"Toujours les mêmes images : carcasse de bus fumante, femmes en pleurs, sirènes hurlantes, taches rouges sur la chaussée... La terreur signée Al Qaïda... Chacun de ces massacres souligne la vanité des communiqués de victoire des forces américaines en Irak... George Bush peut plastronner, Al Qaïda tue encore et toujours"... C'est ainsi que commence l'éditorial de Francis Brochet dans Le Progrès ce matin... Vous l'avez compris : les deux attentats d'Alger hier font la Une de la plupart de vos journaux... "L'horreur à Alger", titre Aujourd'hui en France-Le Parisien... "La terreur frappe Alger", pour La Croix... "Alger plongée dans l'horreur", pour L'Humanité... Et Libération analyse "la double menace"... puisque les deux attentats d'hier visent à la fois l'ONU et le pouvoir algérien... 11 décembre : attentats d'Alger... Tous vos journaux, la plupart des commentateurs notent évidemment cette date... "ce 11 marqué de sang", comme l'écrit Didier Pobel dans Le Dauphiné Libéré... Et Gilles Dauxerre, dans La Provence, note que "cette simple date signe ces attentats... le 11 décembre... comme le 11 septembre 2001 à New York, le 11 avril 2002 à Djerba, le 11 mars 2004 à Madrid, le 11 mars 2007 à Casablanca, le 11 avril dernier à Alger et le 11 juillet en Kabylie"... Et dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, Mathieu Guidère, spécialiste du terrorisme, explique pourquoi le 11... Tout simplement parce que, pour les islamistes radicaux, depuis le 11 septembre 2001 et les attentats contre les deux tours du World Trade Center, le 11 c'est le chiffre de la baraka, comme ils disent... Alors évidemment, dans vos journaux, les photos vous montrent l'ampleur du drame vécu hier par la population algérienne... Le siège du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés pulvérisé... Les ruines aussi du Conseil Constitutionnel algérien... "Cette double cible correspond bien, analyse Fabrice Rousselot dans Libération... correspond bien à la stratégie affichée d'Al Qaïda dans cette région... c'est-à-dire viser aussi bien la communauté internationale que le pouvoir algérien"... Et dans La Croix, le correspondant du journal à Alger explique que "ce double attentat a surpris le pouvoir algérien, au moment où il est occupé par un marchandage politicien autour d'un troisième mandat du Président Abdelaziz Bouteflika"... Parce que, bien sûr, note Joseph Limagne dans Ouest-France, "toutes les capitales occidentales, comme toutes celles des pays arabes, ont condamné l'attentat d'Alger... Personne ne s'y trompe : tout le monde peut être touché... Mais en même temps, souligne l'éditorialiste, ce que l'on sait des recrues des groupes islamistes du Maghreb suggère que la plupart réagissent par la violence à l'impossibilité de se faire une place dans des sociétés bloquées... Tant qu'une jeunesse de plus en plus nombreuse manquera de perspectives... la terreur restera, pour les plus fragiles, l'exutoire du désespoir"... Cette analyse n'est pas propre à la presse française... On la retrouve également dans la presse européenne... En Suisse, Frédéric Koller, dans Le Temps, note que "les morts d'hier sont aussi la marque de l'échec des autorités algériennes... l'échec du processus de réconciliation... l'échec du processus de démocratisation... l'échec enfin d'un pays incapable de faire profiter de ses richesses une majorité de pauvres"... Et de son côté, l'éditorialiste d'El Pais met en garde l'Union Européenne... l'exhorte à prendre des mesures... Parce que, écrit-il, "l'Algérie n'est pas simplement l'un de nos principaux pourvoyeurs de gaz... C'est aussi un territoire très proche du sud de l'Europe... où laisser se propager un fanatisme aveugle peut faire craindre de nouvelles attaques de ce côté-ci de la Méditerranée"... Attentats en Algérie... et toujours Kadhafi à Paris... Une coïncidence qui n'en finit pas de créer le malaise... "Les deux attentats d'Alger ont eu lieu au moment même où un grand connaisseur du terrorisme international se trouve sur notre territoire", note incidemment Patrice Chabanet, dans Le Journal de la Haute-Marne... Alors bien sûr, écrit également Bernard Revel dans L'Indépendant du Midi... "bien sûr, Kadhafi a fait part de son entière solidarité avec le Président Bouteflika... Mais il n'a pas eu un seul mot pour l'ONU... Il faut dire que la semaine dernière, à Lisbonne, il affirmait que 'la dictature règne aux Nations Unies', et trouvait 'normal que les faibles aient recours au terrorisme'... Alors, qu'on lui vende sans états d'âme des armes est une chose, commente Revel... Mais de grâce, que ceux qui ont fait ce choix l'assument, sans y ajouter l'hypocrisie de considérer Kadhafi comme un client ordinaire"... Au-delà de ces remarques, la visite du leader libyen continue de faire couler beaucoup d'encre... Et ce matin, vous lirez beaucoup de commentaires sur l'interview qu'il a accordée hier à David Pujadas sur France 2... "Un culot confondant", constate Jacques Camus dans La République du Centre... "Il traite quasiment de menteur Nicolas Sarkozy en affirmant qu'il n'a pas évoqué avec lui la question des droits de l'homme... Il nous fait la leçon sur les droits des immigrés... Et quel démocrate exemplaire que ce Kadhafi, prétendant que les Libyens n'ont pas à élire leur dirigeant puisqu'ils se dirigent eux-mêmes... A ce rythme, la visite de Kadhafi va tourner au cauchemar"... "Encore 3 jours !", encourage Michel Lépinay dans Paris-Normandie... Et dans La Charente Libre, sur le même thème, Jacques Guyon explique que "10 milliards, ça se paye cash"... "Au moins, avec le colonel Kadhafi, on n'est jamais déçu", ironise Pierre Taribo dans L'Est Républicain... "Reste que Nicolas Sarkozy doit méditer la leçon... A trop jouer au poker avec le diable, on n'est jamais sûr de récupérer sa mise"... Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, le récit de "la journée d'un encombrant visiteur"... De l'Assemblée Nationale à l'UNESCO... Et puis le récit aussi de ce "contrat signé à l'aveuglette"... C'est la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui confie que lundi soir, elle a remplacé au pied levé Jean-Louis Borloo pour la cérémonie organisée à l'Elysée avec Kadhafi... et qu'elle s'est retrouvée à signer un contrat dont elle ne connaissait pas la teneur... Elle n'a appris qu'après qu'il s'agissait d'un contrat gazier... Alors Kadhafi reçu hier à l'Assemblée Nationale... C'est le leader libyen qui l'avait demandé... "Un désir qui prouve qu'il aime l'exotisme", écrit Philippe Val dans Charlie Hebdo... "un peu comme les éthologues approchent les hordes de chimpanzés pour comprendre leur organisation... Parce qu'il faut bien reconnaître que les parlementaires libyens, on ne sait plus trop sur quelle étagère on a rangé leurs cendres il y a 38 ans, lorsque Kadhafi a délicatement pris le pouvoir"... Philippe Val qui s'étonne d'une autre exigence du dictateur... "Il exige de voir 200 femmes pendant son séjour... Imaginons un autre chef d'Etat exigeant de rencontrer 200 femmes... ou Angela Merkel exigeant de ne voir que des mecs... Au bout du compte, quand on creuse au fond du racisme, on finit toujours par trouver l'humiliation des femmes... En réclamant une réunion avec 200 femmes françaises, Kadhafi sait qu'il humilie la démocratie européenne dans un principe qui la constitue : le refus d'une discrimination sexuelle, elle-même au fondement de toutes les dictatures"... Alors, depuis lundi, c'est peu de dire que cette visite du numéro 1 libyen appelle tous les commentaires... Dans Le Canard Enchaîné, Erik Emptaz note que cette "fantasia au camping de l'Elysée met une sacrée ambiance en Sarkozie"... Et l'hebdomadaire satirique rappelle les propos du Président français le 2 mars, quand il n'était que candidat à l'élection présidentielle... Il annonçait alors son refus de toute compromission avec des dictateurs, "fussent-ils des amis de la France"... Il mettait l'accent sur la défense des droits de l'homme comme composante centrale de la politique étrangère... Aujourd'hui, face aux critiques relatives à la réception en grandes pompes du colonel Kadhafi, Le Canard rapporte ses autres propos... Devant ses conseillers élyséens, le Président français aurait assumé ainsi... "De toute façon, plus ils gueulent, plus je leur ferai un bras d'honneur... plus longtemps je serrerai la main de Kadhafi"... Et sinon, dans la presse... "C'est la fin de la carte scolaire", se réjouit Le Figaro... qui explique que, dès la rentrée prochaine, les élèves pourront s'inscrire dans l'établissement de leur choix, dès lors qu'il y aura de la place... Le journal note que, pour les parents, c'est la fin du système D... Dans la presse économique, on reparle du Livret A... "Nicolas Sarkozy est prêt à élargir sa distribution", annonce Les Echos... "Oui au Livret A dans toutes les banques", surenchérit La Tribune... une réforme qui devra aussi, selon la Présidence de la République, améliorer le financement du logement social... Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... "Hépatite B : deux laboratoires convoqués par la justice"... Le journal explique qu'entre 1994 et 1998, 21 millions de Français ont été vaccinés contre l'hépatite B... et que depuis, 1.300 d'entre eux ont développé des troubles neurologiques... Dans cette affaire, on se dirige, selon Le Parisien, vers la mise en examen des deux laboratoires qui ont élaboré ce vaccin qui, dans les années 90, était devenu le produit pharmaceutique le plus lucratif... Pour terminer... Il paraît que le jouet du Noël 2007 pour les petites filles, c'est la clé USB MP3 "Barbie Girls"... A première vue, c'est simplement une clé classique, avec une coque en forme de Barbie... Mais c'est aussi plus que cela, rapporte Anne-Claire Norot dans Les Inrockuptibles de cette semaine... Cette clé USB permet un accès privilégié au site Internet "Barbie Girls"... Parce que, quand les adultes et les ados ont déjà "Second Life", c'est au tour des enfants de prendre pied dans le terrain de jeu virtuel... Des premiers pas dans le Web communautaire qui permettent de se familiariser avec ses règles de base... comme gérer ses amis, s'en faire de nouveaux, respecter les autres... Mais bon, ce site, comme les autres du même genre, sert avant tout à habituer les enfants à adopter une attitude hyper-consommatrice, en jouant sur les envies et les frustrations... Parce que bien sûr, le monde de Barbie, c'est pas l'île aux enfants...

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