(Nicolas Demorand : "Et dans la presse, aujourd'hui : des histoires de papier")... Le premier est un papier officiel : un jugement... Le président du Tribunal correctionnel de Charleville-Mézières n'est pas un gauchiste échevelé. Il parle même du "professionnalisme absolu" des policiers. Et pourtant il vient de dispenser de peine un prévenu parce qu'il a jugé "indignes" les conditions de sa garde à vue. C'est un coin de plus enfoncé dans cette pratique policière décidément très contestée en ce moment. L'histoire, racontée dans Le Parisien-Aujourd'hui, commence le 25 septembre dernier. Elle est assez banale. Xavier a trop bu au restaurant. Il a un accident de voiture à la sortie, et il est conduit au commissariat... C'est donc là que se déroule la garde à vue : un local d'un peu plus de 2 m². 2 m², mais trois personnes à l'intérieur (avec Xavier). Quatre heures comme ça. Il craque et finit par agresser un policier. Direction le local de dégrisement, avec un banc-couchette en bois et des toilettes à la turque qui refluent. Dix heures en tout... Deux mois plus tard, lors du procès, son avocat invite le président du tribunal à visiter les locaux du commissariat. Et surprise : le président Ludovic Mourgue accepte, suspend l'audience et va voir lui-même. La conclusion est dans son jugement : "Si des cellules de garde à vue sont d'une saleté révulsante, si l'on y maintient des gens en surnombre, sans dispositif minimum d'hygiène ni moyen de repos, force est de constater un traitement objectivement indigne et dégradant". Résultat : le prévenu est reconnu coupable des faits, mais il bénéficie d'une dispense de peine. Voilà donc une étrange histoire, qui relancera le débat sur la garde à vue... Toujours dans Le Parisien, autre papier officiel surprenant : c'est Emile qui l'a reçu... Il est SDF, mais prié de payer une taxe d'habitation : 693 €... Le courrier est arrivé chez sa mère. Le centre des impôts de Chelles, en Seine-et-Marne, reconnaît son erreur. L'administration était pourtant très précise : elle avait informé Emile qu'il avait déjà versé un acompte totalement imaginaire de 11 centimes d'euro. On se demande comment ce chiffre est sorti... Mais le papier le plus recherché du jour, c'est un bulletin d'Euromillions : 129 millions à gagner ce soir... France-Soir s'amuse au jeu des équivalences... Alors sachez que 129 millions, en billets de 10 €, cela représente un poids de 9 tonnes, une surface de 15 terrains de football, et près de 4 fois la hauteur de la Tour Eiffel. (ND : "Et en Grèce, il y a des papiers à la fois très recherchés et redoutés, en ce moment")... A la porte de certains cabinets de psy, à Athènes, il y a une caméra. Elle est chargée de repérer les agents du fisc. Maria, qui est psychologue, se demande si elle ne va pas en acheter une : "Tous mes nouveaux clients me réclament maintenant des factures". En Grèce, où la fraude au fisc est un sport national, l'Etat, pour renflouer ses caisses, veut obliger tous les habitants (pas seulement les clients des psys) à prouver une partie de leurs dépenses pour continuer à bénéficier d'exemptions. Alors c'est la chasse aux reçus, comme le raconte Le Monde... et la peur des contrôles fiscaux, d'où les caméras. (ND : "La Grèce peut-elle changer et faire les très grosses économies promises à ses partenaires européens ?")... Manifestement, les partenaires n'y croient qu'à moitié. Hier, à Bruxelles, ils ont déclaré leur soutien à la Grèce, mais se sont bien gardés de promettre des mesures concrètes. "L'Europe fait flop", titre La Tribune. Selon le quotidien, la réunion d'hier n'a pas suffi à rassurer les marchés : l'euro a encore perdu du terrain. Et si l'Europe est réticente, c'est parce que l'Allemagne est réticente. Revue de presse allemande, dans La Tribune et Les Echos... Le Neue Tag, en Bavière, décrit "un pays de fonctionnaires, de travail au noir et d'évasion fiscale. Les racines de la crise sont dans la mentalité grecque". Le très populaire et populiste Bild Zeitung enrage : "Nous payons pour une dette qui a été faite par les Grecs eux-mêmes, pas la récession". Un autre journal compare le pays des Jeux Olympiques au Botswana ou au Kazakhstan. Et le