(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : au coeur du débat

(Bruno Duvic) Les conflits les plus barbares, tiennent parfois... à l'élastique d'un caleçon ! Le quotidien britannique The Guardian publie ce matin le témoignage d'un dirigeant du groupe état islamique. Témoignage important à bien des égards. D'abord parce qu'il montre que la radicalisation des combattants, le projet même de ce groupe « Etat islamique » s'est en partie joué dans les geôles installées par les Américains en Irak, dans les années 2000. "S'il n'y avait pas eu de prison américaine en Irak, il n'y aurait pas d'Etat islamique aujourd'hui", dit cet homme, dont le nom de guerre est Abu Ahmed. Lui était à la prison de Bucca, dans le sud de l'Irak entre 2004 et 2005. A ses côtés, d'autres prisonniers, devenus aujourd'hui comme lui des djihadistes, dont un certain Abu Baker al Baghdadi, le calife autoproclamé de l'organisation. Il avait déjà une certaine aura.

La prison, facteur de radicalisation mais surtout, occasion unique pour ces hommes de discuter, de préparer l'avenir. "Nous n'aurions jamais pu être rassemblés ainsi à Bagdad à l'époque dit Abu Ahmed, trop dangereux. Là nous étions en sécurité et nous avions du temps pour nous asseoir et fomenter des plans." Et il raconte ce détail. "Nous étions tous d'accord pour nous recontacter à la sortie. Comment faire ? Facile. Nous avons noté les coordonnées de chacun sur l'élastique de notre caleçon. A la sortie, revenu à Bagdad, la première chose que j'ai faite, c'est de me déshabiller, prendre une paire de ciseaux, découper mon boxer. Nous pouvions nous mettre au travail."

Il raconte comment le projet a pris forme, les années dans l'ombre puis le retour à la lumière.

Et ses remords aujourd'hui face à la violence des actions de l'Etat islamique. "Ce n'est pas que je ne crois plus au Djihad, confesse, pas tout à fait convaincu, Abu Ahmed. Mais est-ce que j'ai le choix ? Si je quitte le groupe, je suis un homme mort. Il n'y a pas que des idéologues dans l'organisation. Mais la machine est devenue plus forte que nous. Personne ne peut plus l'arrêter, pas même Baghdadi. » C'est à lire sur le site Internet du Guardian . Article signé Martin Chulov.

Et que faire des djihadistes occidentaux s'ils reviennent au pays ? En France, le premier jugé a écopé de sept ans de prisons. La réponse de la justice est différente en suisse. Information de La Tribune de Genève reprise par Rue89 . Le premier « revenant » jugé là-bas a été condamné à 600 heures de travail d'intérêt général avec sursis. Trois conditions : se soigner, retrouver un travail et tourner un documentaire photo sur le thème "signes de paix".

L'impuissance de l'Occident, elle est manifeste également en Afghanistan. L'attentat, hier, au centre culturel français de Kaboul est venu le rappeler. Illustration de cette impuissance dans un article du Spiegel allemand repris par Courrier International . Histoire d'une route qui devait être construite entre Kaboul et Bamiyan, là où les barbares ont détruit les statues de Buddha. Le projet de 2002. Douze ans et des millions de dollars plus tard, à peine 50 à 60 kilomètres sont construits. Même les entrepreneurs chinois ont pris leurs jambes à leur cou devant l'accumulation d'attaques, de rackets et d'enlèvements.

Un témoignage dans Le Parisien-Aujourd’hui en France

Témoignage d'un homme devenu célèbre, à la faveur d'un film : « Intouchables ». Le personnage incarné par François Cluzet, vous le savez existe réellement, il s'appelle Philippe Pozzo di Borgo. Il est tétraplégique depuis 1993 et un accident de char à voile. Il a 63 ans. En ce moment, il a beaucoup de mal à s’exprimer. Mais il a voulu témoigner dans Le Parisien , alors que le débat sur la fin de vie revient à la une avec le rapport remis aujourd’hui au président de la République. « Il faut aider à vivre, pas à mourir, dit l'homme d' ‘’Intouchables’’, catholique très pratiquant. Nous réconcilier chacun avec notre part de fragilité, soulager sans tuer est la meilleure thérapie pour un mieux vivre ensemble. » Pour le reste, son propos est de craindre ce qu'il considère comme des dérives et qui aboutiraient à la légalisation de l'euthanasie. Ces dérives, à lire les indiscrétions de la presse sur le rapport des députés, on en est tout de même assez loin.

