Bonjour... A l'ouest, quoi de nouveau ? ...A Rennes, Quimper, Nantes, Brest (vous le lirez dans Le Parisien-Aujourd'hui en France) : "le mouvement des lycéens prend de l'ampleur". La FIDL appelle à la mobilisation pour mardi, l'UNL (premier syndicat lycéen) organisera jeudi une journée nationale d'actions. Constat de Philippe Palat, dans Le Midi Libre : "A quelques encâblures de la trève des confiseurs, ça sent le roussi". Libération en fait sa Une : "Après la Grèce, la France peut-elle s'enflammer ?". En page intérieure, Laurent Joffrin temporise : "Le Grand Soir n'est pas pour demain matin"... "L'Elysée, dit-on, observe avec intensité le moindre indice de révolte. Sage précaution : divisée, angoissée, désabusée, la France a le profil grec". Même remarque dans le quotidien Le Monde, où vous lirez que "le chef de l'Etat et le gouvernement redoutent - sans le dire ouvertement - un effet de mimétisme. Selon un élu présent au déjeuner des députés UMP organisé à l'Elysée mercredi, Nicolas Sarkozy aurait exprimé à propos de la Grèce 'un souci de prévenir ce genre de situation dans notre pays'". Rue du Faubourg Saint-Honoré, on craint la contagion des "koukoulofori", les cagoulés d'Athènes, de Rhodes, de Salonique. Que se passe-t-il donc dans la jeune France ? ...La réforme du lycée, bien sûr ; la réforme orchestrée par le ministre de l'Education Nationale Xavier Darcos... Mais pas seulement. Le Monde rapporte que le 5 décembre, reçus par le recteur d'Aix-Marseille, les représentants des syndicats des chefs d'établissement des Bouches-du-Rhône ont fait part de "l'inquiétude et l'exaspération des personnes de direction" face à des mouvements caractérisés selon eux "par une agressivité inconnue à ce jour et une quasi-impossibilité de dialogue avec les lycéens". Pour Patrice Chabanet et Le Journal de la Haute-Marne : "Il est encore difficile de dire si la révolte des jeunes Grecs a donné des idées à certains en France (...) Pour le pouvoir, le principal risque, dans ce conflit apparemment désordonné, est lié au contexte économique. Le gouvernement sait qu'il doit éviter à tout prix la coagulation des mécontentements". Libé, qui en fait son dossier du jour, nous livre le témoignage de Juliette. Elle milite contre la précarité et travaille en CDD. Juliette a 26 ans. Elle a passé un an et demi en Grèce. "Là-bas, dit-elle, la situation des jeunes est encore pire, leur revenu minimum plus bas. Mais il y a un point commun très européen : la promesse qu'on a faite aux jeunes qu'ils feraient tous de grandes études sans dire qu'il n'y aurait pas d'emploi derrière, ou mal payé". Elle ajoute : "En France, il y a le terreau pour une explosion, mais pas les relais, pas la mobilisation. On est tous hyper-atomisés". L'article a pour titre : "Entre tension et résignation". Deux pages plus loin, cette question et cette réponse : "Nicolas Sarkozy s'attend-il à des lendemains violents ?" (...) "En France, comme ce fut le cas en Grèce, la moindre victime pourrait mettre le feu aux poudres". Et là, on est tenté de rejoindre l'éditorialiste du Journal de la Haute-Marne quand il écrit : "Xavier Darcos a sans doute pêché par imprudence en qualifiant les mouvements lycéens de 'presque habituels'". Et pendant ce temps, Alain, de nombreuses entreprises ferment leurs portes... En première page de l'hebdomadaire Le Nouvel Economiste, cette affirmation de Nicolas Sarkozy : "Je ne laisserai pas démanteler l'outil industriel français". Alors qu'il fasse vite. ...La Tribune publie la carte hexagonale des principaux plans sociaux annoncés depuis septembre, pour un total de 20.453 suppressions d'emplois. Cette carte est terrifiante. La France y apparaît coupée en deux avec un nord de Loire très touché par la crise, beaucoup plus que le sud. Parmi les départements concernés, la Haute-Normandie paie, au prix fort, les conséquences du marasme mondial. "L'automobile française en hibernation forcée", titre Le Figaro Economie, pendant que Les Echos relaie "le SOS des sous-traitants" de la première industrie de France. Vous le lirez dans la plupart de vos journaux ce matin, vous l'avez entendu sur France Inter : "l'équipementier Faurecia supprime 1215 emplois". Faurecia est une filiale de PSA-Peugeot-Citroën. La Tribune fait son gros titre sur "la déferlante des plans sociaux" (leur nombre a plus que doublé entre mai et octobre)... Le quotidien économique s'interroge : "Les entreprises en font-elles trop ?"