plus sérieux et conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung pince les lèvres, lui aussi, à l'idée "de payer pour ces fainéants de Grecs. Les Allemands doivent-ils travailler jusqu'à 69 ans pour que les Grecs profitent de leur pré-retraite ?". "71% des Allemands sont contre une aide financière à la Grèce", précise Karl de Meyer dans Les Echos. (ND : "L'esprit européen a des progrès à faire")... Même les gentils Belges peuvent se fâcher... Illustration dans Le Monde, avec une tribune de l'ancien Premier ministre Guy Verhofstadt, sur le débat autour de l'identité nationale. Titre de la tribune : "Il y a quelque chose de pourri en République française". "La France, écrit Guy Verhofstadt, a souvent été source d'admiration. Elle est aujourd'hui source d'accablement. Cette polémique stérile donne l'impression que la France a peur d'elle-même. Quelles sont les finalités de cette affaire ? Apprendre la Marseille à l'école ! L'absurde le dispute au grotesque. Cette crispation sur les symboles nationaux est le symptôme le plus patent d'un malaise national. L'Europe a besoin d'une France ouverte et solidaire. De la France qu'on aime et dont on a besoin, on attend des idées, des projets, et non pas le repli identitaire d'une vieille nation frileuse". Pas sûr, dans ces conditions, que Guy Verhofstadt apprécie le dernier projet d'Eric Besson... Selon le site Médiapart, il envisage de durcir le code d'entrée et de séjour des étrangers. La définition des zones d'attente (les seuls lieux où les demandeurs d'asile peuvent être enfermés) serait élargie : plus seulement les ports, les aéroports et les gares. Quand ils seront entrés en France en dehors d'un point de passage frontalier, cette zone d'attente ira du lieu de découverte des clandestins jusqu'au point de passage frontalier le plus proche. Parmi les autres mesures dans les cartons : les employeurs d'étrangers sans papiers devraient payer les frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine. "Français, vos papiers !"... Le magazine L'Histoire retrace l'histoire des papiers d'identité... C'est entre la Révolution et la fin du XIXème que les notions de nationalité, d'appartenance à un Etat et de papiers pour les prouver se concrétisent définitivement. Avec cette notion de papiers, naît la figure du sans-papiers. Mais les faussaires ne sont pas toujours ceux qu'on imagine. Le plus célèbre est sans doute Louis XVI et la famille royale, qui étaient munis de faux passeports lors de la fuite à Varennes... Mais aujourd'hui, quand on est né à l'étranger, c'est un enfer de faire renouveler ses papiers d'identité... même quand on a des appuis très haut placés... L'Express raconte le cas du frère de Martin Hirsch, né à Dakar. Il est pourtant né de deux parents et quatre grands-parents français. "Ces tracasseries pour prouver sa nationalité française" : ce sera le thème du "Téléphone Sonne", ce soir, sur France Inter. (ND : "La photo du jour")... Je vous en donne deux pour le prix d'une... La Promenade des Anglais sous la neige, dans La Provence... et un surfeur basque lui aussi sous la neige, mais qui ne renonce pas à sa passion, à la Une de Sud-Ouest. Il est en combinaison, tout de même. Paradoxe : la Côte d'Azur est sous la neige. Et dans la ville des Jeux Olympiques d'hiver, on redoute de manquer de neige. Plus vite, plus haut, plus fort... Les JO commencent donc ce soir. Dans L'Equipe, hommage à des athlètes qui seront parmi les premiers en piste : les spécialistes de saut à ski. Ils nous apprennent qu'un homme peut voler sur une distance de 239 mètres : c'est le record absolu. Le vol dure en moyenne 8 secondes. Et il faut être malade pour se lancer sur la rampe : les sauteurs la dévalent jusqu'à près de 100 km/heure, avec le vide pour seul horizon. "Sommes-nous fous ? La réponse est oui", dit un spécialiste. Et la folie déteint souvent dans la vie de tous les jours : anorexie, alcoolisme. Le saut à ski est une obsession pour ces athlètes. Dominique Issartel raconte dans L'Equipe qu'à la fin des années 80, il n'était pas rare de trouver une bouteille de rhum et des verres en haut des tremplins.

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