On meurt seul au Japon, les Echos, et les petites reliques familiales finiront à Hokkaïdo. Le deuil est long dans la Croix, la société l’ignore trop. Des militants manifestent contre l’expo Toutankhamon, persuadés dit le Point que l’on cache qu’il était noir. 180°C a retrouvé le petit Jésus de meringue de nos enfances.

Vous nous parlez de solitude ce matin...

De ces vieilles personnes qui meurent seules chez elle, et dont on réalise le décès au printemps, quand l'air qui se réchauffe alerte les voisins d'une odeur de corps abandonné... Alors me raconte le magazine des Echos, interviennent des professionnels, ils vous nettoient à neuf un appartement en deux jours, ils confient les appareils ménagers à des spécialiste de l'occasion, les vêtements se vendent au kilo, 500 yens soit quatre euros pour les habits ordinaires... Oui des yens, cela se passe au Japon, dont les Echos racontent dans un très bon numéro l'étrangeté et la proximité à la fois, et si l'abandon n'est pas que nippon, il est là-bas un phénomène de masse dans une société ébranlée. Les petits autels familiaux, des reliques shinto que les vieillards conservent pour leurs familles disparues avant eux, sont recyclés dans un temple, à Hokkaido, où un moine, pour 25 euros, priera pour ceux qui n'intéressaient personne ici bas...

C'est un bel article qui entre en résonance avec la Croix, qui parle du deuil, et raconte bien ce moment où celle ou celui qui reste se débat dans la sidération et la souffrance, sensations d'épuisements, angoisses, dépressions, douleurs à l'âme et douleur physique, tabagie et alcoolisme parfois, et on compte les premières fois, les premières fois que l'on se couche seul, le premier vendredi soir, les premiers anniversaires, dit Caroline, 49 ans, qui n'en est pas sortie, « je n'ai que trois ans de deuil » dit-elle? Notre société technicienne et de performance, où il s'agit sans cesse d'aller de l'avant, n'aide pas à comprendre cette lenteur.

Elle est aussi parfois cruelle d'être mal organisée, cette société, et le lis dans Paris Normandie Le havre que dans l'arrondissement de Caux vallée de Seine, Chantal n'a pu enterrer son papa que trois semaines après sa mort d'une crise cardiaque,  et elle n'est pas la seule, un enterrement sur trois se déroule après le délai légal de six jours... Les baby-boomers, enfants nombreux de l’après-guerre, commencent à partir... Ils demandent bien souvent  à se faire incinérer et les crématoriums sont embouteillés..

Le Monde raconte les deux rives de la Manche

Et d'une bonne idée, raconter à échelle humaine deux voisins qui séparent, la France et l'Angleterre, le Brexit est une forme de deuil politique, le Monde, a fabriqué deux reportages FORMIDABLES,  le premier sur la Normandie, le deuxième en Angleterre du côté de Portsmouth, et Rémy Ourdan, grande plume, raconte l'histoire d'une fascination mêlée de haine, qui démarre sur la plage de Houlgate chez nous, où une colonne oubliée, rongée par les vents salés commémore le départ en 1066 du duc Guillaume de Normandie qui allait conquérir l'Angleterre et battre le roi Harold... On siffle Guillaume dans les reconstitutions historiques, là-bas, chez eux, en Angleterre, un rude britannique s'est tatoué en souvenir d'Azincourt où les archers anglais décimèrent nos chevaliers... Mais en France près de Cherbourg, pendant la guerre du Golfe, en 1982, la plus belle  discothèque du Cotentin s'appelait Exocet, en l'honneur de de missile français que les Argentins envoyaient sur la Navy... Et c'est donc un reportage de chair et d'histoire, où l'on convoque aussi bien la Libération de 1944 qui se fit au prix de 20.000 civils normands décimés par les bombardements alliés, que la Guerre de cent ans, quand les villages changeaient si souvent de maitre, que le célèbre « pt’êt’ ben qu'oui pt’êt’ ben qu’non" normand serait né de cette incertitude... Au cimetière militaire britannique de Bayeux, on lit cette phrase latine qui sonne comme une revanche. "Nos a gulielmo victi victoris patriam liberavimus"... Vaincus par Guillaume, nous libérâmes la patrie des vainqueurs!

Et ayant lu cela, on regarde  autrement  les excellents articles qui racontent, dans le Figaro ou l'Opinion notamment, comment M. Macron de France fut dur quand Mme May d'Angleterre vint quêter patience en Europe... Marianne raconte les rudes années du Brexin, quand entre 1956 et 1971 le royaume se battait pour intégrer l'Europe et de Gaulle s'y opposait,... Macron renait gaulliste et avec lui Dominique Strauss-Kahn, un revenant, dans les Echos, qui affirme que sans les Anglais, l'Europe aurait été plus vite, et mieux unie...

A Bayeux, où une tapisserie commémore la conquête de l'Angleterre, Ouest-France me raconte une drôle d'histoire. Celle d'un soldat allemand, pendant l'occupation, qui fut chargé de prouver que Guillaume le conquérant était de sang viking 

donc aryen, pour inscrire ce guerrier dans ma mythologie nazie... Mais ce soldat, Herbert Jeschke, se prit d'un amour amour plus simple pour la broderie du XI e siècle, et son travail, 78 ans après, est a été remis par ses descendants à la ville de Bayeux. Et cette histoire de bon soldat allemand, , quand on me parle de méchants anglais, peut m'étonner... C'est la grâce des journaux de choquer...

Et un journaliste plaide dans le Monde pour la liberté d'offenser...

Il se nomme Ian Buruma, il dirigeait la très prestigieuse « New York review of books », et il dut quitter son poste sous la pression d’une opinion chauffée à blanc, après avoir publié un texte, écrit par un canadien, Jian Gomeshi, chez lui vedette audiovisuelle, qui avait été jugé -et acquitté faute de preuve- pour de multiples agressions sexuelles... Gomeshi se disait victime d'un hashtag, #Metoo, et Buruma se constate victime de l'esprit du temps... 

Son texte dérange; mais il ne vient pas seul et d'autres textes, ce matin défendent la liberté d'expression contre les politiquement corrects et les meilleurs intentions qui s'égarent... Des auteurs de théâtre, Wajdi Mouawad et Ariane Mnouchkine en tête, défendent la liberté de création, dans le monde (et dans Marianne pour Mnouchkine) après qu'une pièce d'Eschyle ait été empêchée à la Sorbonne par des militants noirs... Les mêmes peut-être qui manifestent devant l'exposition Toutankhamon, nous révèle le point qui interroge une égyptologue effarée pae ces militants, inaccessibles aux raisons scientifiques, et qui exigent que l'on reconnaisse que Toutankhamon était noir…

Dans Analyse opinion critique AOC, une universitaire défend ces enfants qui manifestent pour le climat, et qui sont les vrais adultes de notre temps… Elle choquera les barbons.

Un autre homme choque, qui est à la une du Figaro et aussi dans la Croix. Benoit 16, ancien pape, s'en prend à la dégradation des moeurs qui aurait corrompu une église qui ne doit pas se réformer, dit-il en substance dans un texte dont certains doutent de l'authenticité...

On apaisera nos inquiétudes par la douceur du petit Jésus. qui fut, aussi, nos palais s'en souviennent, un bonbon sucré en meringue, doucement fondant en bouche, qu'on croyait disparu mais que 180 degrés, épatante revue culinaire, a redécouvert. 

L'équipe
Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.