... La crise ne leur sert-elle pas d'"alibi" ?... En pages intérieures, Agnès Laurent clôt ainsi son article : "L'OCDE (l'Organisation de coopération et de développement économiques) prévoit 200.000 chômeurs de plus en France en 2009. Le débat sur les 'licenciements boursiers' a de beaux jours devant lui". Parti sur ces bases-là, je sens, Alain, que vous allez nous parler du travail dominical... Vous sentez bien, Nicolas. ...Je vois que vous avez vu la Une du Figaro et le résultat de ce sondage Politoscope OpinionWay selon lequel deux Français sur trois se déclarent favorables à l'ouverture des magasins le dimanche, enquête réalisée avant-hier et hier auprès de 999 personnes en âge de voter. Deux Français sur trois favorables à l'ouverture des magasins le dimanche : soit. A ce stade, je vous invite à troquer Le Figaro pour Les Echos et pour cette autre enquête d'opinion que l'on doit au CREDOC (c'est le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie)... A la question : "Seriez-vous prêt, en tant que salarié, à travailler régulièrement le dimanche ?", près de deux Français sur trois répondent "non". Les réponses positives sont évidemment plus nombreuses chez les sondés à la recherche d'un emploi et chez les étudiants. Le titre des Echos : "Travail dominical : Nicolas Sarkozy veut son symbole coûte que coûte". Dans Le Progrès, Francis Brochet nous prévient : "Les réformes tombent comme à Gravelotte, et notre Président vient régulièrement expliquer à la télé : 'J'ai été élu pour ça'. C'est vrai. Sachez donc que, pour le travail dominical, quoi qu'il arrive, la messe est dite". Pour L'Humanité, Alexandra Chaignon a rencontré Séverine, en CDI au magasin Ikea de Franconville, dans le Val-d'Oise. Séverine l'avoue : elle préfèrerait ne pas travailler ce jour-là, "mais financièrement, ce n'est pas possible". ...Elle le reconnaît : "C'est le travail du dimanche qui nous sauve". Avec deux dimanche par mois payés double, cette jeune maman de 23 ans parvient à gagner péniblement 1500 euros brut par mois. Les employés du magasin Ikea de Franconville sont en grève depuis une semaine pour leurs salaires et leur prime d'intéressement. Selon L'Huma, "le mouvement pourrait s'étendre". Tant que vous y êtes, Alain, si vous nous parliez de la retraite à 70 ans ? C'est dans France-Soir, comme dans la plupart des journaux : "Les Sages valident la retraite à 70 ans". Je lis l'entrefilet de France-Soir : "Le Conseil Constitutionnel a validé jeudi l'article 90 du projet de loi de financement de la Sécurité Sociale, qui autorise les salariés qui le souhaitent à repousser l'âge de leur départ à la retraite jusqu'à 70 ans maximum. Les Sages ont estimé que cette mesure 'ne portait atteinte ni au principe d'égalité, ni au droit de repos et à la protection de la santé énoncé en préambule de la la Constitution de 1946'". Et là, comme je suis un peu espiègle, j'ai engagé de bon matin une recherche sur Internet pour tenter de définir l'âge moyen des personnalités qui composent notre Conseil Constitutionnel. A quel résultat croyez-vous que je sois parvenu ?... (roulement de tambour) : SOIXANTE-NEUF ANS ! J'en profite pour vous donner quelques nouvelles des jeunes actifs de plus de 60 ans... Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, si vous n'avez pas entendu l'interview réalisée par Eva Bettan dans le journal de 8 heures, vous apprendrez que le cinéaste Manoel de Oliveira fête aujourd'hui ses 100 ans sur le tournage de son 45ème et dernier long-métrage (il faut rentrer, maintenant, Monsieur de Oliveira !)... et que Jane Birkin déclare (à 62 ans) : "J'ose être moi". Ce sera la phrase du jour. En ce week-end de décembre, osez-donc être vous !... Tout ira sans doute beaucoup mieux.

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