Bonjour... Que mangerez-vous donc, à midi ?... ...Des pâtes ? On s'en faisait jadis un déjeuner roboratif quand on avait du mal à boucler ses fins de mois. On se disait : "Les nouilles, c'est bon, ça tient au ventre et c'est pas cher. En plus, les gosses aiment ça". C'est bien fini, ce temps-là. Vous l'apprendrez dans LE FIGARO ECONOMIE : le prix des pâtes a augmenté de 10,8% sur un an entre janvier 2008 et janvier 2009. Etrange, quand on sait que le prix du blé a chuté de moitié depuis l'été dernier. C'est ce qu'on appelle pudiquement "un décalage certain entre la chute des cours des matières premières agricoles et l'augmentation (constatée) dans les linéaires des grandes surfaces". Cité par LE FIGARO, Olivier Andrault, de l'association de consommateurs UFC-Que Choisir s'étonne du "silence de l'Observatoire des prix et des marges". Il voit dans ce "décalage" une seule explication plausible : "les distributeurs répercutent les hausses des cours agricoles, mais jamais les baisses". Au fait, si vous n'avez plus les moyens de vous offrir des pâtes, n'allez surtout pas croire qu'il vous reste le riz. Le prix de ce produit de consommation courante a connu en janvier sa plus forte hausse sur un an : +11,2%. On est loin du temps où la reine Marie-Antoinette disait : "S'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche !" Pas tant que ça, à deux détails près : sauf preuve du contraire, la France n'est plus une monarchie et la guillotine a fini à la casse. Pour ce qui est du mécontentement qui anime les Français, vous lirez ce matin deux sondages. Le premier a été réalisé hier par l'institut CSA pour le quotidien LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE... 820 personnes en âge de voter ont été consultées par téléphone. Conclusion : 3 Français sur 4 (75%) déclarent "comprendre les inquiétudes et les manifestations"... 6 sondés sur 10 souhaitent que Nicolas Sarkozy "réoriente son action". L'autre sondage du jour, vous le découvrirez dans la dernière livraison du NOUVEL OBSERVATEUR. 1000 personnes représentatives de la population ont été interrogées du 30 janvier au 2 février par TNS-Sofres/Logica. 58% d'entre elles considèrent que le Président de la République "parle beaucoup mais ne fait pas grand-chose". C'est peut-être vite dit. On sait que le chef de l'Etat invite les grandes organisations syndicales à une réunion le 18 février à l'Elysée. A l'ordre du jour : le partage des richesses. Dans les pages Débats du FIGARO, l'ancien ministre Lionel Stoléru constate que "l'économie de marché ne sécrète aucun mécanisme de régulation assurant une répartition équitable entre capital et travail, et c'est ce défaut-là que Marx avait épinglé pour prédire que le capitalisme se détruirait de lui-même". Selon Lionel Stoléru, "après les Trente Glorieuses, voici venir le temps des Trente Sérieuses". Bref, il va falloir travailler la question en cherchant peut-être une réponse du côté des pays scandinaves (c'est ce que suggère Stoléru). Là-bas, en Europe du nord, l'Etat et les partenaires sociaux établissent chaque année un bilan partagé de la situation économique et sociale afin de mieux envisager les mois à venir... Ce rendez-vous porte un nom : c'est la "Conférence annuelle des revenus". Le Président l'a dit : "Sur 100 € de bénéfices, il devrait y en avoir 33 aux salariés, 33 aux actionnaires, et 33 qui devraient être réinvestis dans l'entreprise" (remarquez au passage que 33+33+33 cela fait 99... Il faut croire que l'euro "restant" irait rejoindre les pièces jaunes de Bernadette Chirac). Sous le titre : "Sarkozy est-il devenu partageux ?", l'éditorialiste de LA TRIBUNE Valérie Segond revient sur cette règle des trois tiers comme base de négociation entre le gouvernement et les syndicats "sans que les entreprises aient leur mot à dire". A ses yeux, "Nicolas Sarkozy accrédite insidieusement l'idée de Karl Marx selon lequel le profit est le travail impayé de l'ouvrier". Vous le voyez, dans la presse du jour, c'est un peu Sarkozy-Marx : même combat. Au sein de la rédaction du quotidien L'HUMANITE, bien des dents doivent grincer face à de tels raccourcis historico-politiques. En page une, ce matin, L'HUMA accroche ce titre : "85 milliards de profits prévus... Pendant la crise, le CAC 40 va bien. Merci". Au passage -et si vous en avez le temps-, allez donc lire l'enquête d'Eric Albert, dans LA TRIBUNE. Le titre de l'article : "Cette folle fraude d'une entreprise qui n'existait pas...". La Crown Corporation n'avait