Dans L'Humanité , un débat explosif

Quand on frotte deux Pierre, ça fait des étincelles. Excellente idée de L'Huma de mettre face à face Pierre Gattaz, président du Medef et Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste. Cela donne quatre pages d'un entretien viril mais correct. Pas de scoop, ils n'ont pas échangé leurs cartes d'adhérents. Mais beaucoup d'arguments.

Deux petits extraits.

Pierre Gattaz, sur ce chiffre de 84% d'embauches en CDD en France que Laurent lui envoie dans les dents. « Merci de cette question. Pourquoi a-t-on ce taux de CDD ? Parce que le patron, ça va vous faire mal aux tympans, a peur d'embaucher en France. Des petits patrons me disent : j'ai eu 4 salariés, 4 prud'hommes, ne compter plus sur moi pour embaucher. Il faut sécuriser, clarifier les conditions dans lesquelles nous pouvons nous séparer de nos salariés en CDI. »

Pierre Laurent sur un autre chiffre que Gattaz lui envoie à la figure. 40 milliards de charges en plus sur les entreprises ces dernières années. « C'est faux ! Il faut compter les exonérations de cotisations sociales, les crédits d'impôts, la suppression de la taxe professionnelle, les niches fiscales. Tout ce qui s'est accumulé ces dernières années sans aucun résultat en matière d'emploi. Immense gâchis de fonds publics. »

L'actualité économique c'est aussi ce troublant parallèle que l'on retrouve dans La Croix , Le Figaro , et Libération qui en fait sa Une, entre la France et l'Italie. Soit un jeune premier ministre dont la marque de fabrique est de bousculer les tabous de la gauche. C'est Matteo Renzi et sa réforme du marché du travail, notamment la suppression de l'article 18 du code du travail. Un totem en Italie. Il encadre les licenciements abusifs. Même Silvio Berlusconi avait reculé sur ce sujet. Renzi est en train de le faire. Appel à une grève général aujourd'hui dans le pays. Commentaire d'un politologue dans Libération :

« Il n'y a plus beaucoup d'idéologie dans la gauche italienne, ni même dans cet affrontement. C'est plus un conflit de générations entre d'un côté un jeune leader politique de l'autre un vieux syndicat. Paradoxalement, cette grève peut présenter un avantage pour Renzi en confortant son image de modernisateur. » Ce qui le menace davantage, selon le politologue, c'est l'efficacité de sa politique. Pour l'heure, les réformes sont essentiellement symboliques. Il reste populaire, environ 50% d'approbation mais il a perdu 10 points en quelques semaines.

Un cadeau de Noël pour finir

Cadeau Disney vraiment tombé du ciel... C'est un inédit de Disney, « Les chaussettes vides », qui met en scène Oswald apin chanceux, ancêtre de Mickey. Le dessin animé date de 1927, on le croyait perdu. On l'a retrouvé, très loin des studios de la firme américaine, dans le grand Nord, presque chez le père Noël, dans le Nord de la Norvège. A Mo i Rana, précisément, près du cercle polaire. C'est là que l'institut cinématographique norvégien possède des entrepôts. Et - le HuffingtonPost qui raconte cette histoire ne donne pas beaucoup plus de détails - un archiviste a mis la main sur deux bobines. Les étiquettes n’étaient pas très claires. C'était le film, qui était auparavant propriété d'un particulier en Norvège. Court métrage de 5 minutes 30, il en manque entre 30 secondes et une minute. Le lapin chanceux a été mastérisé et une copie est désormais chez Disney.

Joyeux Noël petit lapin ! Bon week-end.

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