guichetières » Marguerite Bonnefille lui prédit le circuit qu’il va suivre, comme tout le monde pour humer l’air, tenter de comprendre, la vie de ceux qui sont devenus des rats de laboratoire. L’article s’intitule donc, Lettre à une calaisienne. Emmanuel Carrère ne cache pas qu’il tombe dans tous les pièges : tournée des cafés, le Minck, sans doute le lieu le plus convivial du monde, avec ses trognes à la Raymond Bussières qui ferait les joies d’un directeur de casting pour célébrer l’aristocratie prolétarienne d’antan, mais dont il se doute bien qu’un paquet doit voter FN, le Channel, haut lieu de la boboitude, où on pourrait se croire à New York ou à Berlin. Il aimerait bien parler d’autre chose, mais à Calais, on ne parle que de ça, « on est grignoté par ça » comme dit Marguerite, on somme d’ailleurs les habitants d’être pro ou anti migrants, sauf que ça ne veut rien dire, personne n’est ravi d’avoir à ses portes 6000 miséreux, mais certains décident de « faire leur part », en aidant un peu, quand d’autres, oui il en a entendu, profèrent des paroles de méchants, enfin surtout des paroles de pauvres explique t il, pauvres en instruction autant qu’en numéraire, qui disent leur peur, parfois leur haine. Emmanuel Carrère tente de s’échapper, raconte la dentelle à Calais, les ados déscolarisés, l’abbé Delenclos, 84 ans, qui fait ce qu’il peut, il raconte comment il a envie d’être du côté des « gentils », et comment les autres parfois, lui font se demander s’il ne se fourvoie pas. Comment comme écrivain, comme journaliste, il y a 2 façons de voir les choses, à partir d’un détail…lisez cette lettre d’Emmanuel Carrère pour connaitre ce détail et en savoir plus sur Marguerite, demain, en kiosque, la revue XXI

Dans la presse ce matin Hélène, Nuit Debout, suites…

Avec à la Une du New York Times, excusez du peu, « Merci Patron », et la photo de son réalisateur François Ruffin. Sous le titre le « film qui sonne comme le cri de ralliement français », la journaliste raconte comment ce documentaire « guerilla style » écrit elle, consacré à la lutte d’un couple de nordistes qui viennent de perdre leur job, contre Bernard Arnault, a été diffusé place de la République à Paris ou place du Capitole à Toulouse. Digne héritier de Michael Moore et de son « Roger et moi » rappelle t elle, « merci patron » est devenu l’emblème de ceux qui dénoncent en France, la mondialisation qui fait d’une partie de la population des laissez pour compte

Nuit debout qui se poursuit donc à Paris et ailleurs en France… « Comment ça, tu n’es pas encore allé voir Nuit Debout ? » s’exclame le pingouin de Gorce dans ses Indégivrables du Monde titré, « Société du spectacle ». Aujourd’hui en France/ le Parisien raconte comment quelques rares ministres se glissent incognito parmi les manifestants, vous avez cité Patrick, Axelle Lemaire chargée du numérique, il parait que vous Patrick Kanner, vous y dépêchez vos conseillers

J’ai une autre solution pour vous, écoutez

SON PERISCOPE

Lui, c’est Rémy Buisine, un jeune community manager nordiste, s’énorgueuillit la Voix du Nord, qui depuis plus de 10 jours, fait vivre en live, sur l’application Périscope, la Place de la république comme si vous y étiez. Dans Libération, Christophe Alix nous raconte l’engouement pour ces videos en direct, periscope donc, mais aussi Facebook Live son concurrent. Selon le site Le petit Web, qui rapporte les propos d’une cadre de Twitter, périscope aurait même attiré deux fois plus d’internaute que BFMTV le 6 avril dernier, on rappellera que Twitter est propriétaire de Périscope, donc cette mesure d’audience est sans doute à prendre avec précaution, ceci dit, avec ses 10 millions d’abonnés et 200 millions de videos diffusées, Périscope est aujorud’hui l’application la plus téléchargée en France. Un consultant spécialiste des mutations des médias à l’ère du numérique s’enthousiasme, « on est en train de vivre un moment d’ébullition sympathique avec un petit côté radio libre » En attendant, c’est aussi une affaire de gros sous, aux états unis par exemple c’est twitter qui a remporté l’achat de la retransmission des 10 prochains matchs de la ligue de football américain. Avec ces nouveaux monstres de la distribution de contenus, il devient imaginable que Facebook, Youtube ou Twitter raflent un jour aux grandes chaines les droits exclusifs des plus grands événements sportifs mondiaux…jeunesse et sport, sous Périscope, il va falloir vous pencher sur le dossier Patrick Kanner !

Ce matin également Hélène les commentaires dans la presse sur le plan jeunesse dévoilé hier par Manuel Valls

Commentaires au mieux ironiques, «qui osera prétendre qu’Hollande ne tient pas ses promesses ? il avait fait de la jeunesse sa priorité, et bien ce n’est plus une négociation sociale c’est une distribution des prix » s’amuse Bruno Dive dans Sud Ouest, au pire accusatoires, c’est un « marchandage inutile » pour la Croix, une « abdication mortifère » pour l’Opinion, « Valls taxe les CDD et braque les patrons » pour le Figaro, braquer visiblement utilisé dans toutes ses acceptions, les Echos en tire une leçon politique, « cette prodigalité intéressée est forcément la preuve que François Hollande est candidat » suggère l’éditorialiste Stéphane Dupont..on retiendra que les jeunes en question pour l’instant, ne sont guère reconnaissants, cette citation à trouver dans le Parisien « Valls nous donne des miettes, nous on veut le sandwich » entendu place de la République ; L’Humanité se félicite lui, que la jeunesse « garde le cap », à savoir celui de la mobilisation

On termine avec des temps de trajets, qui s’affichent comme des victoires à la Une la presse régionale. « Agen à 3 heures de Paris » se félicite le Petit Bleu d’Agen…Quand Sud Ouest détaille dessertes, temps de trajet et horaires de la future ligne Océane, Tours Bordeaux. Autre ouverture, le 2 juillet 2017, le tronçon Le Mans/rennes…Les Echos nous apprennent que ces lignes seront forcément déficitaires, mais il s’agit pour la SNCf de repartir à la conquête des voyageurs, en faisant face à la concurrence de l’avion et du covoiturage. Parfois, investir même à perte, est salué comme une aubaine pour tous….

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.