quasiment aucun actif, et pourtant... De 2003 à 2005, ses dirigeants se sont enrichis de plusieurs dizaines de millions d'euros dans le capital-risque. Ils ont été arrêtés et condamnés le mois dernier. Et si vous voulez nous dire, Alain, que le monde est fou... on le savait déjà ! C'est vrai, mais cette fois (François Martin l'écrit dans LE MIDI LIBRE) : "Y'a le feu au lac !". L'éditorialiste du quotidien languedocien, pour nous en convaincre, procède à un inventaire à la Prévert : "La grève générale s'étend aux Antilles. Les universitaires envahissent la rue. Les syndicats français font monter la pression. L'industrie automobile cale sèchement". L'Etat propose 3 milliards de crédit aux constructeurs ?... Le lendemain, PSA annonce la suppression de plusieurs milliers d'emplois. ...Dans LE JOURNAL DE LA HAUTE-MARNE, Patrice Chabanet note que "la machine à réduire les effectifs fonctionne à plein". Il ajoute aussitôt : "Cela réduit les coûts de production. Mais il y a un revers à la médaille : un chômeur consomme moins". Quant à la tentation protectionniste dont plusieurs dirigeants européens soupçonnent leur homologue français quand il déclare vouloir "relocaliser" la production, elle met en rogne Patrick Fluckiger dans L'ALSACE. Il regarde vers Bruxelles et vers les "eurocrates" qui ne jurent toujours que par la "concurrence" et la "compétitivité". Il comprend que pour eux, "protectionnisme est un gros mot". Il s'interroge : "Et si, au contraire, c'était la chasse effrénée aux coûts de production et les délocalisations massives dans les zones les moins chères de l'Europe qui menaient dans le mur ?". Pour Fluckiger, pas de doute : "Il serait temps de changer de logiciel économique". C'est l'une des leçons de la "crise"... Ou bien faut-il parler plutôt de "la récession" ? C'est ce que font déjà L'ALSACE, LA REPUBLIQUE DU CENTRE, LA TRIBUNE. Les journalistes de ces trois quotidiens ont vu Christine Lagarde, ces derniers jours, "préparer les esprits" avant la publication des chiffres de la croissance ; ils s'annoncent, paraît-il, "très mauvais" pour le quatrième trimestre et l'ensemble de l'année 2008. LA REPUBLIQUE DU CENTRE titre, en lettres grasses : "LE MARASME". Dans LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE-OUEST, Hervé Cannet remarque : "Il y avait longtemps que tous les clignotants n'avaient pas été au rouge en même temps. Nous y sommes". A part la crise, la récession annoncée, "le marasme", qu'avez-vous lu, ce matin, dans la presse, qui ne concerne pas l'économie ? J'ai lu dans LE PARISIEN que Rachida Dati rêvait "d'être maire de Paris". A propos de la Garde des Sceaux, vous apprendrez dans les Confidentiels du FIGARO que le procureur général du Qatar, le docteur Ali bin Fetaïs al-Marri, n'est pas le père de la petite Zohra. Il dément ce qu'écrivent mes confrères Mickaël Darmon et Yves Derai dans leur livre "Bel Ami", consacré à Rachida Dati (c'est aux Editions du Moment). Dans LE FIGARO, on annonce un rebondissement dans l'affaire de l'attentat qui avait fait 4 morts le 3 octobre 1980 à Paris, l'attentat qui avait visé la synagogue de la rue Copernic. Un Syrien de 71 ans domicilié en France depuis plus de 30 aurait été interpellé le 18 novembre dernier, soupçonné d'avoir suggéré la cible aux auteurs de cet acte criminel. Il leur aurait même transmis des photos de la synagogue et des rues environnantes. Selon LE FIGARO, cet homme a été remis en liberté... Dans les années 80 (c'est-à-dire après l'attentat), il aurait entretenu des relations avec de hauts responsables du gouvernement Chirac. Il serait intervenu, indirectement, dans la libération des otages français du Hezbollah libanais. LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE vous propose deux histoires de corbeau et de maîtres chanteurs... Le sénateur-maire UMP de Béziers a paraît-il reçu une menace de mort sous la forme d'une lettre dont l'enveloppe contenait aussi une balle de calibre 38... Et puis une dizaine de supermarchés Carrefour de la région parisienne et de la vallée du Rhône seraient eux aussi l'objet de menaces, menaces signées "Racaille". Ce "Racaille" exigerait le paiement de 800.000 €, faute de quoi il empoisonnerait les produits alimentaires de ces magasins. Des enquêtes sont en cours bien sûr. Elles n'ont pas été confiées au commissaire Navarro : ce soir, sur TF1, Roger Hanin tirera sa révérence. C'est Viktor Lazlo qui dirigera bientôt la brigade.

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